Macro-économie / Taux / Entreprise / crise / coronavirus / défaillance / faillite
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Entreprise / crise / coronavirus / défaillance / faillite
Une vague de défaillances se prépare pour fin 2020 dans l'Hexagone
La crise a frappé fort les entreprises, les dégâts sont importants mais l’activité repart. Mais s’il faut craindre une deuxième vague de l’épidémie, il faut aussi s’attendre à vivre dans le futur une forte vague de défaillance d’entreprise. C’est dans cette perspective que Euler Hermes a réalisé sa dernière étude.
L'impact des mesures de verrouillage sur les tribunaux d'affaires, en particulier les moins avancés sur le plan numérique a entraîné des retards dans l'enregistrement officiel des faillites. "Il y a donc des entreprises déjà en situation de défaut de paiement, mais qui ne sont pas encore prises en compte dans les statistiques". Par ailleurs les nombreuses aides gouvernementales, en particulier chez les pays européens, ont aussi joué un rôle éminemment important pour le maintien des entreprises en situations financière délicates ; reports d'impôts, PGE, subventions salariales et moratoires sur la dette. Il faut aussi prendre en compte les modifications temporaires des régimes d'insolvabilité (suspension de l'obligation de déposer le bilan sous certaines conditions, l'extension des délais, le relèvement du seuil de la dette impayée pour introduire une demande de faillite et de liquidation, etc…). Mais qu’arrivera-t-il à leurs échéances ?
Selon Euler Hermes, l'indice global d'insolvabilité devrait grimper de 35% entre 2019 et 2021, et atteindre un nouveau sommet au premier semestre 2021 de +6 %. Cette hausse serait alors semblable à l'intensité enregistrée en moyenne pendant la précédente crise financière (taux de croissance annuel moyen de 16% de 2007 à 2009). Cependant là où l’impact de cette crise diffère de celle de la décennie précédente, c’est que toutes les régions et économies devraient enregistrer une augmentation à deux chiffres des faillites d'ici 2021. Avec +56% d’ici fin 2012, l’Amérique du Nord devrait constituer la plus forte hausse enregistrée, suivie des autres régions, avec des hausses supérieures à 30% (l'Asie à +31%, l'Europe occidentale à +32%, l'Amérique latine à +33 % et l'Europe centrale et orientale à +34 %).
Logiquement, si l’Asie, ou plus précisément les pays de la PAC (excepté l’Inde), a été la première touchée, la vague de faillites se fera ressentir de manière plus forte en fin 2020 qu’en 2021. Mais les mesures de verrouillage plus strictes ou plus longues limiteront la reprise et maintiendront les entreprises sous pression jusqu'en 2021, date à laquelle la région connaîtra une nouvelle hausse des faillites. La Chine reste en tête de la région avec une augmentation prévue de +40 % des faillites d'ici la fin 2021, par rapport à 2019.
Les États-Unis, enregistreraient, eux, un rebond de +57 % des faillites d'ici 2021, avec 35 700 cas par an, soit le nombre le plus élevé depuis 2012. La majorité de la hausse des faillites aurait lieu courant 2020. L’étude table en effet sur une hausse de +47% en 2020 due au fait que la loi sur l'aide, le secours et la sécurité économique contre le coronavirus (alias la loi CARES) vise les PME et non les plus grandes entreprises en difficultés financières.
Enfin, l’Europe de l’ouest connaîtrait une hausse des défaillances de +32 % entre 2019 et 2021. Tandis que la moitié des pays seront touchés dès cette année par la vague de défaillances (Suède, Irlande, Italie, Portugal), l’autre subira une forte résurgence des défaillances en 2021 (France, Royaume-Uni, Allemagne). Pour la France, la vague de défaillances arrivera probablement au T4 2020 et se prolongera sur le premier semestre 2021. "Le plan étatique massif de soutien aux entreprises (reports de charge, PGE, …), la fermeture des tribunaux de commerce et le gel des procédures collectives jusque mi-octobre permettront de retarder la vague de défaillances". Cette vague ne pourra toutefois pas être évitée : entre 2019 et 2021, le nombre de défaillances d’entreprises devrait croître de +25 % en France. Il faudra alors compter en 2021 plus de 64 000 défaillances d’entreprises. Le coût économique de ces défaillances sera conséquent pour la France représentant 0,4 point de PIB.
Pour ne pas aggraver une situation déjà très délicate, les Etats devront être particulièrement stratèges. Un retrait prématuré des mesures de soutien pourrait augmenter la hausse des faillites de +5 à 10 points de pourcentage. Mais d’un autre côté, si une prolongation du soutien existant aux entreprises peut limiter les faillites à court terme, elle peut également soutenir les "entreprises zombies", augmentant ainsi les risques d'insolvabilité à moyen et long terme.
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