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2030; Ember; réchauffement; émissions; bilan carbone

Macro-économie / Taux / transition énergétique / éolien / solaire

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Le renouvelable au défi de poursuivre sa course effrénée / Les bons élèves doivent désormais faire des émules

La transition énergétique ne peut souffrir d’aucun manque et le think tank Ember avance qu’elle doit maintenir sa vitesse de croisière pour atteindre ses objectifs à horizon 2030. L’éolien et le solaire doivent ainsi continuer à afficher des taux de croissance composés de 20 % chaque année durant cette période.
Eoliennes. Laurent GRANDGUILLOT/REA
Eoliennes. Laurent GRANDGUILLOT/REA

Le charbon est désormais dans le rétroviseur des énergies renouvelables, espérons que ce soit pour de bon. Les chiffres présents dans le dernier rapport annuel du think tank Ember, portant sur la production d’électricité dans le monde, laissent optimiste étant donné qu’en 2022 " la production solaire a augmenté de 23 % et la production éolienne de 14 %." Désormais ces deux sources d’énergie renouvelable "représentent plus de 10 % de la production mondiale d’électricité", associée aux autres sources d’électricité propres elles représentent 38 % de l’électricité mondiale quand le charbon est responsable de 36 % du total.

 

À deux vitesses

 

Si les objectifs à horizon 2030 et plus loin encore voient leur réalisation qualifiée comment étant "désormais tout à fait possible ", une très forte hétérogénéité existe toujours entre les ambitions des États. D’un côté, il y a déjà "50 pays qui produisent aujourd’hui plus de 10 % de leur électricité à partir de ces ressources rapides à déployer, et trois pays qui en produisent déjà plus de 40 %" et de l’autre il y a "tous les gouvernements qui ont des réseaux à forte intensité de carbone" qui "doivent maintenant agir avec la même audace et la même ambition."

Une lueur d’espoir vient cependant du fait que parmi tous les états ayant atteint ce seuil de 10 %, 7 l’ont été pour la première fois en 2021 dont la Chine (11,2 % ) et le Japon (10,2 %). Le think tank rapporte que " les cinq plus grandes économies du monde ont atteint ce seuil : les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni", même si l’Europe reste pionnière sur le sujet. A contrario c’est le Moyen-Orient et l’Afrique qui sont à la traîne avec un "nombre de pays atteignant un dixième de la production d’électricité d’origine éolienne et solaire [qui] est le plus faible. " L’Arabie saoudite semble ainsi loin de s’être lancée dans la transition énergétique avec moins de 1 % de son électricité issue de l’énergie éolienne et solaire.

 

Le charbon n’a pas dit son dernier mot

 

Les bonnes nouvelles de la hausse de l’électricité propre sont de plus contrebalancées par une forte progression de celle produite à partir de charbon, qui "a augmenté de 9,0 % en 2021 pour atteindre 10 042 TWh, faisant plus que rebondir après une baisse de 4,2 % en 2020." Le think tank argue qu’il " s’agit de la plus forte hausse en pourcentage jamais enregistrée depuis au moins 1985. " La Chine a beau jeu d’investir dans les renouvelables, elle n’en arrête pas pour autant son recours au charbon et sa part dans la production mondiale d’électricité qui en est issue "est restée inchangée à 54 % en 2021, après être passée de 50 % en 2019 à 54 % en 2020. "

Un constat fort inquiétant quand on sait que pour se conformer aux scénarios de l’Agence internationale de l’Énergie, visant à stopper le réchauffement climatique, la production d’électricité à partir de charbon "doit diminuer de 73 % à l’échelle mondiale entre 2021 et 2030. " Néanmoins on peut espérer que cela change à l’avenir puisque la principale raison avancée pour expliquer ce regain de forme de charbon est "que l’électricité propre n’a tout simplement pas été déployée assez rapidement pour répondre à la croissance sans précédent de la demande" et en conséquence que " seuls 29 % de l’augmentation mondiale de la demande d’électricité en 2021 ont été satisfaites."

L’essentiel de "l’augmentation de la demande a donc été couvert par les combustibles fossiles " et ainsi "59 % de l’augmentation de la demande d’électricité en 2021 a été satisfaite par la seule production de charbon. Le gaz et le pétrole représentaient les 10 % restants."

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