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Entreprises / Actions / LVMH / Bernard Arnault / Asterès / Nicolas Bouzou / Antonio Belloni

Entreprises / Actions
LVMH / Bernard Arnault / Asterès / Nicolas Bouzou / Antonio Belloni

Pour LVMH, la valeur se crée et se partage / La pédagogie économique n’est pas un luxe

Les profits historiques réalisés en 2022 par LVMH et les belles perspectives de poursuite de la croissance du groupe cette année se reflètent dans un cours de Bourse qui vole de record en record. Cela s’accompagne aussi de très importantes retombées économiques et fiscales pour le pays, comme l’ont rappelé les dirigeants lors de la dernière assemblée générale des actionnaires.
Bernard Arnault, le PDG de LVMH, lors de l'assemblée générale du groupe en 2023 - DR
Bernard Arnault, le PDG de LVMH, lors de l'assemblée générale du groupe en 2023 - DR

"L’action LVMH est aussi un produit de luxe". La réponse teintée d’une pointe d’humour faite par Bernard Arnault, à la question d’un actionnaire sur la possibilité d’opérer une division de son nominal pour la rendre plus accessible, est venue clore l’assemblée générale du groupe qui se tenait en fin de semaine dernière au Carrousel du Louvre. La question n’était pas extravagante alors que le premier groupe mondial de luxe a déjà procédé à de telles divisions dans le passé, même s’il faut pour cela remonter à l’an 2000, et même auparavant à 1994, avec des "splits" par cinq à chaque fois.

Elle a en tout cas souligné en creux l’incroyable parcours de l’action LVMH, qui, à 900 euros, évolue à son plus haut historique. A 450 milliards d’euros, l’entreprise dirigée par Bernard Arnault est, de loin, la première capitalisation européenne et vient de se hisser pour la première fois dans le classement des dix plus grosses capitalisations mondiales. Une ascension qui repose évidemment sur les performances financières exceptionnelles de l’entreprise, qui a dégagé l’an dernier des profits records, et dont les ventes ont pleinement profité au premier trimestre de la réouverture de la Chine. Tandis que cette tendance favorable "continue au mois d’avril", a indiqué l’heureux patron du premier groupe mondial de luxe.

Il n’est pas toujours bon cependant d’attirer l’attention sur son cours de Bourse, l’importance de ses profits, ou la fortune de son capitaine – Bernard Arnault étant devenu cette année l’homme le plus riche du monde, devant l’homme d’affaires américain Elon Musk. Et ce, en France sans doute plus qu’ailleurs, où le riche, qui plus est milliardaire, est parfois très sérieusement, sur la scène politique en tout cas, rendu responsable de tous les maux. Comme si créer de la richesse comme le fait LVMH se faisait au détriment d’autrui.

Or, c’est un peu tout l’inverse qui se produit. Vendre partout dans le monde à une clientèle aisée des produits de luxe largement fabriqués en France, agit au contraire comme un formidable redistributeur de richesse pour le pays.

 

Valeur ajoutée

 

Cette richesse créée correspond à la valeur ajoutée, dont Antonio Belloni, le directeur général délégué de LVMH, a rappelé la définition lors de l’assemblée générale. Elle n’est pas le profit de l’entreprise mais "correspond à la différence entre les ventes et les consommations intermédiaire", soit ce dont elle a besoin pour produire, comme les matières premières, a-t-il expliqué. Cette valeur ajoutée s’est élevée à 38 milliards d’euros l’an dernier, rapportée à un chiffre d’affaires de 79 milliards d’euros.

Et le groupe a prévu de la partager de façon équilibrée. Environ un quart, soit 9,6 milliards, seront d’abord réinvestis dans les filières, dans les métiers et dans les territoires. "C’est ce qui nous permet par exemple d’ouvrir de nouvelles manufactures en France et en Italie, à l’image de ce que nous avons fait en 2022 avec Louis Vuitton à Vendôme et Fendi en Italie", a expliqué le dirigeant. La valeur ajoutée peut alors servir à des investissements futurs pour renforcer encore les capacités de production ou préserver des savoir-faire. Plus d’un milliard d’euros sont ainsi investis en France chaque année où le groupe dispose de plus de 500 boutiques et 110 sites de production et d’artisanat.

Ensuite, plus de 11,2 milliards d’euros, soit quasiment 30 % de cette valeur ajoutée, reviennent directement aux salariés sous forme de salaires mais également de primes ou encore d’intéressement et de participation en France notamment.

Puis, 9,4 milliards d’euros encore, soit toujours environ un quart de cette valeur ajoutée revient aux Etats sous forme d’impôts divers. "Nous sommes les premiers contributeurs de l’impôt en France et le premier contributeur à l’impôt sur les sociétés", a rappelé à Antonio Belloni. Rien qu’en France, l’impôt sur les sociétés payé par LVMH s’est élevé à environ 2,5 milliards en 2022.

 

Empreinte économique

 

Le reliquat, soit un peu moins de 20 % de la valeur ajoutée, revient aux actionnaires sous forme de dividende, le groupe soulignant qu’il a toujours veillé à en maitriser la croissance. De fait, quand la valorisation de LVMH a été multipliée par plus de 77 depuis la fin des années 80, le dividende a progressé dans une toute moindre mesure en passant de 1 euro par action au milieu des années 90 à 12 euros sur l’exercice 2022.

A côté de cela, la richesse créée, puis répartie ou réinvestie, s’accompagne d’une importante "empreinte économique", dont Nicolas Bouzou, le directeur du cabinet de conseil économique indépendant Asterès, a rappelé la définition lors d’une intervention à l’assemblée générale. Un groupe comme LVMH "génère des emplois directs, avec aussi des effets indirects liés aux sous-traitants et puis des effets induits liés à la consommation des employés de LVMH, le tout ayant des effets en chaîne sur l’économie", a-t-il expliqué.

Dans son étude pour LVMH, Asterès démontre ainsi que le groupe génère en tout 145 000 emplois (directs, indirects, induits et en chaîne) en France. Sans oublier non plus que l’activité de l’entreprise s’accompagne d’une véritable conscience durable, attestée de manière indépendante. LVMH a été reconnu pour son leadership en matière de transparence et de performance concernant la protection du climat, des forêts et de l’eau par le CDP (Carbon Disclosure Project), une organisation environnementale mondiale à but non lucratif. LVMH est l’une des 12 entreprises dans le monde à avoir obtenu un triple "A" sur plus de 15 000 entreprises notées.

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