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Entre consolidation et commercialisation, les fintech françaises gagnent en maturité / Avec de nombreux nouveaux compétiteurs, le palmarès Fintech 100 s'en retrouve modifié

Si l’année 2023 n’a pas été favorable aux fintech françaises sur le plan des levées de fonds, le secteur n’en reste pas moins en évolution. Pour preuve, les lauréats du palmarès Fintech 100 de 2024 sont bien différents par rapport à l'année précedente. De fait, les capacités d’innovation de ces entreprises permettent à de nouvelles têtes de se faire une place. D’autres d’entre elles sont déjà bien installées : place à la stabilisation des modèles d’affaires, tandis que la consolidation semble débuter.
(Photo by Jaap Arriens / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo by Jaap Arriens / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Les levées de fonds se sont bien taries, mais d’autres voyants sont au vert. Le palmarès Fintech 100, piloté par Finance Innovation et Truffle Capital, en partenariat avec le groupe BPCE et Sopra Steria, a interrogé environ 200 fintech françaises entre le mois d’avril et de février 2024 en plus de réaliser le "top 100" des fintech tricolores. De quoi donner quelques indications sur un secteur dont la maturité se renforce au fil des années. Pour preuve, la tendance semble bel et bien être à la consolidation. Cela avait déjà été détecté à la fin de l’année 2023 et la dynamique apparaît se confirmer. Tout d’abord, 45 % des fintech interrogées envisagent une opération de croissance externe ou de fusion, "ce qui confirme que le secteur gagne en maturité et entre dans une première phase de consolidation, ce qui est corroboré par la proportion importante (10 %) des sociétés qui sont sorties du palmarès, ayant été rachetées. La consolidation entre fintech s’accélère", remarque le directeur général et co-fondateur de Truffle Capital, Bernard-Louis Roques.

Un changement de paysage qui explique d’ailleurs en partie la stagnation des montants levés par les 100 fintech lauréates, explique le rapport. Effectivement, les 6 milliards d’euros qu’elles ont levé depuis leur création jusqu'à fin décembre dernier sont, tout d’abord, le reflet de la baisse des financements rencontrée par le secteur. Mais la stabilisation des montants exprime également la sortie du palmarès de certaines entreprises, qui avaient pourtant effectué d’importantes levées de capitaux, à hauteur de 670 millions d’euros, relate le rapport.

 

Du mouvement

 

Selon quatre critères différents (les fonds levés, les effectifs, le chiffre d’affaires et la croissance), les fintech françaises ont donc été classées par le rapport. Et même sur le podium, des changements sont à observer. C’est Qonto qui en prend la tête, en gagnant quatre rangs, suivi par Ledger, qui a grimpé d’une place et de Younited Credit, qui monte d’un cran également. Alan, qui était l’année dernière en tête du classement, se retrouve cette année en sixième position. De même pour Swile, qui se retrouve à la quatrième place après avoir reculé de deux rangs. Pigment fait quant à lui son entrée dans le palmarès par la grande porte, en atterrissant directement en dixième position. D’autres fintech ont réalisé des progressions notables, à l’instar de la comptatech Pennylane qui a atteint le statut de licorne en début d’année et gagnant 29 places dans le classement, du spécialiste du paiement Lemonway qui a bondi de 52 places après avoir vu son activité s’accélérer considérablement en 2023 ou encore de l’assurtech Seyna, grimpant de 29 places après avoir fait preuve elle aussi d’une croissance solide en 2023.

Au total, 39 fintech font leur entrée dans le classement, tandis que 61 entreprises sont représentées dans les éditions de 2023 et 2024. Et parmi celles-ci, l’activité aura au moins été placée sous le signe de la croissance, puisque le palmarès recense que leur chiffre d’affaires a été en croissance de 35 % en 2023, à 1,85 milliard d’euros. Plus généralement, les chiffres d’affaires des fintech se composent de toujours plus de revenus récurrents : pour près de 80 % des entreprises, ils représentent plus de la moitié de leurs revenus totaux (soit 5 points de plus que lors de l’édition précédente).

 

Priorité à la commercialisation

 

Une tendance significative, relève le rapport, mettant en lumière la volonté des fintech françaises de construire des modèles commerciaux stables et prévisibles. Cela indique également "une forte adhésion à des services ou des produits demandés de manière continue par les clients", souligne Stéphane Hannache, directeur des partenariats écosystème digital du groupe BPCE, ajoutant que cette transition pourrait aussi traduire la volonté stratégique de pallier la volatilité potentielle des revenus uniques. "L’évolution vers des modèles de Software as a Service (SaaS) dans le secteur vient renforcer cette tendance. Ces modèles permettent un déploiement rapide des services en limitant les investissements côté clients", poursuit-il.

La priorité semble effectivement bien être désormais donnée à la commercialisation. En effet, la part des dépenses consacrées à la recherche et développement (R&D) s’affiche à la baisse. Seules 28 % des fintech consacrent plus de 30 % de leur chiffre d’affaires à la R&D, soit une baisse de 9 points par rapport à l’édition précédente. Plusieurs explications à cela, pointe l’étude : d’une part, cette diminution pourrait donc traduire le fait que les entreprises se consacrent désormais à la phase commerciale, puisqu’elles ont déjà développé leur offre en s’appuyant sur la R&D. D’autre part les fintech françaises auraient aussi pu réviser leurs budgets de R&D en réponse à des contraintes financières ou à des pressions pour atteindre des objectifs de rentabilité.

 

Rester compétitif

 

Gare, toutefois, à ne pas perdre de vue ce pôle de dépenses, prévient le palmarès Fintech 100 : "Dans un domaine aussi compétitif et en constante évolution que la fintech et l’assurtech, maintenir un niveau élevé d’investissement en R&D est essentiel pour rester à la pointe de l’innovation, développer de nouveaux produits et services, et répondre aux besoins changeants des clients". Dans tous les cas, l’année 2023 aura signé le retour du secteur à une approche de rationalité et à des bases opérationnelle plus tangibles, souligne le rapport.

D’autant que des facteurs extérieurs seront aussi venus mettre leur grain de sel dans l’univers des fintech, entre la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) générative et du contexte réglementaire (en ce qui concerne l’IA, mais aussi le partage des données personnelles). Ce qui a poussé les fintech à se mettre à la page. Cela se reflète d’ailleurs bien dans leurs effectifs : le poste de Compliance Officer est devenu clé dans les fintech françaises, relève le rapport. Plus de 80 % d'entre elles disposent de ressources humaines dédiées aux questions réglementaires. 

 

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