Professions financières / secteur bancaire / Société Générale / BNP Paribas
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Et si la Société Générale et BNP fusionnaient...?
Les conséquences économiques de la pandémie mondiale ont accéléré la tendance à la consolidation, dans le secteur bancaire, sur fond de taux bas et de coût du risque en hausse. Comme le montre l’exemple de Caixa et Bankia en Espagne, l’Europe est particulièrement touchée par cette tendance. Et les chiffres rendus publics hier matin par la BCE, qui évoque une rentabilité du capital des banques supervisées au deuxième trimestre de 0,01 %, montrent la pertinence de telles réflexions.
Dans l’Hexagone, c’est un article des Échos paru le 30 septembre qui a relancé une rumeur concernant une possible fusion entre BNP et la Société Générale, rumeur que Wansquare rapportait dès le 21 septembre à la vue des résultats de la banque rouge et noire. Une note publiée hier par Morgan Stanley va même plus loin en posant une estimation des synergies potentielles liées à un tel hypothétique rapprochement. La banque américaine juge ainsi qu’"en examinant les fusions précédentes, nous estimons qu'une gamme de synergies de 20 % et 35 % de la base de coûts de la Société Générale serait possible."
Dans le détail, elle relève que 80 % d'entre elles devraient provenir des synergies potentielles créées par la fusion des activités de banques de détail et celles de financement et d'investissement (BFI). L’activité banque d’investissement de la Société Générale, devenue le maillon faible de l’entité, profiterait largement d’une telle opération. Mais elle nécessiterait une augmentation de capital. Car le rapprochement donnerait naissance à la plus grande banque du monde en ajoutant un bilan de 2 600 milliards d’euros pour la BNP à un bilan de 1 500 milliards d’euros pour la SocGen, avec une augmentation des exigences réglementaires.
Or, cela représenterait une augmentation de capital équivalente à plus de 50 % de la capitalisation boursière de BNP Paribas qui refroidirait les investisseurs. Sauf que "la vente de certains actifs pourrait en théorie aider à payer une acquisition, et réduire ou supprimer complètement la nécessité d'une levée de capitaux ", ce que la banque américaine traduit par : "une simplification de l'empreinte géographique pourrait en théorie aider à payer l'acquisition".
Par ailleurs, Morgan Stanley souligne que les conditions réglementaires et financières ne sont pas les seules à entrer en compte dans ce genre d’opération. "Dans une fusion aussi importante, des considérations politiques peuvent remplacer et limiter le champ d'application" précise ainsi l'analyse en question. Sage rappel corroboré par l’histoire. La tentative infructueuse de rachat de la Société Générale par la BNP en 1999 avait été bloquée par les syndicats.
Dans tous les cas, la tendance aux fusions bancaires semble s’installer dans le paysage. Et cela n’est pas sans ravir les investisseurs, la Société Générale ayant pris plus de 7% depuis lundi % et la BNP plus de 5 %.
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