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Warren Buffett / Publication des résultats / cash / Rachats d'actions / Trésorerie
Warren Buffett peu inspiré et inspirant
Alors que tous les CEO des grandes entreprises américaines ont pris soin d’expliquer des comptes dégradés par une pandémie exceptionnelle et leurs perspectives, rien de tel pour Warren Buffett. Berkshire Hathaway, la firme de l’oracle d’Omaha, a publié ses comptes semestriels samedi dernier, sans que ce dernier n’ait offert aux investisseurs ses vues sur la situation actuelle. Un silence habituel, mais qui a été d’autant plus déploré que les marchés sont plus que jamais à la recherche de décryptages. Si son résultat net a profité du rebond exceptionnel des marchés au printemps - il a bondi de 86 % à 26,3 milliards de dollars -, le portefeuille du groupe a en revanche été logiquement impacté par la pandémie : le bénéfice opérationnel est en repli de 10 % à 5,5 milliards de dollars.
Les activités d’assurance de Berkshire Hathaway ont d’un côté bien performé pendant cette période, tandis que de l’autre côté, ses participations dans l’énergie, le ferroviaire ou encore les utilities ont été brutalement touchées par le contexte de confinement. En particulier, Precision Castparts, un sous-traitant aéronautique et fabricant d’équipements pour l’industrie pétrolière et l’énergie, a sans surprise été frappé de plein fouet, si bien que son actionnaire, qui l’a racheté pour 32 milliards de dollars en 2016, a dû passer une provision de 9,6 milliards de dollars. La firme basée dans le Nebraska avait récemment annoncé avoir vendu toutes ses positions dans les compagnies aériennes, mais aussi ses parts restantes dans Goldman Sachs, issues de la dernière crise financière.
En revanche, elle a racheté plus de 2 milliards de dollars de titres Bank of America entre fin juillet et début août, portant sa participation à 12 %. Un mouvement qui a été critiqué par plusieurs analystes, qui portent un jugement sévère sur la banque très exposée à la récession avec son activité retail, et qui n’a pas profité de l’essor du trading et de la volatilité comme ses pairs.
Surtout, Berkshire Hathaway a annoncé un montant historique de rachats d’actions : 5,1 milliards de dollars sur les seuls mois de mai et juin, soit presque le triple de ses rachats du dernier trimestre et même davantage que sur l’ensemble de l’année 2019. Warren Buffett, qui va fêter ses 90 printemps à la fin du mois, s’était pendant longtemps opposé au principe des rachats d’actions visant à booster un cours de Bourse, mais il s’y est résolu depuis quelques années, dès lors que son titre affiche une décote par rapport à la valeur nette comptable de ses actifs.
Mais à la différence de la dernière crise financière, lorsque l’oracle d’Omaha avait tiré parti d’une situation exceptionnelle pour faire des deals, il est resté essentiellement inactif pendant cette pandémie. Il vient seulement d’annoncer, début juillet la reprise des activités de transmission et stockage de gaz naturel de Dominion Energy pour 9,6 milliards de dollars, à la faveur de l’abandon d’un projet de pipeline sur la côte Atlantique avec Duke Energy. A fin juin, la firme de Warren Buffett gardait un trésor de guerre de 146,6 milliards de dollars, qu’il semble bien en peine de pouvoir mettre au travail.
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