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STMicroelectronics aura bientôt fini de manger son pain noir / La reprise des semi-conducteurs serait proche

En apparence, tout va mal pour le numéro un européen des puces. Aux prises avec la baisse de ses deux principaux marchés que sont l’automobile et l’industrie, STMicroelectronics a enregistré des performances plus faibles qu’attendu au premier trimestre. Si cette faiblesse se prolongera au deuxième trimestre, ce dernier pourrait marquer le point bas tant attendu du cycle actuel des semi-conducteurs, une perspective à même de rassurer les investisseurs.
Le pire pourrait être bientôt passé pour STMicroelectronics - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Le pire pourrait être bientôt passé pour STMicroelectronics - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

Les mauvaises nouvelles sont parfois mieux accueillies que les bonnes. Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs a publié jeudi des chiffres du premier trimestre 2024 bien inférieurs aux attentes des analystes et de ses propres prévisions, assortis d’un avertissement pour le deuxième trimestre et l’ensemble de l’exercice en cours. Ce qui n’a pas empêché son cours de Bourse, qui gagne plus de 7 % sur la semaine, de poursuivre son rebond amorcé la veille dans le sillage d’un secteur rasséréné par les performances de l’américain Texas Instruments et du néerlandais ASM International.

Le marché s’attendait au pire il est vrai après la révision en baisse, quelques jours plus tôt, par le fondeur taïwanais TSMC, souvent vu comme un baromètre du secteur, de ses perspectives pour l’industrie mondiale des semi-conducteurs. À côté de la frénésie qui entoure l’américain NVidia et ses puces qui alimentent les systèmes d’intelligence artificielle générative, tel que ChatGPT, la situation des autres segments du marché est moins euphorique.

À ce stade, l’IA est une activité quasi embryonnaire chez STMicroelectronics. Mais le groupe a lancé des initiatives intéressantes, comme en décembre la suite logicielle ST Edge AI destinée à simplifier le développement de solutions d’IA des clients sur la base des composants du groupe (microcontrôleurs et microprocesseurs polyvalents et pour l’automobile, capteurs intelligents…).

 

Opportunités à saisir dans l’IA

 

Il a aussi récemment noué (en mars) une collaboration avec Compuware pour travailler sur une nouvelle conception d’alimentation des serveurs de télécommunications et d’IA à hautes performances. "Il s’agit d’une collaboration importante car elle apporte, en plus de notre suite Edge AI, une autre opportunité autour de l’IA pour ST : la nouvelle architecture de puissance pour les serveurs d’IA", a souligné jeudi Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics, lors d’une conférence téléphonique.

Pour l’heure cependant, STMicroelectronics subit la mauvaise orientation de ses principaux marchés. Soit d’une part le ralentissement de la demande de semi-conducteurs automobiles, en raison à la fois d’une certaine surabondance de stocks chez ses clients équipementiers, et de la baisse du rythme de production chez Tesla, son principal client en substrat de carbure de silicium (SiC), matériau clé de l’électronique de puissance des véhicules électriques. Et d’autre part, "la correction en cours sur le marché industriel s’est accélérée.", a indiqué Jean-Marc Chéry.

Un environnement adverse qui se reflète dans les perpectives de court terme. Le groupe table sur un chiffre d’affaires de 3,2 milliards de dollars au deuxième trimestre, bien en deçà des 3,78 milliards de dollars du consensus FactSet des analystes. Cette prévision représenterait une baisse de 8 % en séquentiel et de 26 % en glissement annuel. Elle s’ajouterait à un premier trimestre marqué par un repli de 18,4 % du chiffre d’affaires, à 3,47 milliards de dollars, un recul de la marge brute de 800 points de base, à 41,7 %, et une division par deux du bénéfice net à 513 millions de dollars.
 

Faible visibilité dans l’industrie

 

C’est ce premier semestre morose qui a donc poussé l’entreprise à abaisser ses prévisions annuelles. Pour 2024, le groupe table dorénavant sur un chiffre d’affaires de 14 milliards à 15 milliards de dollars et sur une marge brute comprise entre 40 % et 42 %, au lieu d’un chiffre d’affaires précédemment attendu entre 15,9 milliards et 16,9 milliards de dollars, pour une marge brute comprise entre 40 % et 46 %. Et "il en résultera probablement un déclin du résultat opérationnel de l’exercice 2024 de plus de 35 %", estime JPMorgan.

L’ampleur de cette "réinitialisation" des perspectives est "importante", poursuit la banque, mais, souligne-t-elle, "il s’agit probablement de la dernière du cycle actuel". La bonne nouvelle serait donc que le pire pourrait être bientôt passé. Lors de la conférence avec les analystes, Jean-Marc Chéry a justement expliqué que le deuxième trimestre devrait marquer le point bas, avec un retour à la croissance anticipé au second semestre dans les semi-conducteurs automobiles, ainsi que l’électronique grand public et les périphériques pour PC.

Certes, "dans l’industrie, il y a moins de visibilité", note de son côté le cabinet Oddo BHF. Mais après un troisième trimestre en légère hausse, le quatrième trimestre devrait accélérer également dans ce domaine. Sachant qu’en attendant, le groupe parvient à maintenir ses marges malgré la baisse du chiffre d’affaires. Dans l’ensemble, "au pire, à moins que le climat économique ne se détériore, si l’inflexion ne se produit pas dans les résultats du deuxième trimestre, elle devrait intervenir au troisième trimestre", veut croire JPMorgan.

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