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Fitch met en garde les États-Unis / Leur note AAA est menacée à cause du plafond de la dette
Les États-Unis sont dans le viseur de Fitch. L’agence de notation a indiqué avoir placé la note AAA de la première puissance économique du monde sous "surveillance négative". La lecture de la documentation de la firme américaine à propos de son système de notation nous informe que ce terme est associé à une probabilité accrue de modification de notation, en l’occurrence dans le sens d’une dégradation. Cette annonce de Fitch intervient dans un contexte où les États-Unis éprouvent des difficultés à relever ou suspendre le plafond de leur dette – la quantité maximum que l’État fédéral peut contracter.
Votre plafond est dépassé
Un plafond qui a été atteint mi-janvier (31 400 milliards de dollars) et qui a forcé le Trésor à déployer depuis lors un arsenal de "mesures exceptionnelles" pour être en mesure d’assurer ses dépenses – il ne peut que s’appuyer sur ses recettes fiscales ou les fonds dont il dispose déjà à la Fed. Or, à partir du 1er juin, ces mesures pourraient ne plus suffire, a prévenu la patronne du Trésor Janet Yellen.
"La mise sous surveillance négative reflète l’intensification de la polarisation politique qui empêche de parvenir à un accord pour relever ou suspendre la limite de la dette malgré l’approche rapide de la date x (lorsque le Trésor américain épuise sa trésorerie et sa capacité à prendre des mesures extraordinaires sans contracter de nouvelles dettes", explique Fitch.
Tant et si bien que, "l’absence d’accord sur le relèvement ou la suspension de la limite de la dette à la date x constituerait un signal négatif sur la gouvernance générale et la volonté des États-Unis d’honorer leurs obligations en temps voulu [salaires, retraites, versements d’intérêts aux créanciers entre autres, ndlr], ce qui ne serait probablement pas compatible avec une notation ‘AAA’", prévient l’agence, qui continue d’estimer toutefois que la question du plafond de la dette sera résolue avant la date fatidique.
Sur le terrain des négociations, les Républicains conditionneraient un accord à une baisse des dépenses fédérales discrétionnaires, tandis que l’équipe de négociateurs du président Biden aurait proposé un gel des dépenses pendant un an, d’après les informations du Wall Street Journal.
À l’occasion d’un briefing presse organisé hier, la porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre a déclaré que si les États-Unis faisaient défaut, cela causerait la perte de plusieurs millions d’emplois ; elle pourrait s’élever jusqu’à 8 millions (ce chiffre provient de travaux du Council of Economics Advisers chargé de conseiller Joe Biden). Karine Jean-Pierre a ajouté que "cela déclencherait une récession, dévasterait les comptes des retraités, augmenterait les coûts d’emprunt et endommagerait notre réputation internationale".
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