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Record historique pour l'obligataire début avril

Selon l’Afme, les entreprises européennes ont emprunté plus de 50 milliards d’euros sur la première semaine d’avril, un record historique. Le marché high yield européen a été rouvert jeudi dernier et la demande existe pour ces émetteurs, mais à un prix élevé.
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Les marchés européens, qui ont connu les montagnes russes ces dernières semaines, montrent néanmoins leur résistance. "Au global, si les prix et les spreads ont largement varié, les marchés de capitaux européens ont continué de bien fonctionner après l’éclatement du Covid-19", indique Julio Suarez, directeur de la recherche de l’AFME (Association for Financial Markets in Europe), dans une note publiée ce matin. Cela est plus particulièrement vrai du marché obligataire, où les émissions investment grade ont dépassé la barre des 50 milliards d’euros sur la première semaine d’avril (à 56 milliards d'euros), soit un record hebdomadaire jamais atteint, selon l’association. Plus généralement, les entreprises européennes ont levé un total de 110 milliards d’euros entre début mars et mi-avril, soit une hausse de 131 % sur un an. La hausse est même encore plus spectaculaire aux États-Unis, où les émissions ont bondi de 226 % à 231,7 milliards d’euros.

Le marché obligataire de catégorie investissement a été porté par les programmes d’achat des banques centrales, en particulier celui de 750 milliards d’euros annoncé par la BCE en Europe. Mais au cœur de la crise, le high yield a été boudé par les investisseurs en quête de valeurs refuge : les émissions dites "junk" ont chuté brutalement de 93 % à 701 millions d’euros entre début mars et mi-avril. Conséquence directe, le rendement moyen avait grimpé en flèche, de 2,73 % fin février à 8,87 % à son plus haut, le 23 mars dernier, selon l’indice iShares iBoxx high yield de Markit, avant de reprendre des couleurs, grâce aux annonces des banques centrales.

Si bien qu’après près de deux mois d’arrêt brutal, le groupe suédois Verisure, en LBO avec Hellman & Friedman, a rouvert le marché européen high yield jeudi dernier : noté B, soit cinq crans en dessous de la catégorie investissement, il a levé 200 millions d’euros, soit 50 millions de plus que prévu grâce à la forte demande et à un spread de 5 points par rapport au taux de référence. C’est certes bien plus élevé que le taux de 3,5 % qu’il avait payé lors de son dernier appel aux investisseurs, mais la demande est là. Et selon les spécialistes de marché, les liquidités sont disponibles pour davantage d’émissions de ce type, surtout en Europe où le spread est inférieur à 6 points (5,7 % ce matin selon l’indice iShares iBoxx de Markit), contre environ 8 points aux États-Unis.

Cela est lié au fait que le marché européen est moins liquide et profond, et donc moins sensible aux chocs systémiques du type Covid-19, mais aussi moins dépendant d’émetteurs cycliques comme l’énergie. Outre-Atlantique pourtant, le marché est rouvert depuis début avril, grâce aux promesses d’intervention de la Fed, et pas moins de 20 entreprises high yield ont levé un total de 13 milliards de dollars, selon les données de Refinitiv. En Europe, ce désert d’émissions en Europe a une autre explication : le rôle joué par les banques commerciales, qui n’hésitent pas à offrir des crédits à des entreprises mal notées, pour avoir les liquidités suffisantes face à la crise. En France, Faurecia (noté BB+) vient ainsi de contracter 800 millions d’euros de prêts bancaires la semaine passée. Les émetteurs high yield, qui ont profité d’un marché regorgeant de liquidités ces dernières années, devraient donc patienter un maximum avant de lever de l’argent disponible certes, mais encore très cher.

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