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Macro-économie / Taux / OCDE / Culture financière

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OCDE / Culture financière

L’OCDE préoccupée par le déficit de culture financière des élèves / Un sur cinq n'aurait pas les compétences de base

Alors que plus des deux tiers des élèves de l’OCDE utilisent régulièrement des produits et services financiers, un rapport montre que leur niveau de culture financière demeure trop faible pour qu’ils puissent tous « éviter les écueils financiers tout en tirant parti des possibilités qui s’offrent à eux ». Près d’un sur cinq en moyenne n’atteint pas le niveau de compétences de base.
Mathias Cormann, secrétaire général de l'OCDE - Eyepix / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Mathias Cormann, secrétaire général de l'OCDE - Eyepix / NurPhoto / NurPhoto via AFP

La culture financière n’est pas l’amie des élèves de l’OCDE. Dans un rapport, l’organisation internationale a évalué la culture financière des jeunes de 15 ans dans 14 pays de l’OCDE et six pays et économies partenaires. Il montre d’abord que de nombreux élèves mènent des activités financières de base à un âge précoce. En moyenne, plus de huit élèves sur dix ont en effet acheté un produit en ligne au cours des 12 derniers mois et 66 % ont effectué un paiement avec un téléphone portable.

"Ils sont cependant nombreux à ne pas posséder les compétences et les connaissances nécessaires pour prendre des décisions financières avisées : près d’un sur cinq en moyenne dans les pays et économies de l’OCDE participants n’atteint pas le niveau de compétences de base en culture financière", pointe le rapport. Les élèves les plus performants – environ 11 % des élèves de l’OCDE évalués – sont capables de résoudre des problèmes financiers non courants et peuvent décrire les résultats possibles de décisions financières en faisant preuve d’une compréhension du paysage financier au sens large, comme l’impôt sur le revenu. Un meilleur niveau de culture financière est associé à des comportements financiers plus responsables, comme le fait de gérer son argent de façon plus proactive et plus durable. Les élèves qui possèdent une bonne culture financière sont plus susceptibles d’épargner et moins susceptibles à la fois de dépenser trop et de déclarer acheter un produit parce que leurs amis l’ont fait.

"Ces résultats, conjugués à l’incidence accrue, à la complexité et aux conséquences potentielles des fraudes et des escroqueries financières, soulignent la nécessité de mieux transmettre à nos jeunes les connaissances et compétences nécessaires pour prendre des décisions financières sûres et éclairées", a déclaré Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, à l’occasion de la présentation du rapport

Sans surprise, les inégalités s’invitent dans ce type de phénomène. L’évaluation montre que les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés obtiennent de meilleurs résultats que leurs camarades défavorisés, le milieu socio-économique d’origine représentant 12 % de la variation des résultats. Non seulement les élèves d’origine modeste obtiennent de moins bons résultats en culture financière, mais ils ont aussi eu moins de possibilités de développer leurs compétences financières.

Le rapport souligne l’importance du système éducatif. En effet, est mise en évidence une corrélation positive entre les résultats en culture financière et la sensibilisation des élèves aux termes financiers à l’école. Seuls deux élèves sur trois ont eu à réaliser des travaux scolaires pour apprendre à faire la différence entre dépenser de l’argent par nécessité et par envie. "Il faudrait offrir à tous les élèves, en particulier à ceux qui en ont le plus besoin, la possibilité d’acquérir dès le plus jeune âge des compétences financières de base à l’école, comme le préconise la recommandation de l’OCDE sur la culture financière ", indique le rapport.

Des travaux présentés par l’institut Bruegel, à l’occasion d’un récent Conseil européen, rappelaient les nombreux bénéfices que pouvait retirer un pays d’un haut niveau de culture financière de ses habitants. "Des pensions aux hypothèques, en passant par les nouveaux instruments financiers, les individus doivent prendre des décisions plus complexes et plus risquées que par le passé. Parallèlement, la numérisation de la finance a facilité l’accès aux produits financiers, exposant les consommateurs à des risques inconnus et en évolution rapide. De même, le changement climatique présente des risques plus importants, par exemple des inondations et des incendies, qui nécessitent une action au niveau collectif et individuel, notamment sous la forme d’une assurance", soulignait le think tank, qui juge qu’un niveau élevé de culture financière peut contribuer à la stabilité macroéconomique.

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