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Laurent Mignon veut secouer Wendel / La société se lance dans la gestion pour compte de tiers
Un changement de cap important. Wendel a profité jeudi de la présentation de ses résultats 2022 pour annoncer sa décision de développer une activité de gestion pour compte de tiers. Comme Tikehau et Eurazeo avant elle, et dans les pas des grandes plateformes anglo-saxonnes de private-equity, la société d’investissement se lance donc finalement à son tour sur ce créneau porteur. "Ce nouveau métier, dont la croissance s’inscrira dans le temps, représentera une nouvelle source de création de valeur, au côté de son activité d’investisseur de long terme", a justifié Laurent Mignon, le tout nouveau président du directoire de l’entreprise.
L’ex-patron de BPCE, qui a succédé en début d’année à André-François Poncet, n’aura pas tardé à imprimer sa marque, réussissant à imposer ses vues là où d’autres avaient échoué. Ouvrir l’expertise de Wendel à des investisseurs autres que la famille est un modèle qui avait été jusqu’à présent écarté. "Il s’agit d’une petite révolution dans l’histoire du groupe, dont l’actionnariat familial avait jusqu’à présent toujours été réticent à une telle évolution", rappelle en effet le cabinet Oddo BHF.
Pour développer son nouveau métier de gestionnaire d’actifs pour compte de tiers, Wendel pourra tout d’abord s’appuyer sur les capacités de sa plateforme d’investissement. "Nous devrons probablement aussi recruter de nouveaux talents et travailler sur notre capacité à aller voir de nouveaux investisseurs", a précisé Laurent Mignon lors d’une conférence téléphonique. Le dirigeant n'en doute pas : cette nouvelle activité "sera rentable et permettra de dégager de la valeur à long terme", contribuant ainsi à l’objectif de rentabilité à deux chiffres que le groupe souhaite offrir à ses actionnaires.
2 milliards d'euros à investir en 24 mois
La gestion d’actifs pour compte de tiers ne constitue cependant qu’une des nouvelles orientations annoncées par Laurent Mignon. La première des priorités sera la mise en œuvre d’ "une politique de gestion de portefeuille très active", a-t-il souligné, signifiant par la même occasion que celle-ci n’avait "pas été suffisamment active par le passé". Wendel compte investir environ 2 milliards d’euros dans les deux prochaines années en Europe occidentale et en Amérique du Nord, visant des investissements unitaires initiaux compris entre 300 et 600 millions d’euros. S’agissant du non coté, le groupe donnera la priorité à des participations majoritaires, afin de pouvoir influer davantage sur la gestion de l’entreprise.
Un accompagnement opérationnel que Wendel compte aussi renforcer sur ses participations existantes, cotées ou non, à commencer par Bureau Veritas, qui représente plus de la moitié de son portefeuille d’investissement. Le groupe de certification, qui n’a pourtant pas démérité avec un solide exercice 2022 fera l’objet d’une "implication [plus] active". "Nous sommes convaincus qu’il y a un potentiel important chez Bureau Veritas. En soutenant le management, en étant à ses côtés, nous allons pouvoir nous assurer que cette création de valeur se matérialise", a déclaré Laurent Mignon en conférence téléphonique.
S’agissant de ses résultats annuels, Wendel a vu son actif net réévalué reculer de 9,2% en 2022, à 7,5 milliards d’euros, soit 167,9 euros par action, la baisse des marchés actions s’étant reflétée dans la valeur des actifs cotés. Son chiffre d’affaires a progressé de 15,9%, à 8,7 milliards d’euros, et son résultat net part du groupe a chuté de près de 40%, à 656,3 millions d’euros. Mais le résultat de 1,05 milliard d’euros de 2021 avait été gonflé par la déconsolidation comptable de la société IHS (à la suite de son introduction en Bourse) qui avait généré une plus-value de 913 millions d’euros.
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