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Il ne faut pas croire les chiffres de défaillances d’entreprises

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Il ne faut pas croire les chiffres de défaillances d’entreprises

En août 2020, le nombre de défaillances d’entreprises diminue de 28,1 % par rapport à août 2019.
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Au milieu des crises économiques, quelques bonnes nouvelles viennent parfois éclaircir un paysage bien sombre. Et le nombre des défaillances d’entreprises pourrait être de celles-là. En effet selon les chiffres publiés vendredi par la Banque de France, en août 2020, le nombre de défaillances d’entreprises diminue de 28,1% par rapport à août 2019. Mais ces chiffres cachent plusieurs choses. D’abord, comme le souligne l’institution, "en données corrigées des variations saisonnières, le nombre moyen de défaillances de juin à août augmente ainsi de 63% comparé au nombre moyen de mars à mai, qui inclut la période de confinement". Une dynamique pas si bonne donc. 

Certes, les chiffres sur les trois derniers mois sont inférieurs de 40% à ceux observés sur la même période en 2018 et 2019. Mais, au-delà de la dynamique qui se dégrade, c’est surtout une différence de situation qui existe. Car, en réalité, la situation est bien plus compliquée. Nombres d’entreprises peuvent être qualifiées d’entreprises zombies dans la mesure où elles subsistent grâce aux différentes aides mises en place par l’exécutif. 

Surtout, c’est du côté de la Justice qu’il faut chercher l’explication de son paradoxe. D’abord, "la période de confinement a affecté le fonctionnement des juridictions commerciales". Ensuite, "par l’adaptation de la réglementation qui accorde temporairement des délais supplémentaires tant pour apprécier l’état de cessation de paiements que pour le déclarer". Cette adaptation laisse ainsi de côté toute assignation par un créancier, ce qui est encore fortement encouragé par les moratoires. Or, le groupe de solutions data aux entreprises Altares souligne que "si durant l’été 2019, les assignations avaient été suspendues, 30 % à 40 % des liquidations auraient potentiellement pu être "oubliées", soit environ 2500 procédures.  Sur cette hypothèse, les 5000 liquidations de ce troisième trimestre 2020 seraient alors à comparer aux 4600 d’un an plus tôt, soit une augmentation d’au moins 10 %".

La baisse des liquidations judiciaires serait donc "une baisse en trompe l’œil". Mais comme l’explique Thierry Million, directeur des études chez Altares, dans l’étude "c’est davantage sur le premier semestre 2021 – à la croisée des chemins de la reprise très gourmande en liquidités, et des premières échéances des Prêts Garantis par l’État à rembourser au printemps – que l’heure de vérité pourrait sonner ". 

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