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Trésorerie / Entreprise
Les problèmes de liquidités des entreprises sont sectoriels
De toutes les lettres de l’alphabet utilisées pour décrire la reprise, la lettre K semble peu à peu prendre le dessus. Un tel scenario suppose ainsi que certains secteurs d'activité sortiront plus forts de la crise tandis que d’autres péricliteront. Les entreprises elles aussi n'ont pas toutes été affectées de la même façon par la pandémie, notamment en ce qui concerne leur situation de liquidité. Comme le souligne la 15e étude annuelle portant sur la liquidité des entreprises européennes, africaines et moyen-orientales menée par Moody’s, "la solidité de la situation de liquidité par secteur donne une indication claire de l’exposition à la pandémie en cours". Sans surprise, "les faiblesses de liquidités sont plus répandues dans le transport, le commerce de détail non alimentaire et les loisirs et certaines entreprises de services ".
L'agence de notation décrit une entreprise "sans difficulté de liquidité" lorsqu’elle est capable de "faire face aux échéances des dettes en cours et aux autres besoins de trésorerie sur une période de 12 mois sans avoir accès à de nouveaux financements ". Par rapport à 2009, ce sont les entreprises du secteur du loisir qui subissent la plus grande détérioration, puisqu’aucune ne connaissait de problèmes de liquidité alors qu’elles sont désormais près de 15 % à avoir ce type de soucis. Le secteur du transport passe, lui, de 16 % à 24 % et celui des services de 2 % à 15 %.
Globalement, les faiblesses de liquidités concernent désormais 10 % de l’ensemble des 1 048 entreprises non financières étudiées par Moody’s, contre seulement 5 % l’année précédente. Sans surprise, ce sont celles appartenant à la catégorie spéculative qui sont le plus touchées puisque 15 % rencontrent de telles difficultés. Elles n’étaient que 7 % en 2019. Les mesures de confinement mais aussi de distanciations sociales mises en place sont évidemment à incriminer.
En contrepartie, et face aux cris des entreprises, les différents gouvernements ont mis en place des accompagnements pour les aider. Mais l’enfer est parfois pavé de bonnes intentions : "ces mesures ont été clairement positives du point de vue des liquidités, en renforçant les soldes de trésorerie, mais elles se feront au prix d'un endettement beaucoup plus important à l'avenir". Au total, les entreprises ont émis davantage de dettes et le niveau d’émission de mars à juin 2020 était environ 60 % supérieur à celui de la même période en 2019. Dans le détail, ce sont plus de 1 000 milliards de dollars qui sont venus gonfler les dettes des entreprises. Certes, cette augmentation résulte de la première inclusion de la nouvelle norme comptable IFRS 16 qui fait mécaniquement gonfler les chiffres. Mais les soldes de trésorerie, qui s’établissent à 1 300 milliards de dollars, en hausse de 25 % par rapport à 2019, témoignent de mouvements de défense des entreprises pour anticiper la dépression économique. Mais, temporise Moody's, "dans le même temps, les entreprises ont conservé environ 1 000 milliards de dollars de facilités de crédit engagées et non utilisées. La couverture de la dette à court terme par les liquidités et les facilités de crédit disponibles était donc de 2,4x contre 2,8x en 2019 ". La situation n’est donc pas si mauvaise. Mais de l’intensité de la reprise dépendra l’équilibre financier des secteurs en difficultés.
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