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Trésorerie d’entreprise : le premier semestre 2021 sera-t-il une hécatombe ?

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Vers des crises de trésorerie dans une entreprise sur quatre

Selon une étude de l’assureur-crédit Euler Hermes, une entreprise sur quatre pourrait être en crise de trésorerie l’année prochaine en zone euro. En France, la politique fiscale du deuxième trimestre 2021 sera déterminante.
Graphe en baisse
Graphe en baisse

Les défaillances d’entreprises sont à des niveaux bas presque historiques. Mais cela s’explique par les mesures de soutien mises en place par le gouvernement et la fermeture des tribunaux administratifs. Dans le même temps, les conséquences économiques de la pandémie mondiale continuent de faire des ravages et le deuxième confinement ralentit les espoirs d’une très forte crise, en témoigne la récente révision des perspectives de croissance économique pour l’Hexagone de + 8 % pour l’année 2021 à +  6 % par le gouvernement. Alors que le premier confinement avait lourdement impacté la rentabilité des entreprises (7 points de base en France), la situation empire avec le deuxième confinement.

Dans une étude publiée mardi, l’assureur-crédit Euler Hermes indique prévoir "un coût élevé pour les secteurs sensibles au Covid-19 dans la zone euro, qui pourraient connaître des pertes d'exploitation moyennes de -15 % à -20% en 2020 par rapport aux niveaux d'avant la crise". À tel point que la directrice des recherches macroéconomiques, Ana Boata, s’est montrée alarmante en cas d’absence de prolongement des soutiens étatiques : "nous estimons ainsi qu’en zone euro, en France et en Allemagne, 1 entreprise sur 4 pourrait être en situation de crise de trésorerie l’année prochaine, c’est-à-dire en manque de liquidités pour garantir le bon fonctionnement de l’activité".

Dans le détail, c’est la comparaison entre une baisse de 20 % des revenus et une baisse de seulement 10 % des dépenses de fonctionnement (en raison de la nature contrainte d’une grande partie de celles-ci), qui impactera significativement la trésorerie des entreprises. D’autant plus que le déconfinement sera, cette fois-ci, beaucoup plus encadré et pèsera sur le rebond.

Alors la solution réside nécessairement dans le soutien de l’État aux entreprises. D’autant plus que l’assureur-crédit remarque qu’en France deux tiers de la contraction de la marge bénéficiaire au premier semestre s’explique par le paiement des impôts de production (22 milliards d’euros au deuxième trimestre). Pour l’assureur crédit, "un moment décisif pour les entreprises françaises pourrait survenir au deuxième trimestre 2021, lorsque les prochains paiements de la taxe sur la production seront dus, combinés aux versements trimestriels d'autres taxes de paiement, ce qui pourrait encore creuser l'écart de rentabilité avec les pairs européens". Et la baisse des impôts sur les entreprises ne sera pas suffisante : "nous estimons que la réduction de 20 milliards d'euros de la taxe sur la production n'apportera que +1,5 point de marge supplémentaire aux entreprises françaises. " Dans le même temps, "le projet de loi fiscale n'alloue actuellement que 2 milliards d'euros à la politique sociale des employeurs, contre 8,4 milliards d'euros en 2020. Et seuls 7,5 milliards d'euros ont été budgétisés pour les allocations de chômage partiel dans la loi de finances 2021 (avant la deuxième vague de la pandémie), contre 34 milliards d'euros en 2020." La conclusion est alors limpide : "la politique budgétaire devra faire davantage pour éviter une vague de licenciements et de faillites".

 

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