ESG / ESG / GES / gaz à effet de serre / CACarbone / CAC 40
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ESG / GES / gaz à effet de serre / CACarbone / CAC 40
Le CAC 40 vend plus pour un même montant d’émissions / Même à l'aide d'indicateurs chiffrés, les comparaisons restent périlleuses
Le CAC 40 se décarbone plus rapidement que la France. Ou, du moins, parvient à faire grimper la hausse de ses revenus plus que proportionnellement à celle de ses émissions de gaz à effet de serre (Ges). D’après une étude menée conjointement par L’Usine à Ges et l’EM Lyon, la trajectoire de progression du chiffre d’affaires (rapportée aux émissions de Ges) de l’indice phare de la Bourse de Paris s’est améliorée de 79 % entre 2017 et 2021. Soit près de 16 % par année. Autrement dit, sur la période, le CAC 40 a généré 79 % de ventes en plus par million de tonnes de Ges émises. Cette méthode de calcul "CACarbone" appliquée à l’Hexagone fait ressortir une progression, cette fois calculée par rapport au Produit intérieur brut (PIB), de 20 % sur cinq années (donc + 4 % par an).
Une bonne nouvelle donc, quant à la capacité du CAC 40 à vendre davantage pour un même montant de Ges émis, qui se fait particulièrement valoir dans trois secteurs : l’industrie, l’énergie et les services. Mais qui reflète également la limite de la mesure, puisque les "performances des entreprises restent trop souvent tributaires de l’évolution du périmètre, de leur chiffre d’affaires et de la prise en compte ou du non du Scope 3 [émissions indirectes liées à l’ensemble de la chaîne de valeur, ndlr] dans leur reporting", expliquent les auteurs de l’étude. Les secteurs les plus émetteurs comme "l’industrie et l’énergie comptent [ainsi] parmi les plus performants, talonnant les services, activité peu carbonée s’il en est", poursuit le rapport.
De fait, l’industrie française qui pèse à hauteur de 32,5 % des émissions du CAC 40, a vu son CACarbone s’apprécier de 102 % sur un an et l’énergie (7,7 % du bilan carbone de l’indice) de 84 %. Les services (7,7 % des émissions également) font, quant à eux, un bond de 211 % dans l’amélioration de leur score CACarbone.
Un volontarisme motivé par l’Europe
En ce qui concerne l’industrie et l’énergie, la progression peut surprendre. Tout d’abord parce que le premier est le plus polluant de l’indice. Le second est, quant à lui, souvent attaqué pour son rôle insuffisament joué dans la transition énergétique. Le fait est que leurs émissions sont régulées par le système d’échanges de quotas d’émission européen, ce qui "explique sans doute une partie de l’apparent volontarisme sectoriel de l’énergie et de l’industrie", nuance l’étude.
Et, ce, même si certaines de ces entreprises n’hésitent pas à prendre les devants en matière de décarbonation. A l’instar d’Engie, par exemple, dont les cessions d’actifs carbonés lui ont permis de faire progresser son CACarbone de 129 % en cinq ans et qui prend aussi des initiatives visant à dépolluer sa chaîne de valeur. Les secteurs bons élèves peuvent aussi voir leurs performances tirées par les évolutions d’une seule de leur composante. Du côté de l’industrie, Dassault Systèmes a vu son score CACarbone décoller de 1 122 % entre 2017 et 2021. Tandis que dans le milieu des services, Capgemini voyait son indice grimper de 1 076 % sur la période. Mais "une augmentation de ce facteur [CACarbone] peut refléter un accroissement du chiffre d’affaires et un effort accru d’abattement des émissions de gaz à effet de serre ou une augmentation du chiffre d’affaires avec une stabilisation des émissions de Ges", rappelle le rapport.
Il reste, enfin, qu’en termes de comparaison intersectorielle, tous les pans d’activité du CAC 40 ne sont pas logés à la même enseigne. Les banques, par exemple, ne sont pas tenues de calculer les émissions liées à leur Scope 3. La réduction des émissions de Ges de près de 13 % de TotalEnergies depuis 2017 peut donc être appréciée différemment de la réduction - allant jusqu’au double - des émissions de Ges des plus grandes banques françaises sur la même période.
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