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Banques / secteur bancaire / Donald Trump / Randal Quarles / Fed / stress tests

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secteur bancaire / Donald Trump / Randal Quarles / Fed / stress tests

La Fed s’est ralliée à Donald Trump

La Banque centrale vient de publier un rapport inédit sur l’état actuel du système bancaire américain. L’occasion de souligner les avancées et de justifier un assouplissement majeur de la réglementation. Pour le plus grand bonheur du Président.
Donald Trump
Donald Trump

L’administration Trump a fait de l’assouplissement de la réglementation bancaire l’une de ses priorités pendant sa campagne présidentielle. Et à la fin du mois d’octobre, le magnat de l’immobilier obtenait gain de cause, la Réserve fédérale américaine choisissant d’assouplir nettement les garde-fous réglementaires imposés aux banques américaines depuis la crise de 2008. Soumises aux commentaires de la profession jusqu’au 22 janvier prochain, les nouvelles règles devraient alléger les coussins de capitaux et les tests de résistance pour de nombreuses banques et institutions financières.

La dérégulation volontariste de Donald Trump ne fait néanmoins pas l’unanimité. La démocrate et présidente du Comité de la stabilité financière et du Conseil d’administration Lael Brainard avait décidé de voter contre car "cela augmente le risque que les contribuables américains aient à nouveau à payer la note" alors que le patron de la Banque des banques – nommé il y a moins d’un an par le Président américain lui-même –, Jerome Powell, décidait lui de soutenir le projet puisque "ces propositions adaptent au plus près nos normes prudentielles pour qu'elles s'accordent aux profils de risques des institutions que nous surveillons".

Et c’est probablement dans le but de convaincre les derniers réticents au projet que la Fed vient de publier un rapport inédit intitulé Supervision et Régulation, à l’intérieur duquel l’institution chante les louanges de la sécurité et de la solidité retrouvées pour les établissements bancaires américains et le système financier plus généralement. "Le fardeau de la conformité doit être minimisé tout en réalisant les objectifs de stabilité financière". La Fed dit avoir "recalibré" ses programmes de supervision. En réalité, la banque a considérablement diminué ses exigences.

D’abord, les banques les plus petites et jugées les moins risquées n’ont plus besoin de soumettre aux agences leurs données financières trimestrielles. La taille des prêts commerciaux à partir de laquelle la loi oblige les banques à évaluer les biens immobiliers a augmenté, et comme mentionné précédemment, la Fed a fait des propositions pour simplifier les règles et les seuils relatifs aux fonds propres réglementaires. "Les examens seront moins intensifs lorsque les banques présentent un faible risque". Le virage politique est clair.

La suite du rapport justifie l’allégement de la réglementation mise en place par la loi post-crise Dodd-Frank votée en 2010. Pour de nombreuses institutions qui représentent un total de 1.500 milliards de dollars d’actifs, les exigences de ratios de liquidités seront réduites ou parfois, éliminées. La nouvelle approche devrait diminuer de 2 % à 2,5 % le montant des actifs liquides pour toutes les sociétés bancaires américaines disposant d’un actif supérieur ou égal à 100 milliards de dollars. Cela concerne in fine 3.100 milliards de dollars. Parmi les bénéficiaires : American Express, Capital One, SunTrust, US Bank, BB & T.

C’est le même jour de la publication du rapport que Randal Quarles, le vice-président de la Réserve fédérale, a choisi pour s’exprimer en faveur d’un assouplissement des tests de résistance annuels des banques à l’occasion d’une conférence à Washington. En avril, la Fed avait proposé l’instauration d’un stress capital buffer, un projet qui devrait bientôt être résilié. Il s'est par ailleurs prononcé pour le retrait du pouvoir donné à la Fed de fonder sur des motifs "qualitatifs" le rejet d’octroi de prêts d'une banque, critiqué depuis longtemps par le secteur bancaire. Il a aussi déclaré que la Réserve fédérale envisageait de donner aux banques plus de renseignements sur son modèle et ses scénarios de tests de résistance. Auparavant la Fed avait refusé de fournir trop d'informations sur ce sujet, craignant que les banques ne trouvent les moyens de réussir le test sans réduire réellement les risques.

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