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Credit Suisse ou la contagion émotionnelle /
Malgré leur chute en Bourse, la solidité des banques françaises ne fait pas de doute
Après les Etats-Unis, l’Europe va-t-elle avoir droit à sa crise bancaire ? Les marchés européens ont chuté mercredi, emportés par une vague de défiance à l’égard des valeurs financières. La panique vient d’outre-Jura, où Credit Suisse a vu son cours de Bourse s’effondrer de plus de 30% en cours de séance, à des plus bas jamais vus pour la deuxième banque helvète, dont la capitalisation boursière est passée sous les 8 milliards de francs suisses.
La raison ? Son principal actionnaire, la Saudi National Bank, n’a pas l’intention d’augmenter sa participation au-delà de son niveau actuel d’un peu moins de 10%. Interrogé mercredi par Bloomberg sur le fait de savoir si la banque serait prête à réinjecter des capitaux en cas de nouvel appel de fonds, après l’augmentation de capital de 4 milliards de francs suisses intervenue fin 2022, son président, Ammar Al Khudairy, a fait une réponse claire. "La réponse est absolument non", a-t-il déclaré, expliquant que le franchissement du seuil des 10% du capital entraînerait des obstacles réglementaires rédhibitoires.
Il n’en fallait pas plus pour effrayer les investisseurs dans le contexte d’extrême nervosité provoqué par la récente faillite de la banque américaine SVB. Bien que les deux cas n’aient strictement rien en commun, les inquiétudes s’emballent d’autant plus vite concernant Credit Suisse que la banque est un maillon faible bien identifié du secteur, après deux ans de scandales et des craintes systémiques que l'établissement a eu bien du mal à éteindre à la fin de l’année dernière. Au point de faire oublier aux investisseurs que la position du président de la Saudi National Bank sur le sujet est connue depuis l’automne dernier, lorsqu’il avait déjà déclaré exclure d’investir davantage dans la banque suisse.
Et suivant le phénomène de contagion émotionnelle bien connu de la psychologie des marchés d'actions, la peur s'est vite étendue aux autres banques européennes. A Paris, Société Générale plonge mercredi de 10,6%, BNP Paribas chute de 8,6%, Crédit Agricole limitant les dégâts avec un recul de 5,3%. Même chose à Francfort, où Deutsche Bank abandonne 7,6%. A Madrid, BBVA et Banco Santander cèdent 8,4% et 5,6% respectivement, tandis qu’UniCredit recule de 6,7% à Milan. Il est clair pourtant que la situation financière de tous ces établissements n’a strictement rien à voir avec celle de Credit Suisse. A commencer d’ailleurs par celle d'UBS, la première banque suisse, dont le cours plonge de 7,1% à Zurich, alors qu’elle a dégagé plus de 7 milliards de francs de bénéfices l’an dernier, quand sa concurrente en difficulté a affiché une perte de 7,3 milliards de francs.
En France, la santé du secteur bancaire est sortie renforcée d'une année 2022 marquée par des résultats très solides. BNP Paribas a dégagé un bénéfice historique de plus de 10 milliards d’euros, Société Générale a dépassé les attentes du marché malgré la coûteuse sortie de Russie, et Crédit Agricole SA a connu le meilleur quatrième trimestre depuis sa cotation. Ainsi, pour paraphraser Jean-Marie Messier, "bien que le marché ait toujours raison, il n'a pas raison tous les jours".
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