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ISR : quels sont les États les plus vertueux ?
La semaine dernière l'ESMA accordait un agrément à Beyond Rating, la première agence de notation intégrant systématiquement les critères ESG dans son analyse. Dans la même mouvance, quatre chercheurs et économistes d'Aberdeen Standard Investments ont publié une étude instructive sur le site du Center for Economic Policy Research concernant l'incorporation de critères extra-financiers pour analyser la santé des États. Une façon de mieux rendre compte des pays qui parviennent à atteindre de bonnes performances économiques tout en préservant l'environnement et en assurant une politique sociale inclusive.
Pour mesurer le dynamisme économique des pays, les chercheurs ont calculé de quelle façon le PIB par habitant (en parité de pouvoir d'achat) avait progressé sur les cinq dernières années par rapport à leurs performances passées et ce que leur niveau de développement induirait. "Les pays dynamiques sont ceux qui ont dépassé leurs benchmarks tout en se rapprochant du standard de vie américain", précise l'étude. Pour calculer le dynamisme ESG de ces États, les chercheurs ont développé leur propre indice, basé notamment sur quatre indicateurs environnementaux, six indicateurs sociaux et sept indicateurs politiques et de gouvernance.
Quatre catégories de pays se distinguent à la lumière de ce nouvel indicateur et de ces méthodes de calcul : les États dont la croissance économique a été importante, mais dont les politiques en termes d'ESG ont peu progressé, les pays qui ont progressé sur les deux tableaux (qualifiés de "capitalistes sociaux"), ceux qui ont amélioré leurs performances ISR mais dont la croissance a stagné, et ceux qui ont stagné ou régressé sur les deux plans.
Sans surprise, ce sont les pays développés qui obtiennent le meilleur score ISR. L'étude souligne également que le niveau de vie des plus importants pays en développement a sensiblement augmenté ces dernières années. Des progrès qui se sont accompagnés d'une belle amélioration de la prise en compte des critères de développement durables (environnement et sociaux). Les chercheurs ont également souligné les bénéfices de la globalisation, qui a largement contribué à réduire la pauvreté mondiale, et donné plus de marges de manœuvre financières aux États en développement pour améliorer leurs performances sur le plan ESG.
Il reste que plusieurs géants ne font pas partie des pays ayant obtenu le label "de capitalistes sociaux". Ni l'Inde ni la Chine ne répondent ainsi aux critères établis par les chercheurs, contrairement à certains pays en développement moins souvent cités, tels que le Mali, le Burkina Fasso ou la Bolivie : "si la Chine veut entrer dans cette catégorie d'économie capitaliste sociale, elle devra améliorer la transparence et la représentativité de ses institutions et de sa classe politique", affirment ainsi les chercheurs. Au contraire, la plupart des pays développés ont amélioré leur prise en compte des critères ESG mais ont connu des niveaux de croissance économique décevants : c'est le cas de la France, de l'Espagne, de l'Allemagne ou de l'Australie. "Le risque est que le ralentissement économique que connaissent ces pays n'accroisse l'influence des mouvements populistes, mouvements qui ne sont généralement pas très proactifs en matière d'ISR", avertissent les chercheurs. Le Japon, le Portugal, la Suède ou encore l'Irlande font en revanche partie des pays qui se sont distingués sur les deux tableaux.
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