Macro-économie / Taux / neutralité carbone / AMF / gaz à effet de serre / dioxyde de carbon / émissions séquestrées / émissions évitées / marché volontaire
Macro-économie / Taux
neutralité carbone / AMF / gaz à effet de serre / dioxyde de carbon / émissions séquestrées / émissions évitées / marché volontaire
La meilleure manière de réduire le CO2 est de le séquestrer
L’urgence de la question climatique est devenue omniprésente dans les stratégies des entreprises. De plus en plus d’entre elles visent la neutralité carbone d’ici 2050. C'est pourquoi l'Autorité des marchés financiers (AMF) vient de publier, pour la première fois, les conclusions de sa Commission Climat et finance durable (CCFD) en la matière.
La neutralité carbone est un objectif collectif et équivaut à un résultat d’émissions nettes nulles, d'après la définition donnée par l'AMF dans son rapport. Pour l’atteindre, les entreprises disposent de plusieurs leviers d’actions, comme la réduction en valeur absolue de son empreinte carbone sur toute sa chaîne de valeur et la contribution à la séquestration et au stockage de dioxyde carbone. D’un côté, il s’agit de réduire drastiquement les émissions de dioxyde de carbone sur l’ensemble de leur chaîne de valeur (scope 1, 2 et 3) et de l’autre à réduire le dioxyde de carbone se trouvant dans l’atmosphère. Il existe également une autre manière de participer à cet objectif collectif, en aidant les autres acteurs à réduire leurs émissions de carbone. Cette participation peut également prendre la forme d’une "compensation carbone".
Pour une bonne stratégie de décarbonation, les entreprises doivent en priorité fixer leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) à un horizon inférieur à 2050, suggère l'AMF. Les objectifs doivent s’aligner sur les connaissances scientifiques les plus récentes et se conformer à l’Accord de Paris. Les compagnies doivent également être capables de mesurer et de rendre compte des résultats sur chaque effort fourni. Pour ces mesures, il est important de se baser sur un scénario de référence. Le choix de ce scénario doit être pertinent. En effet, certaines entreprises pourraient être tentées d'en choisir un qui leur permettrait de démontrer une réduction de leurs émissions, sans qu'elles fournissent de vrai effort. Il existe donc un risque de greenwashing - risque qui concerne au premier chef l'AMF, puisque les entreprises cotées ont désormais des obligations de communication en termes de critères ESG.
Pour stocker ou séquestrer le carbone, il existe deux types de solutions : les naturelles et les technologiques, résume l'AMF. La plus simple, parmi les solutions naturelles, réside dans la végétation et principalement l'arbre, une autre est le piégeage du carbone dans le sol. Avec les nouvelles technologies, il est possible de capter et valoriser le CO2 dans la production de produits chimiques, énergétiques ou de matériaux. Il existe également des technologies de captage et de stockage du CO2. Ces deux types de solution posent le problème de la pérennité et de la durée du stockage.
Les entreprises, qui souhaiteraient participer de manière plus large à la neutralité carbone, peuvent aider d'autres acteurs à réduire leurs émissions. Cette aide prend alors la forme d'une "compensation de carbone". Celle-ci ne constitue en aucun cas un "droit à émettre". Au contraire, il rend compte du financement volontaire de projets de séquestration ou de réduction d’émissions de GES hors de la chaîne de valeur de l’entreprise. Cette compensation s’organise de plus en plus à travers des marchés volontaires du carbone. Ceux-ci permettent d’échanger de manière volontaire des crédits carbone. Selon les estimations, le marché dit "volontaire", encore marginal, est actuellement valorisé à 800 millions de dollars ; mais il pourrait atteindre 50 milliards en 2030. C'est pourquoi il est important de pouvoir garantir l’intégrité de ces démarches. Quelques critères en ce sens peuvent être pris en compte en s’assurant que les projets financés ne portent pas significativement atteintes à d’autres facteurs environnementaux ou sociaux. Les projets doivent être en capacité de mesurer les émissions séquestrées et évitées. Un bon outil pour encadrer les projets est la certification externe, qui a recours à des normes solides, comme Gold Standard, VCS, Label Bas Carbone.
Pour décarboner la planète, certains référentiels préconisent de privilégier la séquestration du CO2, dans la mesure où seule la séquestration permet une réelle réduction de la quantité de dioxyde de carbone présente dans l’atmosphère.
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