Macro-économie / Taux / Emmanuel Moulin / Matignon / Direction générale du Trésor
Macro-économie / Taux
Emmanuel Moulin / Matignon / Direction générale du Trésor
Emmanuel Moulin fait son entrée à Matignon / Un "Monsieur crises économiques" pour épauler Gabriel Attal
Le Premier ministre Gabriel Attal pourra compter sur un homme rompu aux chocs économiques et financiers pour l’aider dans sa tâche. C’est Emmanuel Moulin, directeur général du Trésor, qui a été désigné pour devenir directeur de cabinet du nouveau locataire de Matignon. "C’est un très bon choix, qui est aussi un signe sur la volonté de tenir les objectifs en matière de finances publiques", confie-t-on à WanSquare, dans l’entourage de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, dont il est réputé très proche. "Emmanuel Moulin a été comme directeur de mon cabinet et comme directeur général du Trésor un collaborateur exceptionnel et un ami fidèle. Il a un grand sens de l’Etat, une capacité de travail inépuisable, une maîtrise totale des sujets techniques. Il sait simplifier les problèmes les plus complexes. Et il a une bonne dose de recul et d’humour ! Je lui souhaite le meilleur dans ses nouvelles fonctions", a d'ailleurs réagi Bruno Le Maire.
Âgé de 55 ans, Emmanuel Moulin est diplômé de Sciences-Po Paris, de l’Essec et de l’Université Paris II. Il a également fréquenté les bancs de l’École nationale d’administration (ENA, promotion Victor Schœlcher) où il a pu croiser Delphine d’Amarzit, directrice générale d’Euronext Paris et membre du directoire d’Euronext, Astrid Milsan, secrétaire générale par intérim de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et ex-numéro deux de l’Agence des participations de l’État, Emmanuel Goldstein, directeur général de Morgan Stanley France, Laurent Solly, directeur général de Facebook France ou encore Sophie Boissard, directrice générale de Korian.
Au sortir de l’ENA, il rejoint la direction générale du Trésor comme adjoint au bureau "Transports", puis au bureau "Trésorerie et politique monétaire". Par la suite, il est nommé administrateur suppléant de la Banque mondiale à Washington avant de devenir Secrétaire général du Club de Paris de 2003 à 2005. Au sein de cette instance informelle composée de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés, il planchera sur un moratoire concernant le remboursement des dettes publiques des pays d’Asie du Sud, ces derniers ayant subi des tsunamis.
C’est en 2006 qu’Emmanuel Moulin fera sa première incursion dans le secteur privé en devenant banquier senior chez Citigroup, en charge du secteur public pour la France et la Belgique.
Un an plus tard, il est nommé directeur adjoint de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie où il s’occupe des dossiers macro-économiques, des dossiers financiers et des affaires européennes et internationales. Il s’agira d’une période au cours de laquelle il est très sollicité à Bercy, à cause notamment des difficultés connues par la banque franco-belge Dexia peu avant le déclenchement de la crise financière mondiale.
Puis, Nicolas Sarkozy, alors président de la République en fera son conseiller économique : le père de quatre enfants se trouvera cette fois-ci aux prises avec la crise des dettes souveraines de la zone euro.
Après trois ans au Château, Emmanuel Moulin signe son retour dans le monde de l’entreprise en intégrant le groupe Eurotunnel en tant que directeur général adjoint chargé du service corporate, puis directeur général délégué à compter de 2014. Treize mois plus tard, il sera nommé directeur général de la banque d’affaires italienne Mediobanca.
Il reviendra à Bercy à la suite de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République en mai 2017, en devenant directeur de cabinet de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance.
Là encore, Emmanuel Moulin connaît des temps économiques plutôt agités, la crise pandémique ayant conduit la puissance publique à mobiliser plusieurs centaines de milliards d’euros à travers pléthore d’instruments en vue de limiter le plongeon de l’économie française. "Il a eu une action décisive lors cette crise", se souvient-on du côté de Bercy. Le quotidien de l’énarque se trouvera jalonné par le calibrage et l’application du "quoi qu’il en coûte" à coups, entre autres, de Prêts garantis par l’État (PGE), subventions d’exploitation (fonds de solidarité) et autres reports de charges fiscales et sociales.
Sa route se poursuivra à Bercy où il prendra la tête de la direction générale du Trésor à l’automne 2020, devenant ce que d’aucuns présentent comme le haut fonctionnaire le plus influent du ministère de l’Économie et des Finances. Ces derniers mois, une de ses missions phares aura été de défendre la position de la France auprès de ses partenaires européens dans le cadre de la réforme des règles budgétaires du Vieux continent.
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