Publications, Résultats / Gaumont / Nicolas Seydoux / Cinéma / résultats annuels
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Gaumont / Nicolas Seydoux / Cinéma / résultats annuels
Gaumont a bien allégé ses pertes en 2023 / De beaux succès d'activité même si la grève aux États-Unis met son grain de sel
Les pertes restent mais se réduisent. L’un des poids lourds de l’industrie du cinéma français, Gaumont, a publié ses résultats annuels ce jeudi. Avec un résultat net attribuable en territoire négatif à hauteur de 3,7 millions d’euros, le groupe présidé par Nicolas Seydoux n’a pas encore renoué avec les bénéfices. Mais a bien redressé la barre depuis l’année passée, puisque les pertes s’élevaient alors à 12,3 millions d’euros. Le chiffre d’affaires a quant à lui marqué le pas à hauteur de 21 %, en passant de 217,9 millions d’euros en 2022 à 172,2 millions d’euros en 2023
Dans le détail, force est de constater que si la fréquentation des salles de cinéma en France, au titre de l’exercice passé, s’est appréciée de 19 % sur un an, elle reste toujours inférieure de 13 % par rapport à la période précédant la pandémie. Mais cela n’aura pas empêché plusieurs films distribués par Gaumont en 2023 de dépasser le million d’entrées, à l’instar de Tirailleurs ou de Mon Crime. Ce faisant, le chiffre d’affaires de la distribution de films en salles en France du groupe a atteint près de 14 millions d’euros en 2023, contre 11,7 millions d’euros en 2022. Les 10 films sortis en 2023, soit deux de moins qu’en 2022, ont ainsi enregistré 4,7 millions d’entrées (contre 4 millions en 2023).
Des droits de première diffusion
Du côté de la vente de droits de diffusion aux chaînes de télévision françaises, les revenus ont aussi largement progressé : ils se sont fixés à 23,1 millions d’euros en 2023, soit une hausse de 66 % sur un an. "Outre les ventes de titres du catalogue, le chiffre d’affaires comprend en 2023 les revenus liés aux droits de première diffusion des films Menteur, Rumba la vie, Couleurs de l’incendie et Neneh Superstar", a expliqué Gaumont à l’occasion de la publication.
Mais s’agissant des facturations tirées la distribution en vidéos et en vidéos à la demande (VOD), ils se sont contractés. Partant de 28,1 millions d’euros en 2022, ils ont atterri à 13,1 millions d’euros en 2023. Ce qui représente un recul de 53 %. En cause, notamment, des revenus de productions en cours pour le compte de plateformes de VOD qui étaient plus nombreuses en 2022 qu’en 2023. Et avec un chiffre d’affaires à l’export qui s’est lui aussi légèrement étiolé, en tout et pour tout, le chiffre d’affaires de l’activité de production et de distribution de films cinématographiques française s’est élevé à 70,7 millions d’euros en 2023, contre 75,1 millions d’euros en 2022.
La grève pèse
Sur le plan de l’autre grande activité de Gaumont, soit celle de la production audiovisuelle, la baisse est toutefois plus marquée. Les facturations se sont repliées de 133,3 millions d’euros en 2022 à 92,2 millions d’euros en 2023. "Ce repli reflète principalement la suspension de l’activité aux États-Unis, en lien avec les grèves des auteurs et comédiens", a expliqué le groupe. De fait, les revenus tirés de la production de fiction américaine ont chuté de 78 % sur un an, quand la production audiovisuelle française et européenne s’est appréciée de 31 %.
Mais quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de la production et distribution cinématographique ou audiovisuelle et, dans une moindre mesure, des activités de holding et immobiliers, les résultats des activités s’affichent à la hausse. Les coûts de structures, comprenant le financement des besoins généraux, ont quant à eux été réduits de 52,7 millions d’euros en 2022 à 50,9 millions d’euros en 2023.
Les Jeux Olympiques suspendront des tournages
Pour la suite, plusieurs incertitudes planent. "Le calendrier de sortie des films français en 2024 pourrait être influencé par les conséquences des grèves des auteurs et comédiens aux États-Unis en 2023 qui [conduisent] à une raréfaction temporaire des films américains et par les Jeux Olympiques de Paris. Ces derniers auront en outre pour conséquence la suspension des tournages en région parisienne pendant plusieurs semaines en 2024. La tonalité du marché audiovisuel dépendra de l’évolution des investissements des plateformes dans un contexte de marché incertain et hautement concurrentiel", prévoit Gaumont.
Des zones d’ombre qui devraient donc peser sur l’ensemble de l’industrie. Et ceci alors que le groupe Pathé, présidé par Jérôme Seydoux, pourrait probablement faire son entrée à la Bourse de Paris en 2024. Si Pathé est lui aussi présent sur le segment de la production et distribution, il exerce aussi dans le domaine de l’exploitation des salles. De plus, le groupe avait, pour mémoire, repris l’ensemble des salles de cinéma de Gaumont en 2017 pour 380 millions d’euros. Gaumont a en tout cas déjà sorti deux films en salles depuis le 1er janvier et huit autres sont au programme. Le groupe livrera par ailleurs deux unitaires produits pour le compte de plateformes, ainsi "qu’au moins neuf séries".
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