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Assurances / AXA / Assureur / biodiversité / Impact / Mean Species Abundance / Corporate Biodiversity Footprint / ESG

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AXA / Assureur / biodiversité / Impact / Mean Species Abundance / Corporate Biodiversity Footprint / ESG

Une première analyse des impacts d’Axa sur la biodiversité / Une méthode qui reste en évolution pour pouvoir se préciser

L’assureur, à l’occasion de la publication de son rapport Climat et Biodiversité 2023, a dévoilé une première analyse de son empreinte en matière de biodiversité. Des pistes d’amélioration sont à l’étude pour que les résultats puissent être pris en compte dans les décisions d’investissement ou la détermination d’objectifs.
AXA (Photo by SERGE ATTAL / ONLY FRANCE / Only France via AFP)
AXA (Photo by SERGE ATTAL / ONLY FRANCE / Only France via AFP)

De nouvelles cibles de décarbonation mais aussi "la première analyse de l’empreinte en matière de biodiversité". Dans l’éditorial précédant le contenu du rapport Climat et Biodiversité 2023 d’Axa publié ce mercredi, le directeur général de l’assureur Thomas Buberl précise de quelle manière cette nouvelle édition offrira de nouveaux éclairages aux investisseurs. Et notamment donc, cette année, en ce qui concerne les conséquences des activités d’Axa sur le tissu vivant de la Terre.

L’assureur l’admet, "la quantification de l’impact des entreprises sur la biodiversité est un domaine encore relativement nouveau". Le but de cette démarche étant ainsi d’utiliser, à titre pédagogique, un indicateur permettant d’explorer dans quelle mesure "au niveau d’un portefeuille, un tel outil permet à un investisseur d’analyser l’impact sur la biodiversité de ses activités d’investissement ; dans une approche semblable à celle du calcul de l’empreinte carbone d’un portefeuille d’investissement", explique Axa.

En ayant choisi d’évaluer, donc, un portefeuille qui combine des actifs de dette d’entreprise et d’actions cotées, dédié aux produits d’assurance-vie d’Axa France, le groupe parvient à arriver au résultat suivant : l’empreinte biodiversité pour fin 2022 est de - 0,078km2.MSA/million d’euros (MSA pour Mean Species Abundance ou l’abondance moyenne des espèces).

Une formule qui reste, à première lecture, pas tout à fait intelligible et qu’Axa explique donc de la manière suivante. L’investissement d’un milliard d’euros revient à artificialiser un terrain de 78 kilomètres carrés.

 

Presque Paris

 

Autrement dit, cette surface correspond aux trois quarts de l’étendue de Paris ou à 460 fois celle du Stade de France. Un résultat, explique l’assureur, qui tient essentiellement aux secteurs des matériaux de base et financiers. Et du fait, plus précisément des impacts du scope 3 (les émissions de gaz à effet de serre qui émanent de l’ensemble de la chaîne de valeur d’une société) des entreprises qui opèrent dans ces deux secteurs.

En ce qui concerne le calcul des impacts du secteur financier, l’assureur relève des "challenges […] pertinents". En effet, ces impacts, dans le scope 3, dépendent fortement de la transparence accordée par les banques en la matière. Qu’il s’agisse, par exemple, des volumes de revenus associés par catégorie d’activité ou de l’allocation sectorielle des financements.

Si Axa souligne une clarté relative offerte quant aux portefeuilles de prêts, les autres activités comme la gestion d’actifs restent pour l’instant encore opaques. "Il en résulte un niveau élevé d’approximation concernant les calculs, avec un impact sur la qualité des données qui en résultent", pointe le rapport Climat et Biodiversité 2023 d’Axa.

 

Les espèces puis l’empreinte

 

Dans le détail, outre ces données qui peuvent donc manquer à l’assureur pour mesurer précisément l’incidence de ses activités sur la biodiversité, la méthode de calcul reste quant à elle précise.

L’unité d’impact utilisée est donc la MSA. Elle mesure ainsi la profusion moyenne des espèces indigènes qui vivent dans un territoire exposé à des pressions de perte de biodiversité, en comparaison aux écosystèmes non perturbés.

Puis, le Corporate Biodiversity Footprint (CBF, ou empreinte biodiversité de l’entreprise, développé par l’Iceberg Data Lab) fournit une mesure agrégée de l’impact négatif, correspondant donc au volume de la perte de biodiversité provoquée par les activités économiques d’une entreprise en surface. Soit, donc, - 0,078km2.MSA/million d'euros pour le portefeuille choisi par Axa, "à titre indicatif uniquement".

 

Pas encore pour les décisions

 

Car "la méthodologie de calcul de l’empreinte biodiversité des investissements du groupe Axa est en constante évolution, et des recherches plus approfondies sont nécessaires pour comprendre les limites des méthodes et renforcer leur robustesse. Il est également indispensable de renforcer la qualité et la disponibilité des données à l’échelle de l’entreprise", explique en effet l’assureur.

L’outil d’empreinte biodiversité permettra bien, effectivement, aux investisseurs d’obtenir une première analyse approximative des principales pressions de leurs investissements sur la biodiversité. Mais, avertit Axa, il ne semble pas encore pertinent pour la prise de décisions d’investissement, ou encore pour la détermination d’objectifs.

Plusieurs pistes d’amélioration sont cependant sur les rails, assure le groupe. Il s’agira, entre autres, d’identifier les secteurs ou émetteurs démontrant le plus d’impact, de poursuivre l’évaluation des données relatives à la biodiversité ou encore du développement de la recherche interne en la matière.

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