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Que va faire le groupe Bolloré de son trésor de guerre / Des résultats semestriels en berne, comme anticipé
Nulle surprise dans les comptes semestriels publiés vendredi par le groupe Bolloré. Le chiffre d’affaires de l'entreprise familiale présidée par Cyrille Bolloré s’est établi à 6,23 milliards d’euros, en retrait de 3% à périmètre et taux de change constants, le résultat opérationnel ajusté a reculé de 15%, à 462 millions d’euros, et le résultat net consolidé a chuté à 235 millions d’euros, contre 947 millions d’euros au premier semestre 2022. Une grosse différence liée au fait que le premier semestre 2022 comprenait la plus-value de cession sur l’apport de la participation dans Banijay Holdings Group à FL Entertainment (526 millions d’euros) et la contribution de Bolloré Africa Logistics, dont la cession avait été finalisée fin 2022.
Le suspense était mince étant donné que l’essentiel du résultat est désormais généré par Vivendi, détenu à 29%, et la participation de 18% dans Universal Music Group, les deux ayant déjà publié leurs propres comptes semestriels la semaine dernière. En effet, Editis est déconsolidé depuis le 21 juin 2023 dans le cadre du projet de rapprochement de Vivendi avec Lagardère, et l'activité Transport et Logistique (hors Afrique) a été reclassée en activité destinée à être cédée depuis le 8 mai 2023. Hormis les parts dans Vivendi et UMG, ne reste plus dans le périmètre que l’activité de logistique pétrolière, logée dans Bolloré Energy, dont le chiffre d’affaires a reculé de 17% au premier semestre, à 1,35 milliard d’euros, avec un résultat opérationnel ajusté diminué de 72%, à 22 millions d’euros, sous l’effet de la baisse des cours des produits pétroliers et des effets stock négatifs.
Au-delà des résultats, la question centrale reste donc celle de l’utilisation que le groupe compte faire de son nouveau trésor de guerre maintenant qu’il s’est désengagé de son ancien cœur de métier. Il dispose de 11 milliards d’euros de disponibilités et de lignes confirmées à fin juin, dont 7 milliards d’euros au niveau de Bolloré, sachant qu’il va aussi récupérer 4,65 milliards d’euros de la vente de Bolloré Logistics à CMA CGM, la réalisation définitive de la cession restant soumise à l’obtention des autorisations usuelles.
Sur ce point, une certaine dose d’incertitude demeure. Les analystes de chez Oddo BHF "continu[ent] de penser qu’un renforcement dans Vivendi est le plus probable, ce qui pourrait être financé via une cession de la participation de 10% dans UMG détenue par Vivendi. Bolloré pourrait alors lancer une offre publique sur le solde et utiliser le reste du cash pour financer des acquisitions chez Vivendi et éventuellement entamer une diversification d’actifs dans un nouveau métier".
Pour sa part, que la fusion avec Vivendi ait lieu ou non, le cabinet de recherche indépendant AlphaValue juge que l’industrie des médias devrait de toute façon "rester une activité secondaire" pour la famille Bolloré. Il exclut également "la possibilité d'investir davantage dans les batteries, compte tenu de la concurrence croissante ". Il n’écarte pas en revanche la possibilité de remonter au capital d’UMG, la major musicale étant devenu moins chère que lors de son introduction en Bourse, afin d’accéder à ses importants flux de trésorerie. Egalement, Bolloré pourrait choisir de réaliser "des investissements dans des sociétés se négociant avec une forte décote et une capitalisation boursière de l'ordre de 5 à 10 milliards d'euros", estime AlphaValue.
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