Macro-économie / Taux / Brexit / UK / UE / Douanes
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Brexit / UK / UE / Douanes
La réalité du Brexit peut désormais se mesurer
Un peu plus d’un an après l’entrée en vigueur effective du Brexit, les premiers chiffres sur la mise en place de formalités douanières sont désormais disponibles pour la frontière française. Le flux de camions représente entre 90 et 95 % de son niveau précédent la rupture entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE). Mais dans le même le temps, les exportations de l'UE vers le Royaume-Uni ont baissé de 15 % en valeur et dans le sens inverse de 30 %. Des chiffres à prendre avec des pincettes tant il est difficile de faire la part des choses entre les conséquences du Brexit et celles de la crise sanitaire.
Néanmoins, les pouvoirs publics français estiment que les mesures prises ont permis de limiter au maximum l’impact négatif de ces restrictions, comme le souligne Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics : "Le Brexit a été minutieusement préparé par les douanes des États membres", ce qui a "permis de maintenir les flux économiques internationaux", notamment "grâce au système de frontière intelligente". Un travail qui a permis de voir en 2021 près de 3,6 millions de camions franchir la nouvelle frontière tout en appliquant les formalités douanières et sanitaires et en gardant le trafic fluide sur la frontière franco-britannique, qui concentre 80 % des échanges de l’UE avec l’Ile-Etat. Seul un camion sur dix a dû s’arrêter pour des raisons liées aux formalités évoquées précédemment.
Le scénario catastrophe d’une congestion inédite des échanges ne s’est donc pas produit, à l’exception de légers retards les jours suivant l’entrée en vigueur de nouvelles mesures, comme ce fut le cas après le rétablissement des formalités et contrôles douaniers britanniques au 1er janvier 2022. Le poids des nouvelles déclarations de transit induites est conséquent dans le total de celles de l’UE, puisqu’elles en représentent 62 %.
Si de nombreux efforts ont été faits pour préserver au maximum les échanges, il n’empêche que les échanges bilatéraux dans les secteurs automobiles, textiles et aussi aériens ont diminué sur les dix premiers mois de l’an passé - les données ne sont pas encore pertinentes sur la totalité de l’exercice - et témoignent d’une situation non encore parfaitement stabilisée. Le recul manque pour arriver à discerner la baisse des échanges due à un effet propre au Brexit avec celle qui est due à une relocalisation des sites de productions ou à un effet de la pandémie.
Une observation du paysage économique sur un temps plus long permettra aussi de mesurer les effets économiques des décisions de certaines entreprises de rapatrier une partie de leur production d’un côté ou de l’autre de La Manche. Dans ce cas, une partie des échanges économiques n’a pas totalement disparu, mais elle se déroule désormais du même côté de la frontière.
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