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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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Déboussolé
par Yves de Kerdrel

Au Palais de l’Élysée on cherche à tout prix à reconstruire une ligne claire pour la France dans le conflit du Proche-Orient. Ce fut l’objet du voyage réalisé dans la région par Sébastien Lecornu. Emmanuel Macron aimerait bien retourner sur place. Mais il n’est pas, pour l’instant, le bienvenu. À cela s’ajoutent les problèmes de sécurité intérieure en France, comme dans toute l’Europe, qui profitent à l’Extrême-droite, comme en témoignent les élections aux Pays-Bas.

26/11/2023 - 06:30 Temps Lecture 11 mn.

Emmanuel Macron n’aime pas le changement. Et pour l’heure, l’Élysée est en plein remue-ménage. Nous nous sommes fait l’écho, il y a deux semaines du remplacement de Pierre-André Imbert, le Secrétaire Général de l’Élysée par Constance Bensussan et Émilie Piette. À cela s’ajoutent les rumeurs récurrentes concernant le sort réservé à Frédéric Michel, le conseiller spécial communication et stratégie d’Emmanuel Macron.

Comme l’a révélé le Figaro, celui-ci a d’ores et déjà saisi la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en vue d’un éventuel retour dans le secteur privé. Manifestement il est devenu la cible de critiques formulées par ses collègues du Palais tels que le conseiller mémoire Bruno Roger Petit et le conseiller sécurité Frédéric Rose, mais aussi par l’ancien conseiller spécial du Président Clément Léonarduzzi, aujourd’hui vice-président de Publicis France. En cas de départ de Frédéric Michel, Emmanuel Macron s’apprêterait à rappeler Jonathan Guémas. Ancienne plume de l’Élysée entre 2019 et 2022, devenu directeur associé et directeur des stratégies chez Publicis Consultants aux côtés de Clément Léonarduzzi, il n’a jamais vraiment quitté l’arène politique.

 

Brouillage sur la ligne à l’Élysée

 

Mais le principal sujet du Chef de l’État est aujourd’hui de retrouver une ligne claire et lisible au Proche-Orient. Cela a été l’objet de la mission que Sébastien Lecornu, le ministre des Armées a effectuée sur place, notamment au Qatar et à Tel-Aviv. Emmanuel Macron ne cache pas son désir de retourner sur place. Mais pour dire quoi ? Et pour voir qui ? Alors qu’à Tel-Aviv il est devenu persona non grata. Et qu’à Amman comme au Caire, on n’a guère apprécié ses déclarations fluctuantes.

Par ailleurs, ce n’est pas un mystère qu’il ne tient pas en grande estime nos ambassadeurs dans la région. À cela s’ajoute la marginalisation du Quai d’Orsay et de sa principale locataire Catherine Colonna. Mais aussi les visites vespérales du très discuté Ofer Bronchtein, militant pacifiste franco-israélien, président et cofondateur du Forum international pour la paix dont l’objectif est de promouvoir le dialogue entre Israéliens et Palestiniens, Européens et Méditerranéens. Après avoir passé sa jeunesse dans un kibboutz, il approche Mahmoud Abbas et devient conseiller d’Yitzhak Rabin. Il s’honore de détenir un passeport palestinien. Tout cela n’explique pas qu’aucun otage français n’ait été libéré à cette heure contrairement aux attentes de l’Élysée. Mais le flou présidentiel n’a sûrement pas été bien perçu.

 

Le bulletin de notes de Standard & Poor’s

 

La semaine qui s’annonce pourrait être compliquée pour l’exécutif avec l’annonce mercredi du jugement concernant Éric Dupond-Moretti. La plupart des observateurs s’attendent à une sentence sévère. Mais avec un artifice, comme les juristes savent les rédiger, lui permettant de sauver l’honneur. Ce qui permettrait à Emmanuel Macron de ne pas avoir, de surcroît, à changer de garde des Sceaux.

Et vendredi 1er décembre, tard dans la soirée, Standard & Poor’s devrait réactualiser sa note concernant la dette publique française. Un évènement qu’Élisabeth Borne a voulu anticiper en convoquant, il y a une semaine à Matignon une réunion, en présence d’une vingtaine de ministres destinée à trouver 12 milliards d’euros pérennes afin de tenir l’objectif de 3,7 % de déficit public prévu pour 2025. L’idée est notamment de s’attaquer aux 110 milliards d’euros d’aides aux entreprises mais aussi à certaines dépenses de santé.

