Macro-économie / Taux / Trésorerie / Moody's / Entreprise / capitalisme
Macro-économie / Taux
Trésorerie / Moody's / Entreprise / capitalisme
La préférence des entreprises pour le cash
L'époque où les entreprises faisaient fructifier beaucoup de leurs gains est révolue. Désormais les firmes sont frileuses et préfèrent garder les poches pleines. La pyramide de cash détenue par les entreprises non financières de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) a dépassé 1.000 milliards d'euros à la fin de l'année dernière selon le rapport annuel de Moody's. Précisément, ces dernières ont cumulé 1.085 milliards d'euros de réserves de trésorerie, en hausse de 15 % par rapport à l'année précédente. Cette croissance à deux chiffres, qui n'est qu'une moyenne, est essentiellement due aux entreprises du secteur de l'énergie qui représentent à elles seules 21 % du total des liquidités. L'encours de trésorerie des dix sociétés les plus fournies en liquidité, parmi lesquelles figurent des géants pétroliers comme Aramco ou Royal Dutch Shell, a augmenté de 30 % en un an.
Moody's s'attend à ce que les entreprises continuent de protéger leurs réserves de liquidité eu égard à un environnement économique incertain qui pousse les entreprises à adopter une stratégie défensive. Les taux d'intérêt, dont la tendance demeure baissière, sont une seconde explication à l'amas d'argent frais que stockent les entreprises puisqu'à l'heure où de plus en plus de titres proposent une rémunération négative, détenir du cash peut s'avérer être une stratégie bénéfique.
L'augmentation des réserves de cash sera un garde-fou essentiel si un ralentissement économique prononcé se transforme en une crise de liquidité ; mais elle révèle également deux grands vices du capitalisme moderne. Le premier est que l'excès de cash favorise une rémunération actionnariale effrénée. La société de gestion de fonds Janus Henderson Investors table sur une année 2019 en hausse de 4,2 % par rapport à 2018, avec 1.430 milliards de dollars distribués en dividendes, un record. La seconde tient au fait que le gonflement des trésoreries est le reflet d'un sous-investissement de ces sociétés Or, lorsque l'innovation n'est plus au rendez-vous, la productivité stagne, et donc la création richesse, qu'elle qu'en soit sa nature.
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