Macro-économie / Taux / défaillance
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Les cessations de paiements : le pire reste à venir
Depuis le début de la pandémie, les défauts d'entreprises ont principalement concerné le secteur pétrolier, explique Moody's dans une note sur le sujet. Lors du premier confinement, les grands perdants ont ainsi été les sociétés américaines de gaz de schistes fortement affectées par la baisse drastique du cours du pétrole : 44 entreprises productrices d'énergies fossiles sont en cessation de paiements depuis le mois de janvier. Cela se reflète aussi dans la répartition géographique des défaillances : 31 entreprises européennes sont en défaut de paiement depuis le début de l’année, contre 118 aux États Unis, territoire le plus affecté. Au Moyen-Orient, où le pétrole est produit à bas coût, seules deux entreprises sont en défaut sur la même période. Les deux autres secteurs en premières ligne de la pandémie sont les secteurs du commerce de détail et du service aux entreprises, faisant chacun état de 21 entreprises en difficulté.
Mais le mois dernier marque un tournant. Les défaillances d'entreprises, 11 au total, sont répertoriées dans huit secteurs différents et ne sont plus le seul fait de celui des énergies. Le crash le plus important du mois concerne la société bio pharmaceutique luxembourgeoise Mallinckrodt International Finance avec plus de 5 milliards de dollars de dette. Autre tournant : une légère baisse de rythme est enregistrée, puisque le nombre de défaillances est inférieur à celui du mois de septembre, poursuivant la tendance amorcée en août.
Si l’économie a connu un rebond post-confinement qui s’est poursuivi au mois d’octobre, les mois d’avril à juillet ont été particulièrement meurtriers, avec une moyenne de 28 entreprises en cessations de paiements par mois. Cela ne signifie pas nécessairement qu’elles se dirigent vers la faillite, mais qu’elles devront au minimum restructurer leur dette pour survivre. Le nombre cumulé depuis janvier dernier atteint son plus haut point en une décennie : 180 entreprises sont concernées. Le taux de défaillance moyen d’entreprises classées les plus risquées sur les 12 derniers mois selon les analystes de Moody's s’élève à 6,5 % au mois d’octobre, près du double du niveau prépandémique de 3,3 %, et devrait atteindre 7,2 % à la fin de l’année.
Les perspectives pour l’année 2021 ne sont pas meilleures, selon l’économiste Sharon Ou, et le pire reste à venir. Le secteur de l’hôtellerie, des jeux et des loisirs sera proportionnellement le plus durement touché. Le secteur des énergies devrait être moins affecté en 2021 qu’en 2020. Le taux de défaillance des entreprises classées les plus risquées poursuivra sa hausse jusqu’au mois de mars, où il atteindra son point le plus haut à 8,1 %. Les politiques budgétaires pourront difficilement empêcher les entreprises insolvables de faire faillite, surtout pour celles qui étaient déjà en difficulté avant la pandémie. Dans le cadre du scénario le plus pessimiste, si le vaccin ne suffisait pas à contrôler la pandémie, le taux de défaillance mondial pourrait atteindre 15,4 % l'année prochaine, dépassant le pic de 13,3 % atteint en 2009.
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