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L’émission qui pourrait relancer les grands LBO en Europe
C’est l’émission obligataire qui agite tout le microcosme européen en ce moment. Selon Reuters, la division ascenseurs de Thyssenkrupp, qui a fait l’objet d’un LBO record de 17,2 milliards d’euros de la part d’Advent, Cinven et de la fondation allemande RAG fin février – soit juste avant l’éclatement de la crise du coronavirus – s’apprête à entrer sur les marchés pour une émission high yield de plusieurs milliards d’euros. Et ce, car le montage financier bancaire de 7 milliards de dette, est tombé à l’eau en raison de la crise.
Le segment du non investment grade a lui aussi profité des liquidités historiques déversées par les banques centrales, même si elles n’ont pas procédé à des achats en direct. Ainsi selon l’indice ICE Bank of America, le spread du high yield européen est retombé à 6,28% ce jeudi, soit à peine 20 points de base au-dessus de son niveau de fin février, avant la propagation de la pandémie. Pour rappel, la crise du coronavirus avait provoqué un effondrement des marchés et la fuite des actifs risqués, ce qui avait fait grimper ce spread high yield à plus de 11% le 23 mars dernier. L’incertitude face à la crise sanitaire avait d’ailleurs gelé toute transaction obligataire high yield pendant plusieurs semaines. Et depuis, l’activité reste encore bien inférieure à ce qu’elle était en début d’année.
Pourtant, les investisseurs toujours très euphoriques misent sur une extension du programme de rachats de la BCE au high yield, à l’image de ce que fait la Fed, ce qui a fait bondir les flux entrants des fonds high yield européens ces dernières semaines. En outre, un rapport récent de Goldman Sachs et BlackRock anticipe une augmentation du nombre d’émissions, jugeant que les corporates high yield vont davantage se tourner vers le marché obligataire, plus robuste que les prêts bancaires à l’heure actuelle. D’autant que les émissions de CLO, ces produits titrisés qui servent à refinancer les prêts à effet de levier, sont eux aussi au plus bas. Enfin, la hausse en vue du nombre d’"anges déchus", ces entreprises déclassés de la catégorie investissement vers le high yield en raison de la crise, devrait contribuer à l’essor du high yield dans les prochains mois.
En tout état de cause, si l’émission arrive à être placée et à un pricing raisonnable – les corporates peu affectés par le Covid arrivent à avoir des rendements autour de 6 à 7% en ce moment – elle relancera le marché européen high yield, mais aussi les LBO européens de grande envergure. Ces opérations ont subi un coup d’arrêt en plein cœur de la crise mais, après avoir soutenu leur portefeuille, les fonds de private equity devraient chercher de belles opportunités, surtout avec les montants record de "poudre sèche" (argent en attente d'investissement) à leur disposition. Les fonds américains ont eux dégainé bien plus vite : selon Refinitiv, les dix fonds les plus actifs depuis début mars, essentiellement les grands mastodontes américains que sont KKR, Blackstone, Warburg Pincus etc, ont investi plus de 40 milliards de dollars sur cette période, soit plus du tiers du volume mondial des deals au dernier trimestre 2019.
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