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JCDecaux / Bourse / résultats annuels / dividendes
JCDecaux est définitivement bien réconcilié avec les bénéfices / Mais toujours pas de dividendes pour les actionnaires
Que vaut-il à JCDecaux d’être chahuté à la Bourse de Paris ? Le spécialiste de la communication extérieure a figuré parmi les plus fortes baisses du SBF 120 dès l’ouverture de la séance de jeudi, après avoir publié ses résultats annuels ce matin. Le titre a perdu jusqu’à plus de 11 % pendant l’après-midi et s’est adjugé en recul de 9,14 %, par rapport à la veille, à la clôture du marché parisien.
Pourtant, rien à signaler. Le chiffre d’affaires ajusté du groupe codirigé par Jean-François et Jean-Charles Decaux a augmenté de 7,6 % sur un an pour atteindre 3,57 milliards d’euros au titre de l’exercice 2023. Une progression portée par "le digital, la croissance continue du mobilier urbain et la solide reprise du transport", s’est félicité le président du directoire et codirecteur général de l’entreprise Jean-François Decaux.
Les aéroports en renfort
De fait, les facturations digitales se sont appréciées de près de 21 % l’année passée et ont atteint un niveau record de 35,3 % du chiffre d’affaires. De quoi soutenir, notamment, les activités de Mobilier Urbain et d’Affichage de JCDecaux. Surtout, la reprise du trafic passager dans les aéroports mondiaux (qui a d’ailleurs retrouvé sa forme pré-pandémique, à l’exception du trafic international en Chine) a fait bondir la division Transport de l’entreprise. Elle a crû de 14,6 % sur un an, pour atteindre 1,2 milliard d’euros.
Du côté de la marge opérationnelle ajustée, même constat. Elle a progressé de 60,2 millions d’euros sur un an et s’est fixée à 663,1 millions d’euros. Représentant désormais 18,6 % du chiffre d’affaires, la marge a ainsi réalisé une croissance de 40 points de base en 2023. Le résultat d’exploitation ajusté, avant charges de dépréciation, a progressé de 25,5 % pour atteindre 266,2 millions d’euros. Et alors que l’exercice 2022 avait fait renouer le groupe avec les bénéfices après deux exercices marqués par des difficultés liées au Covid-19, l’année 2023 n’aura fait que conforter JCDecaux dans cette dynamique. Le résultat net, part du groupe, a bondi de près de 60 %, ce qui permet à l’entreprise d’enregistrer 209,2 millions d’euros de bénéfices.
La capacité d’autofinancement au rendez-vous
Enfin, le groupe a atteint une capacité d’autofinancement de 478,5 millions d’euros - soit une hausse près de 20 % sur un an. La dette nette est restée à peu près stable, avec un ratio de levier qui se situe désormais à 1,5 fois. Il s’affiche ainsi en baisse par rapport à 2022 (1,75 fois au titre de l’exercice écoulé).
Au fil de la lecture de la publication, rien ne semble donc justifier la sanction boursière réservée au groupe ce jeudi du point de vue de ses résultats. Mais deux points ont pu crisper les opérateurs de marché. Déjà, les prévisions de croissance organique pour le premier trimestre de 2024, bien que de 9 %, sont ressorties inférieurs aux attentes. Ensuite, pour le quatrième exercice consécutif, JCDecaux ne proposera pas de versement de dividende à la prochaine assemblée générale des actionnaires.
Rester souple
Une manière de préserver la flexibilité financière du groupe, a justifié ce dernier. "Dans un monde de croissance, il y a de nombreuses demandes de consolidation, notamment pour les plus endettés. Pour l’intégralité de nos actionnaires nous souhaitons être protégés afin de pouvoir saisir les opportunités qui pourraient se présenter", avait d’ailleurs souligné Jean-Charles Decaux lors de la dernière assemblée générale des actionnaires du groupe, au mois de mai dernier.
Et une dizaine de jours plus tard, le groupe avait par exemple annoncé avoir signé un accord avec son concurrent américain Clear Channel Outdoor afin de lui racheter ses activités en Espagne et en Italie pour 75 millions d’euros. La finalisation de la transaction en Italie a été effectuée en 2023 et celle en Espagne devrait intervenir cette année après l’obtention des autorisations réglementaires. Mais cette (nouvelle) absence de rémunération pour les actionnaires semble bel et bien avoir déçu. Reste néanmoins à souligner que la famille Decaux, fondatrice de l’entreprise, demeure la principale concernée par la question : elle est le premier actionnaire de l’entreprise, à plus de 65 %, au travers de sa holding.
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