WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Technip Energies / Arctic LNG 2

Entreprises / Actions
Technip Energies / Arctic LNG 2

Technip Energies face à une affaires russe méritant d’être relativisée / Le risque judiciaire et financier paraît limité

Les craintes diminuent au lendemain d’une forte baisse de l’action Technip Energies, consécutive à la parution d’un article du Monde accusant le groupe d’ingénierie pétrolière d’avoir contourné les sanctions occidentales contre la Russie dans le cadre d'un contrat géant dans l'Arctique.
Equipement situé à la base projet Arctic LNG 2 de Novatek dans le cercle arctique - NATALIA KOLESNIKOVA / AFP
Equipement situé à la base projet Arctic LNG 2 de Novatek dans le cercle arctique - NATALIA KOLESNIKOVA / AFP

C’est un article du Monde sur une sombre histoire de contrat en Russie, dont l’exécution se serait poursuivie au mépris des sanctions internationales imposées à la suite de l’invasion de l’Ukraine qui a valu jeudi à l’action Technip Energies de chuter de près de 14% à la Bourse de Paris. Un terrain perdu en partie regagné ce vendredi, le cours de Bourse du groupe d’ingénierie pétrolière gagnant 3,7%, à 20,2 euros.

Baptisé Arctic LNG 2, le contrat en question avait été signé en 2019, remporté à l’époque par  le groupe TechnipFMC, qui s’est ensuite scindé en deux société indépendantes en 2021, donnant naissance à Technip Energies. Il s’agissait de construire trois trains de gaz naturel liquéfié, chacun d'une capacité de 6,6 millions de tonnes par an, pour le compte de l’opérateur gazier russe Novatek. A l’époque, si celui-ci est ciblé par les sanctions américaines à la suite de l’annexion de la Crimée, il ne fait pas encore l’objet de sanctions européennes.

Ce projet de très haute technicité, compte tenu notamment des températures glacières de la région, fait partie des contrats géants mis en œuvre par l'entreprise au cours de ces dernières années dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL). A la signature le 23 juillet 2019, sa valeur était indiquée à 7,6 milliards de dollars, soit près de 6,8 milliards d’euros de l’époque. Et il représentait encore près de 3,8 milliards d’euros au moment de l’invasion de l’Ukraine, chiffre que l’on retrouve dans le rapport annuel 2021.

Dans son enquête, Le Monde pointe la façon dont le groupe aurait "limité ses pertes financières en retardant sa sortie du chantier de l’usine Arctic LNG 2 après le début de l’invasion russe en Ukraine". Dans les faits, TechnipEnergies s’est toujours s’est montré transparent vis-à-vis de ce contrat et de ses activités en Russie, clairement mentionnées lors de la publication de ses résultats annuels en mars 2022. C’est précisément un cinquième paquet de sanctions européennes annoncé le 8 avril 2022 et effective six semaines plus tard qui ont enterré le projet. Un projet, qui, compte tenu de sa taille et de sa complexité, a donné lieu à un processus de sortie qui s’est achevé au cours du premier semestre 2023, a rappelé jeudi l’entreprise dans un communiqué, assurant avoir "agi à tout moment en conformité avec les sanctions applicables".

Au lendemain du coup de froid sur l’action Technip Energies, les réactions au sein de la communauté financière sont d’ailleurs plutôt tempérées. Notamment, le cabinet de recherche indépendant AlphaValue pointe le manque de preuve impliquant Technip Energies dans le fait que le groupe aurait, selon le Monde, facilité le transfert de modules de liquéfaction en Russie après l'entrée en vigueur des sanctions. De toute façon, "les investisseurs doivent être conscients du fait que les entrepreneurs ne peuvent pas abandonner brusquement des projets de cette envergure", souligne-t-il. Sachant aussi que dans la mesure où le groupe a collaboré avec le ministère français de l'Économie – responsable du respect des sanctions –, le risque juridique et financier lui semble limité.

Même son de cloche du côté d’Oddo BHF. Le cabinet d’analystes évalue un éventuel risque financier à une amende de 10% des modules livrés, soit entre 50 et 100 millions d’euros, montant "aisément absorbable par le groupe" selon lui. Quant au risque commercial de se retrouver pénalisé dans les prochains appels d’offres aux Etats-Unis, il estime que " la fermeture de ce marché pourrait être compensée par d’autres", en particulier avec des contrats au Mozambique.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article