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Les entreprises européennes ne font pas encore assez pour le climat
Les entreprises européennes se verdissent, mais pas assez. Tel est le principal message d'un rapport publié ce matin par Oliver Wyman et CDP, une ONG qui incite les entreprises et les gouvernements à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et à œuvrer pour la planète. Selon cette étude, 882 sociétés européennes cotées ont déclaré 59 milliards d'euros de nouveaux investissements et 65 milliards d'euros de nouvelles dépenses en R&D bas carbone l'an dernier. À noter que les entreprises interrogées sont aussi celles qui sont à l'origine de la majorité des émissions du Vieux Continent, puisqu'elles génèrent environ trois quarts du total émis par l'UE. Ces dernières représentent par ailleurs 76% de l'intégralité de la capitalisation boursière européenne.
Au total, les entreprises européennes ont donc déclaré 124 milliards d'euros de nouveaux investissements bas carbone l'an denier, et notamment dans les technologies liées aux véhicules électriques, dans les énergies renouvelables (pour 43 milliards), les infrastructures de réseaux énergétiques (15 milliards) et les programmes de maîtrise de la demande pour l'énergie intelligente (8 milliards). Ces investissements devraient permettre aux entreprises de se passer de 2,4 gigatonnes d'émissions -soit plus que les émissions annuelles du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de la Pologne réunis- tout en poussant leurs résultats à la hausse, à hauteur de 40 milliards d'euros. Les entreprises européennes identifient également 1.220 milliards d'euros en nouvelles opportunités commerciales bas carbone, notamment grâce à une demande accrue pour les véhicules électriques et les infrastructures vertes. Sachant que la valeur de ces opportunités représente plus de six fois leur coût d'investissement de 192 milliards d'euros.
Malgré ce constat encourageant pour la décarbonisation du Vieux Continent, les entreprises devront faire beaucoup plus pour atteindre les objectifs de Paris et ceux fixés par la nouvelle Commission européenne et son Green deal. Selon les auteurs du rapport, les sociétés devront ainsi doubler la part de leurs dépenses d'investissement en capital, de 12% à 25% par an. "Les niveaux d'investissement actuels globaux sont encore loin de mettre les entreprises européennes sur la bonne voie pour atteindre 'zéro émissions nettes'", explique ainsi Steven Tebbe, directeur général de CDP Europe. "Pour les industries où la décarbonisation est le plus difficile, il y a un besoin pressant de la part des marchés financiers et des décideurs politiques de créer de meilleures conditions pour les investissements bas carbone et d'offrir des incitations plus fortes afin de stimuler l'investissement dans les technologies de rupture, où les dépenses d'investissement sont souvent élevées et les bénéfices ne sont mesurables qu'à long terme", poursuit l'expert. Parmi les entreprises dont la décarbonisation est plus compliquée, figurent en particulier celles du secteur des matériaux, très émettrices en carbone : ces industries (ciment, chimie, sidérurgie et secteur minier...) n'ont déclaré que 5% de tous les investissements bas carbone pour 2019, alors qu'elles représentent près de 40% des émissions directes. Autant de secteurs où il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre la neutralité climatique d'ici 2050.
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