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Axa gère son capital d’une manière de plus en plus « audacieuse » / Un nouveau plan stratégique sous forme d’évolution

Axa emporte l’adhésion du marché avec son nouveau plan stratégique triennal. Fort de la transformation réussie de son modèle au cours des dernières années, la nouvelle feuille de route fixe des objectifs financiers plus ambitieux que pour la précédente, permettant d’accélérer encore la politique de distribution du capital aux actionnaires. L’assureur compte leur verser les trois quarts de son résultat opérationnel par action au cours des trois prochaines années.
Thomas Buberl, le directeur général d'Axa - Photo by Eric PIERMONT / AFP
Thomas Buberl, le directeur général d'Axa - Photo by Eric PIERMONT / AFP

Il a pour nom "Unlock the Future". Le nouveau plan stratégique d’Axa "n’est pas une révolution, c’est une évolution ambitieuse", a bien spécifié Frédéric de Courtois, le directeur général adjoint, à l’occasion de la présentation jeudi de la nouvelle feuille de route de l’assureur. Que l’on se rassure, le groupe n’a pas l’intention de changer de fond en comble une façon de faire qui lui réussit.

Axa est arrivé au terme de sa précédente feuille de route, "Driving Progress 2023", lancée en 2021, en ayant atteint, voire dépassé, tous les objectifs qu’il s’était assignés. Sur la période, l’assureur a généré une croissance moyenne de 9 % de son résultat opérationnel par action, fait remonter 16,4 milliards d’euros de trésorerie cumulée, et atteint une rentabilité opérationnelle de ses capitaux propres de 14,9 %. En rappelant qu’à l’origine, "Driving Progress" visait une croissance de 3 à 7 % par an du résultat opérationnel par action, une remontée de trésorerie cumulée de plus de 14 milliards d’euros, et une rentabilité opérationnelle des capitaux propres comprise entre 13 à 15 %.

"Le monde est très incertain et va certainement le rester. Malgré cet environnement, Axa a réalisé cette année encore d’excellentes résultats qui prouvent que notre transformation a réussi ", a ainsi rappelé pour sa part, Thomas Buberl, le directeur général d’Axa. Une transformation initiée au sortir de la crise financière de 2008 par le patron d’alors, Henri de Castries, poursuivie et amplifiée par Thomas Buberl à partir de son arrivée en 2016.

 

Transformation réussie

 

D’un modèle économique centré à l’époque sur l’assurance-vie et la gestion d’actifs, Axa a depuis totalement rééquilibré son profil en faveur des risques dits "techniques", soit l’assurance dommage, santé et la prévoyance. Mouvement illustré par les deux énormes opérations réalisées en 2018 : la mise en bourse de la filiale d’assurances-vie et de gestion d’actifs aux Etats-Unis, et l’acquisition du groupe XL pour plus de 12 milliards d’euros, qui a fait d’Axa le numéro un mondial de l’assurance dommages des entreprises. Ce repositionnement métier s’est accompagné d’une simplification de l’empreinte géographique sur les pays phares qu’est – dans l’ordre d’importance du résultat opérationnel - la France, la Suisse, la Belgique, l’Allemagne, et le Royaume-Uni, auxquels s’ajoutent aussi l’Italie et l’Espagne.

"Pourquoi est-ce réussi ? Parce que nos primes brutes sont en hausse de 3 %, et figurent aujourd’hui à 103 milliards d’euros ", soit "certainement l’illustration de la bonne dynamique de nos lignes de métiers principaux", a souligné le dirigeant. Et cette croissance est rentable. En base comparable, le résultat opérationnel a progressé de 6 % l’an passé, à 7,6 milliards d’euros, porté essentiellement par les performances de l’assurance dommages, qui ont compensé une baisse de revenus dans l’assurance-vie et santé, ainsi que dans la gestion d’actifs. Et le résultat opérationnel par action du dernier exercice a atteint 3,31 euros, en hausse de 8 %, soit bien au-dessus de la fourchette cible du plan "Driving Progress". Et ce avec un bilan extrêmement solide : le ratio de Solvabilité II s’établissait à 227 % fin 2023, en hausse de 12 points de pourcentage sur un an. Un niveau meilleur qu’attendu, particulièrement "utile " au tout début du nouveau cycle stratégique, notent les analystes d’UBS.

"Unlock the Future", la nouvelle feuille de route élaborée pour la période de 2024 à 2026 compte aller plus loin sur la même voie. "C’est un plan d’investissement dans notre cœur de métier, l’assurance et la gestion d’actifs, dans les pays où nous sommes déjà présents", a expliqué Frédéric de Courtois. Une approche simple, que Thomas Buberl a résumé par "faire mieux et plus", devant permettre de générer des performances encore plus élevées.

 

Un résultat distribué à 75 %

 

Pour la période de 2024 à 2026, la croissance annuelle du résultat opérationnel par action est visée entre 6 % et 8 %, et la rentabilité des capitaux propres entre 14 % et 16 %, tandis qu’Axa a significativement relevé son objectif de remontée de trésorerie cumulée, qui passe de 16 milliards d’euros entre 2021 et 2023 à plus de 21 milliards sur la période du nouveau plan.

Ce qui va permettre de faire franchir un nouveau stade à la politique de distribution aux actionnaires, déjà généreuse. Le groupe annonce un dividende relevé de 16 % à 1,98 euro par action au titre de 2023, procurant un rendement de plus de 6 %, et le lancement d’un programme de rachat d’actions d’un montant de 1,6 milliard d’euros. Il est prévu désormais de distribuer 75 % du résultat opérationnel par action chaque année, dont 60 % via des dividendes et 15 % via des rachats d’actions, tandis que chaque année, le dividende par action devrait être au moins égal au niveau de l’exercice précédent. Avec une précision importante, le paiement du dividende et l’exécution des rachats d’actions seront prioritaires sur toute opération de fusions-acquisitions.

Soit une politique de gestion du capital "audacieuse", note le cabinet de recherche indépendant AlphaValue, les analystes d’UBS notant pour leur part que cela devrait aboutir à la distribution aux actionnaires d’environ 25 % de la capitalisation boursière du groupe sur la durée du plan. Et cela plaît au marché : l’action Axa gagne jeudi plus de 3 %, à 32,25 euros, parmi les plus fortes hausses du CAC 40. Même si le recours aux rachats d’actions, qui entraînent une destruction de fonds propres, est toujours discutable par principe s’agissant d’entreprises financières dont le modèle repose justement sur les fonds propres.

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