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Michelin rassure sur sa stratégie de croissance externe / La diversification hors-pneus se fera à un rythme raisonné

Le dernier "Capital Market Day" de Michelin a été accueilli très favorablement par les investisseurs. Le groupe s’est montré convaincant sur ses nouveaux objectifs financiers dévoilés à horizon 2026, et rassurant quant à sa politique de croissance externe. Le développement dans les activités de diversification hors-pneus se fera sans fragiliser le bilan avec de trop larges acquisitions.
Florent Ménégaux, le directeur général de Michelin
Florent Ménégaux, le directeur général de Michelin

Michelin tenait mardi son premier "Capital Market Day" en présentiel, à Clermont Ferrand, depuis 2019. Un exercice réussi si l’on en juge par la hausse plus de 3 % affichée par l’action du groupe pneumaticien en deux jours. Preuve que la politique de “salaire décent” récemment mise en avant par l’entreprise dans la droite ligne de sa forte identité familiale, n’est pas incompatible avec des objectifs financiers à même de séduire les investisseurs.

L’événement était logiquement l’occasion pour les dirigeants de revenir sur le plan stratégique "Michelin in Motion" à horizon 2030. Lancé en 2021, celui-ci comprenait de premiers objectifs à horizon 2023 dont on savait déjà qu’ils ont été dépassés en termes de croissance des ventes et de résultat d’exploitation. Corrigé de l’inflation, Michelin considère aussi avoir dépassé ses objectifs de marge dans deux de ses trois segments : le segment SR1 des pneus de tourisme et celui SR3 des pneus de spécialités, le segment poids lourds (SR2) se situant plus en retrait. Il était aussi important pour le groupe de souligner sa création de valeur, Michelin respectant depuis 2021 son engagement de rendement des capitaux investis (ROCE) supérieur à 10,5 %.

 

Poursuite de la montée en gamme

 

Mais l’attention des investisseurs s’est plus spécifiquement portée sur les nouveaux objectifs à mi-parcours fixés pour 2026. Bonne nouvelle : le groupe vise à cet horizon un résultat d’exploitation sectoriel de 4,2 milliards d’euros, supérieur de 5 % au consensus des analystes. Soit une hausse de 1,4 point de sa marge opérationnelle, à 14 % à moyen terme, comparée aux 12,6 % de 2023. Et ce n’est pas une surprise, cette amélioration s’appuiera pour une large part sur la stratégie de valeur de l’entreprise, sa marque de fabrique.

"Nous comprenons que plus de la moitié de l’amélioration des résultats sur la période devrait provenir du mix (géographique, produits, segments et marques) tandis que les activités de réduction des coûts seraient le deuxième contributeur le plus important", commentent ainsi les analystes de Stifel. Qui dit stratégie de valeur, dit poursuite de la montée en gamme dans tous les segments, tandis qu’en matière de réduction des coûts Michelin a prévu d’adapter son empreinte industrielle, à l’image de la restructuration de ses activités en Allemagne annoncée fin 2023. Autres points d’amélioration identifiés : l’optimisation de la performance industrielle au moyen de processus de production innovants, et de la chaîne d’approvisionnement.

Ce travail mené sur la supply chain devrait donc se retrouver dans le besoin en fonds de roulement (BFR), qui, combiné à la discipline sur les investissements (stabilisées autour de 2 à 2,4 milliards d’euros par an), contribuera à atteindre le nouvel objectif communiqué d’un free cash-flow de 5,5 milliards d’euros sur la période 2024-2026, et ce malgré le poids des dépenses de restructuration, évaluées entre 700 et 800 millions d’euros entre 2024 et 2026.

A côté de cela, le groupe prévoit en moyenne (en incluant les fusions et acquisitions) une croissance de ses revenus de 5 % par an jusqu’en 2030. Plus précisément à compter partir de 2025 puisque 2024 devrait voir les volumes diminuer à nouveau, comme l’a confirmé Yves Chapot, le directeur financier.

 

Nouvelle entité

 

Tandis que les pneus ne connaissent pratiquement plus de croissance en volume, un axe clé de la stratégie de Michelin est justement de mettre l’accent sur le développement des activités hors-pneus. Michelin a d’ailleurs rebaptisé son activité de haute technologie "Composite Polymer Solutions" (CPS) pour mieux souligner la cohérence technologique avec son activité historique, les pneus étant considérés comme l’objet composite par excellence. Celle-ci a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros, soit environ 5 % du chiffre d’affaires du groupe.

Point important auquel les investisseurs ont été sensibles : alors qu’elle avait jusqu’à présent indiqué que ces activités de diversifications dans les matériaux composites représenteraient entre 20 % et 30 % de ses ventes à l’horizon 2030, ce qui supposait une politique de croissance externe assez intense (à l’image du rachat l’an dernier de la société Flex Composite Group pour 700 millions d’euros), l’entreprise a fait évoluer son discours. "L’ambition est toujours d’avoir une portion significative de notre activité dans ces autres types de composites, mais nous ne ferons pas des choses stupides pour atteindre ce niveau", a souligné le directeur général, Florent Ménégaux.

Michelin a communiqué mardi sur un nouvel objectif de "plus de 20 %" des ventes réalisées à l’horizon 2030 dans les activités hors-pneus, celles-ci intégrant désormais, outre les composites, les logiciels de gestion de flotte et le réseau de distribution, soit un ensemble qui représentait déjà 16 % des ventes du groupe l’an dernier. L’écart qui reste à combler ne nécessitera donc pas de larges acquisitions qui mettraient en danger la notation financière du groupe.

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