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La reprise tout sauf durable de l’économie mondiale
La crise pandémique a conduit les États du monde entier à déployer des moyens budgétaires pléthoriques pour sauver leurs économies puis les relancer lorsque le pire était passé. Selon les dernières estimations du Fonds monétaire international, 16 000 milliards de dollars ont été injectés par les puissances publiques de la planète depuis le début de la crise (au deuxième trimestre 2021). Ces liquidités constitueront l'un des carburants essentiels de la reprise. Oui mais voilà, "nous estimons que la mise en place intégrale et rapide des mesures de relance annoncées jusqu'ici (par les différents gouvernements) devrait porter les émissions de dioxyde de carbone (CO2) à un niveau record en 2023, une hausse qui se poursuivra ensuite", explique un rapport que vient de publier l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
L’AIE avance que "seulement" 2,4 % des montants engagés par les États depuis le début de la crise - 380 milliards de dollars - sont consacrés à des mesures de relance durable liées à l'énergie propre. L’agence basée à Paris estime qu'environ deux tiers des 380 milliards de dollars seront déployés d'ici 2023, soit une moyenne annuelle de 84 milliards de dollars de dépenses publiques consacrées aux énergies propres, or malgré une progression d'environ 30 % par rapport à leur moyenne entre 2016 et 2020, ces investissements représentent le tiers de ce qu’il faudrait mettre sur la table afin d’évoluer sur une trajectoire de neutralité carbone à l'horizon 2050.
Les puissances publiques "doivent aller encore plus loin et davantage ouvrir la voie des investissements dans les énergies propres et leur déploiement au-delà de la période de reprise (post-pandémie) afin de remettre le monde sur la voie de zéro émission nette à l'horizon 2050, une voie certes étroite mais encore atteignable, sous réserve que nous agissions maintenant", plaide Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE. À noter que les économies avancées ont atteint près de 60 % du total des dépenses publiques et privées suggérées pour ces régions dans le cadre d'un plan de relance durable défendu par l'AIE tandis que les économies émergentes et en développement restent à 20 % de leurs niveaux cibles.
À l'été 2020, le plan d'investissements que l'AIE avait présenté avait pour objectif de mettre le monde sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, en réduisant les émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre liées à l'énergie de 3,5 milliards de tonnes au total d'ici à 2023. Loin d'être incompatible avec la croissance, il aurait augmenté celle de l'économie mondiale de 1,1 point de pourcentage par an en moyenne, ce qui se serait traduit par un PIB mondial supérieur de 3,5 % en 2023 à ce qu'il aurait été sans les mesures recommandées dans ce plan, avance l'AIE. En conséquence de quoi, 9 millions d'emplois auraient été sauvés ou créés au cours de la période 2021-2023, juge l'agence.
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