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Le nouveau modèle hybride de Wendel s’affine / Mais le dividende ne fait pas tout
Presque un an après l’arrivée de Laurent Mignon à sa tête, la journée investisseurs organisée mardi par Wendel était l’occasion pour la société d’investissement de préciser plus avant sa nouvelle stratégie hybride. Aux investissements réalisés sur son propre bilan, Wendel va très bientôt ajouter la gestion pour compte de tiers. Ce pourquoi la holding familiale est justement entrée fin octobre en négociations exclusives en vue de prendre le contrôle de la firme de private equity IK Partners, l’opération devant marquer son entrée dans ce qui constitue pour elle un nouveau métier.
Ce qui va sans dire va mieux en le disant. Derrière cet objectif de "bâtir un modèle d’affaires dual fondé sur capital permanent et gestion d’actifs privés", l’ambition est de "générer un retour aux actionnaires attractif et récurrent", a annoncé mardi Wendel. Il faut bien comprendre que la finalité profonde de la naissance chez Wendel de l’activité de gestion pour compte de tiers est l’augmentation de la rémunération des actionnaires, au premier rang desquels figurent logiquement les actionnaires familiaux, réunis au sein de la société Wendel-Participations qui détient 39,6 % du capital de Wendel.
TRI de 15 % pour les nouveaux investissements
Si ne jamais faire baisser son montant absolu restera la règle, la politique de dividende est donc revue en hausse. Au lieu d’un dividende fixé autour de 2 %, en moyenne, de l’actif net réévalué (ANR), Wendel vise dorénavant 2,5 % de l’ANR à partir de 2024, pour progressivement monter à 3,5 % de l’ANR à moyen terme. Et ce de deux façons. L’ANR étant l’indicateur privilégié de la qualité du portefeuille de participations, il renvoie au métier historique du groupe d’investissement dans des entreprises. Dans ce domaine, l’objectif est désormais d’atteindre un taux de rentabilité interne (TRI) supérieur à 10 % et de 15 % pour les nouveaux investissements, grâce à la politique plus dynamique impulsée par Laurent Mignon lors de son arrivée. S’appuyant sur deux milliards d’euros d’investissement en 24 mois, celle-ci a notamment débouché en début d’année sur la reprise du groupe de conseil en ingénierie Scalian.
Ce faisant, Wendel compte retourner aux actionnaires environ 20 % par an de la création de valeur attendue sur le long terme de l’activité d’investissement. "C’est le premier pilier" de la nouvelle politique de retour aux actionnaires, a souligné Laurent Mignon à l’occasion du Capital Markets Day du groupe. Un engagement très nouveau visant à lisser les flux en provenance de cette activité au caractère très aléatoire par définition. Entre le moment où Wendel investit dans une entreprise et celui où le groupe récupère ses mises et ses plus-values, il peut s’écouler un temps indéterminé. "Il n’y a pas d’horizon temporel", a d’ailleurs rappelé le dirigeant.
150 millions d’euros de commissions
Le deuxième grand pilier est donc lui constitué de la nouvelle activité de gestion d’actifs. En l’espèce, "nous pouvons créer de la valeur à long terme par la création d’une plateforme de gestion d’actifs de taille critique qui s’appuie sur une expertise reconnue", celle d’IK Partners dont le rachat devrait se conclure dans les prochaines semaines, a poursuivi le président du directoire de Wendel. Dans ce nouveau métier, le groupe vise 150 millions d’euros de commissions récurrente ou "fee related earnings" (FRE) d’ici à 2027, dont la majeure partie sera redistribuée aux actionnaires.
Ce discours recevait mardi un accueil positif en Bourse, où l’action Wendel gagnait 1,8 % à 80,8 euros dans l’après-midi. Sans convaincre tout le monde cependant. Car, certes, au regard de l’actionnariat familial du groupe, le nouveau modèle de Wendel mixant un bilan de grande taille consacré aux investissements pour faire progresser l’ANR, et un métier de gestion d’actifs pour compte de tiers servant de moteur de dividende, peut être jugé "pertinent", observe le cabinet Oddo BHF. En Bourse en revanche, ses analystes sont "sceptiques sur le potentiel de valorisation à long terme de ce modèle", qui risque même, selon eux, de se retrouver "chroniquement sous-valorisé". La faute à une plus grande complexité et à des métiers de bilan traditionnellement très décotés. Raison pour laquelle le concurrent Eurazeo a d’ailleurs récemment opéré un virage très radical vers la gestion pour compte de tiers.
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