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De groupe industriel, Bolloré pourrait devenir un fonds familial / Un profil qui se rapprocherait d’Exor ou de Peugeot Invest

Le groupe Bolloré a publié des résultats 2023 en baisse mais sans surprise. La principale question, celle de l’utilisation des importantes ressources financières procurées par la vente des activités logistiques, ne devrait pas avoir de réponse dans l’immédiat. Le temps notamment que le projet de scission de Vivendi soit mené à bien.
Cyrille Bolloré, le président-directeur général du groupe Bolloré - Photo by Fred TANNEAU / AFP
Cyrille Bolloré, le président-directeur général du groupe Bolloré - Photo by Fred TANNEAU / AFP

C’est un groupe Bolloré transfiguré qui a débuté 2024 après une année 2023 pour le moins transformante. L’entreprise familiale dont Cyrille Bolloré, le plus jeune des trois fils de Vincent Bolloré, avait repris les rênes il y a quatre ans, a fini de se délester l’an dernier de ses métiers historiques dans le transport et la logistique.

Près d’un an après l’annonce de l’opération, la cession de Bolloré Logistics à l’armateur CMA CGM s’est bouclée il y a une quinzaine de jours, le 29 février. Et ce alors que le groupe plus que bicentenaire avait déjà cédé fin 2022 la totalité de ses ports africains (Bolloré Africa Logistics) à l’armateur italo-suisse MSC (Mediterranean Shipping Company)

Sachant aussi que l’exercice écoulé a également apporté son lot de changements de périmètre du côté de sa principale filiale, Vivendi, qui consolide Lagardère en intégration globale depuis le 1er décembre 2023 après avoir cédé en novembre Editis, déjà déconsolidé depuis juin.

 

Une activité Communication conforme aux attentes

 

Les comptes 2023 de Bolloré reflètent nécessairement l’importante modification structurelle intervenue, puisque Bolloré Logistics y est rangé dans les "activités cédée ou en cours de cession". Le résultat opérationnel ajusté (ou Ebita) de 994 millions d’euros, en baisse de -6 % à périmètre et taux de change constants, additionne donc ce qu’il reste.

Les 44 millions d’euros de la filiale de distribution de produits pétrolier Bolloré Energy reflètent une contribution en chute libre (-69%), contrecoup de la baisse des prix qui s’étaient envolés il y a un an dans le contexte de la guerre en Ukraine. Et tandis que l’activité industrielle dans le stockage d’électricité reste dans le rouge (-114 millions d’euros), le gros du résultat opérationnel provient donc de l’activité Communication, qui affiche un Ebita de 1,1 milliard d’euros, conforme aux attentes alors que les filiales Vivendi (détenue à 29,9%) et UMG (à 18%) ont déjà publié les leurs.

Sans surprise, le bénéfice net s’inscrit en forte baisse à 268 millions d’euros, étant donné que les 3,4 milliards d’euros de 2022 découlait de l’intégration de la plus-value de 3,15 milliards d'euros liée à la cession de Bolloré Africa Logistics.

 

Plus-value attendue de 3,7 milliards d'euros

 

Plus que sur le compte de résultat, l’attention se porte d’ailleurs sur le bilan, précisément sur le cash ou la trésorerie. Hors Vivendi, celle-ci s’établit à 1,3 milliard d’euros à fin 2023, et ce avant la plus-value nette consolidée de la vente de Bolloré Logistics estimée de l’ordre de 3,7 milliards d’euros dans les résultats 2024. Sachant par ailleurs que le groupe dispose de 12 milliards d’euros de disponibilités et de lignes confirmées.

La façon dont l’entreprise compte utiliser ses importantes ressources financières alimente logiquement les conjectures. Les dirigeants ne laissent pour le moment rien filtrer de leurs intentions. Ils ne sont probablement pas pressés de le faire alors que la scission envisagée de Vivendi ne devrait être effective que d’ici 12 à 18 mois. La stratégie est "de prendre le temps de redéployer ce capital en fonction des opportunités et du contexte économique, selon nous", estiment à ce sujet les analystes du cabinet Oddo BHF.

Ce qui n’empêche pas d’imaginer la suite. En supposant que le projet impliquant la disparition à venir de Vivendi soit bien mené à son terme, le groupe Bolloré se retrouvera avec une somme importante de cash et un portefeuille de participations cotées au travers quatre principaux véhicules : UMG, Groupe Canal+, Havas et le nouveau véhicule d’investissement envisagé par Vivendi.

Une configuration nouvelle qui, selon Oddo BHF, laisse à penser que "l’objectif pourrait être de transformer le profil de Bolloré d’un groupe industriel (ce qu’il était essentiellement) vers celui d’un fonds d’investissement familial, un peu à l’image d’Exor, le fonds de la famille Agnelli, ou de Peugeot Invest", celui de la famille Peugeot.

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