 

Une activité qui se contracte en France

 

L’activité du secteur privé en France s’est contractée bien plus que prévu en novembre, selon les données préliminaires publiées jeudi par S & P Global et Hamburg Commercial Bank (HCOB). L’indice PMI composite de la France s’est replié à 44,5 en novembre, son plus bas niveau depuis deux mois, après 44,6 en octobre. Un chiffre inférieur à 50 reflète une contraction de l’activité par rapport au mois précédent. Les économistes interrogés par Dow Jones tablaient sur un indice à 45 en novembre.

Dans le détail, l’indice PMI du secteur des services s’est redressé à 45,3 en novembre, son plus haut niveau depuis trois mois, contre 45,2 en octobre. L’indice PMI du secteur manufacturier s’est en revanche replié à 42,6 en novembre, un point bas en 42 mois, après 42,8 en octobre. L’activité s’est fortement repliée en novembre tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services, une tendance attribuée à l’impact du contexte géopolitique et de la forte incertitude économique sur le niveau des nouvelles commandes.

 

Christine Lagarde se veut vigilante

 

Lors d’un discours prononcé au début de la semaine à Berlin, Christine Lagarde a indiqué que la Banque centrale européenne peut se donner le temps d’évaluer l’efficacité de sa lutte contre l’inflation ajoutant que celle-ci n’est pas encore terminée et que les paris basés sur des données à court terme sont erronés. L’inflation a chuté plus que prévu au cours des derniers mois, encourageant les marchés à parier que la prochaine décision de la BCE serait une baisse de taux, qui pourrait intervenir dès avril alors même que des responsables de politique monétaire préviennent qu’elles pourraient prendre davantage de temps.

"Ce n’est pas le moment de crier victoire", a déclaré Christine Lagarde ajoutant que : "Nous devons rester concentrés sur le retour de l’inflation à notre objectif et ne pas tirer de conclusions prématurées d’évolutions à court terme." Les marchés s’attendent désormais à ce que la prochaine décision sur les taux de la BCE soit une baisse, qui aurait lieu en avril ou en juin. L’ensemble des baisses de taux en 2024 dépasserait les 90 points de base. La semaine précédente la présidente de la BCE avait indiqué que les taux d’intérêt pourraient rester stables au cours des deux prochains trimestres.

 

Les précisions du Gouverneur sur la baisse des taux

 

Lors d’une intervention faite à Londres à l’occasion du dîner de la prestigieuse Society of Professional Economists François Villeroy de Galhau a rappelé que le rôle des banques centrales restait de se battre pour la stabilité des prix en se concentrant sur les données effectives, au moins autant que sur les modèles. Il a aussi insisté sur le fait qu’il fallait tirer les leçons de certains excès passés s’agissant de la forward guidance en affirmant : "nous ne pouvons pas totalement nous lier les mains à l’avance avec des règles, et devrions conserver un certain pouvoir discrétionnaire pour faire face à des données ou évènements inattendus".

Le Gouverneur de la Banque de France a confirmé que la BCE allait ramener l’inflation vers 2 % d’ici 2025. À l’appui de cet engagement il a expliqué que l’inflation totale a déjà été ramenée de 10,6 % à 2,9 % en un an, et l’inflation sous-jacente de 5,7 % à 4,2 % en six mois. Ce qui l’a conduit à appeler les économistes et les investisseurs à faire preuve de "patience intelligente". Il a expliqué avec force qu’il "continue de penser que nous devrions et pouvons éviter la récession, en préférant une trajectoire d’atterrissage en douceur." Sans donner de date pour la première baisse des taux, il a mis en exergue un critère clé : "le retour à des perspectives d’inflation compatibles avec notre cible de 2 %, solidement et durablement. Solidement, c’est-à-dire étayées par des données effectives sur l’inflation totale, ainsi que sur l’inflation sous-jacente et les salaires. Durablement, c’est-à-dire prévoyant 2 % suffisamment avant la fin de notre horizon de projection, et incluant une baisse en direction de 2 % des anticipations d’inflation des ménages et des entreprises". Voilà qui est clair, net et précis.

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