Macro-économie / Taux / neutralité carbone / émissions de gaz à effet de serre
Macro-économie / Taux
neutralité carbone / émissions de gaz à effet de serre
Neutralité carbone : le respect de l'Accord de Paris implique de mettre la surmultipliée / Il faudrait que les Etats réduisent sept fois plus vite leurs émissions
Limiter la progression de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels en 2100 paraît bien mal engagé. C’est ce qui ressort d’une étude de PwC (indice Net Zero Economy), qui indique qu’une réduction moyenne de 17,2 % par an des émissions de CO2 liées à l’énergie est nécessaire d’ici à 2030 pour respecter l'Accord de Paris (L’analyse ne tient pas compte des émissions d’autres secteurs comme l’agriculture, la foresterie et autres utilisations des terres ou de tout autre gaz à effet de serre). "Le rythme du changement est sept fois plus rapide que la moyenne annuelle mondiale atteinte en 2022 (2,5 %) et 12 fois plus rapide que la moyenne mondiale (1,4 %) au cours des deux dernières décennies", souligne le cabinet de conseil et d’audit.
L’étude dévoile que tous les États doivent redoubler d’efforts pour réduire leurs émissions afin d’avoir une chance de respecter l’échéance de 2030 fixée par le GIEC. L’analyse de PwC, qui tient compte des augmentations prévues du Produit intérieur brut (PIB) pour en tirer l’intensité de carbone, confirme une nécessaire réduction de 43 % d’ici 2030, soit une diminution de 78 % de l’intensité carbone dans les sept années à venir. A ce jour, aucun des États membres du G20, qui représentent collectivement 85 % des émissions mondiales liées à l’énergie, n’a réussi à réduire de plus de 11 % l’intensité de ses émissions de carbone en un an (CO2/PIB).
"Dans un contexte où l’économie mondiale doit accélérer sa décarbonation, la France figure parmi les bons élèves ! Avec un taux de diminution de son intensité carbone de – 2,69 % par an entre 2000 et 2022, la France dispose d’une économie parmi les plus décarbonées du monde. C’est un réel message d’espoir pour continuer les efforts nécessaires sur les prochaines années ", a déclaré Olivier Muller, associé au sein du département "développement durable et changement climatique" chez PwC France et Maghreb
Rappelons que la France émet 74 tonnes de CO2 par million de dollars de PIB, soit trois fois moins que l’ensemble des pays du monde et 40 % de moins que l’Union européenne. Une performance rendue possible par le très faible poids du charbon dans son mix énergétique (2,5 % soit 10 fois moins que la moyenne mondiale) en raison de la place occupée par le nucléaire pour produire de l’électricité.
Un point positif émerge de l’étude de PwC : la forte augmentation de l’adoption des énergies renouvelables en 2022, "qui laisse espérer une transition accélérée et guidée par le marché". L’énergie solaire a connu sa plus forte croissance jamais enregistrée (+ 24,4 %) et l’énergie éolienne a progressé de 13,1 %, indique PwC.
Dans le détail, la croissance significative des énergies renouvelables est principalement concentrée en Asie (en particulier en Chine), aux États-Unis et en Europe. "Cette évolution rapide devrait se refléter dans des transitions plus larges du secteur économique et des infrastructures, et s’accompagner d’un soutien accru aux pays en voie de développement", avance le cabinet de conseil.
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