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Le fructueux marché du conseil en RSE / Quelques défauts devraient néanmoins ralentir sa croissance
Les plans stratégiques des entreprises font plus que jamais la part belle à la dimension de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Urgence climatique et prise de conscience collective obligent, la prise en compte du développement durable dans la gestion des activités n’est aujourd’hui plus en option pour les entreprises. Et faute de pouvoir trouver en interne des collaborateurs formés au sujet, ou d'internaliser ces fonctions RSE, les sociétés se tournent bien souvent vers des cabinets de conseil.
Pour preuve, le marché du conseil en RSE français s’est apprécié de 24 % entre 2018 et 2022, en représentant près de 360 millions d’euros, rapportent les dernières estimations de l’institut d’études Xerfi. Une opportunité de croissance qui n’a d’ailleurs pas échappé aux protagonistes du secteur, puisque les opérations d'acquisition de spécialistes en RSE se portent à merveille.
De toutes les tailles
En septembre dernier, Grand Thornton a, par exemple, intégré l’agence de coaching en RSE Primum Non Nocere. Au même moment, le Boston Consulting Group (BCG) acquérait quant à lui le cabinet Quantis afin de se renforcer sur les enjeux de climat et biodiversité. Les plus petites structures suivent elles aussi la cadence. Kea Partners, cabinet de conseil en stratégie pour les entreprises à mission (au sens de la loi Pacte), investissait lui en octobre dernier simultanément des capitaux dans deux cabinets de consultants spécialisés en RSE. S'il s'agit pour les grosses structures de "se diversifier dans le domaine", celles de tailles intermédiaires peuvent aussi y trouver un relai de croissance, explique Flavien Vottero, auteur de l'étude sur le marché du conseil en RSE parue chez Xerfi. Ou, encore, un "moyen d’accéder aux dirigeants pour proposer de nouvelles prestations", ajoute l'expert.
Le mouvement vers l'appréciation du développement durable est d'autant plus bénéfique aux acteurs du conseil qu'il permet "d’attirer et de fidéliser les jeunes consultants en quête de sens dans leur projet professionnel", relève Flavien Vottero. Autant de points positifs qui font croitre, de manière constante, le nombre d'acteurs du milieu : Xerfi en comptait plus de 300 à la fin de l'année 2022.
Pas assez rentables ?
Pour autant, il reste des ombres au tableau. D'une part, "la rentabilité des missions RSE s'est révélée jusqu'ici réduite et incertaine", constate Flavien Vottero. Et "les budgets consacrés à l’engagement sociétal et écologique restent aussi contenus en raison du flou entourant ces questions", ajoute l'auteur de l'étude. D'autre part, dans un contexte macroéconomique difficile, les entreprises pourraient se décider à réduire leurs dépenses en matière de RSE afin de contenir leurs coûts. Il reste aussi que les méthodologies et les référentiels utilisés pour mesurer la RSE devront se spécifier et être vérifiés afin de justifier les tarifs proposés par les cabinets. Cependant, les acteurs toujours plus nombreux dans le secteur pourraient aussi pousser, au travers d'une concurrence accrue, les prix à la baisse, souligne Flavien Vottero.
Tout cela mis bout à bout, les prévisions de Xerfi pour le marché du conseil en RSE restent optimistes, mais moins enthousiastes que pour les années passées. La croissance du marché du conseil en RSE devrait, certes, s'afficher à 18,5 % d'ici à 2025, à environ 600 millions d'euros. Mais la dynamique sera donc inférieure à celle observée sur la période 2018-2022.
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