Feuilleton de l'été / Florian Colas / Douanes
Feuilleton de l'été
Florian Colas / Douanes
Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain /
Florian Colas, directeur général des douanes et des droits indirects
"Très tôt, j’ai eu l’aspiration de servir l’Etat d’une façon ou d’une autre ". Passionné d’histoire et d’économie, Florian Colas quittera son Var d’enfance pour assouvir sa vocation à l’orée de l’âge adulte en intégrant Sciences Po Paris. "J’y ai apprécié la diversité des étudiants et le foisonnement des disciplines enseignées", raconte-t-il à WanSquare. Après des stages en banque d’affaires et au sein de l’industrie l’ayant laissé sur sa faim, le jeune homme voit se renforcer son désir d’approfondir la question des politiques publiques. "Un professeur m’a conseillé la voie naturelle qu’était l’Ecole nationale d’administration, ce que je n’avais jamais osé envisager jusque-là", se souvient-il.
Au sein de la prestigieuse école, Florian Colas fait partie de la promotion "Marie Curie". Il y croisera Damien Ientile, directeur de l’Urssaf, Paul Bazin, directeur général délégué de France Travail, Angélique Delorme, directrice générale adjointe du musée du Quai Branly ou encore Pierre-Olivier Chotard, secrétaire général du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), et sa future épouse, Morgane Weill, un temps directrice adjointe de cabinet de Bruno Le Maire à Bercy puis d’Elisabeth Borne à Matignon. Il gardera de beaux souvenirs de ses stages à la Préfecture de Martinique, chez Astrium, ex-filiale "Espace" du groupe Airbus, ou encore au Trésor britannique.
Etant sorti dans "la botte", il lui sera possible de choisir l’Inspection générale des finances. "C’est un service très attractif car très transversal, il donne ainsi une vision assez large du champ d’intervention de Bercy. De plus, étant un service interministériel, ses missions afférentes aux politiques publiques des autres ministères sont particulièrement vastes", justifie-t-il. Il y demeurera quatre ans. Florian Colas collaborera à la réalisation de multiples rapports, notamment sur la lutte contre la fraude, thème qui imprégnera la suite de sa carrière. "C’est un sujet passionnant qui peut être abordé tant sous l’angle économique que régalien", juge-t-il.
Après un intermède de quelques mois au sein de la société d’investissement Wendel, Florian Colas est appelé au cabinet de Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, où il est d’abord conseiller en charge de la douane et des prélèvements obligatoires. Dans ses fonctions, il s’occupe notamment de l’instauration de l’impôt à la source. "Ce fut un dossier majeur, qui m’a permis d’appréhender tous les enjeux de pilotage d’une grande transformation publique. La partie ‘conception juridique’ avait déjà été en grande partie réalisée mais il restait toute la mise en œuvre concrète, c’est-à-dire ‘la concertation avec l’ensemble des acteurs publics et privés concernés, l’ajustement de certains paramètres, la formation, la pédagogie, le suivi de calendrier", souligne-t-il. Il deviendra directeur adjoint de cabinet quelque temps plus tard.
Vient la crise pandémique laissant ainsi place à la mise en application du "quoi qu’il en coûte" présidentiel comme dossier majeur. "Le rôle du budget dans ce cas-là est de mettre en place les aides et d’essayer de faire en sorte que les dispositifs soient les mieux ciblés et les plus réversibles possibles", rapporte-t-il. "Les administrations de Bercy se sont mobilisées de manière remarquable, c’est ce que je retiens de cette période agitée. L’agilité dont elles ont su faire preuve et la capacité de l’Etat à fonctionner en mode ‘gestion de crise’ sont plutôt rassurantes", estime-t-il.
Puis, au sortir du premier confinement, il est nommé directeur de cabinet du successeur de Gérald Darmanin, Olivier Dussopt, ministre délégué aux Comptes publics. A la manœuvre sur le projet de loi de finances 2021, Florian Colas participera également à la conception et au déploiement du plan de relance de 100 milliards d’euros (France Relance) annoncé par le gouvernement en septembre 2020. "Je pense qu’il a plutôt atteint son objectif, la croissance et l’emploi ayant rebondi assez vivement après le Covid", déclare-t-il.
Après quatre années en cabinet ministériel, Florian Colas tire sa révérence. Au printemps 2021, il est nommé directeur national du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), service de renseignement placé au sein de la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI).
"La lutte contre le trafic de stupéfiants est un sujet majeur tout comme l’est le renseignement fiscal pour le compte duquel j’ai engagé, à la demande de Gabriel Attal puis Thomas Cazenave et Bruno Le Maire, la création d’une unité de renseignement ", explique-t-il. Puis, il y a aussi les sanctions prises à l’encontre de la Russie dans le cadre de la guerre contre l’Ukraine (saisie des biens, gel des avoirs, embargo etc.). "La DNRED est un outil essentiel pour assurer l’effectivité et faire face au contournement des sanctions, outil sur lequel de nombreux pays européens aimeraient pouvoir compter", indique-t-il. À ce poste, Florian Colas a également engagé une transformation technologique et organisationnelle de la DNRED, intitulée projet "Valmy".
Il y a quelques mois, l’énarque a pris du galon. En Conseil des ministres, l’homme de 37 ans a été nommé patron des Douanes (directeur général des douanes et droits indirects). Ce ne sont plus 850 agents qui sont sous sa responsabilité mais le vingtuple. "Il y a deux jambes dans une fonction comme celle-ci. D’une part, une dimension stratégique qui demande de définir les orientations et fixer un cap, faire des arbitrages budgétaires et "RH", anticiper, d’autre part, il faut faire fonctionner le service au quotidien, les Douanes étant une administration extrêmement opérationnelle avec des problématiques très concrètes", dévoile celui qui rend compte directement au ministre de l’Economie et des Finances ainsi qu’à celui du Budget.
Interrogé sur ses désirs professionnels à long terme, Florian Colas rétorque qu’il refuse à se projeter. "Je viens de prendre mes fonctions, je suis à la tâche. Je n’aspire qu’à continuer à servir mon pays", souligne-t-il.
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