Entreprises / Actions / Publicis
Entreprises / Actions
Publicis
Publicis continue d’engranger les contrats / Un secteur média particulièrement prolifique
Banaliser la surperformance n’est pas donné à tout le monde. Les publications de résultats de Publicis ont ceci de répétitif que le groupe y dévoile des performances toujours meilleures qu’attendu, qui l’amènent très souvent à relever ses objectifs, ces nouvelles prévisions ayant de bonnes chances d’être à leur tour dépassées.
Précisément, après recherche, le groupe, dont Arthur Sadoun est devenu président-directeur général lors de la dernière assemblée générale, achevant de reprendre le flambeau de Maurice Levy, vient d’aligner un dix-septième trimestre consécutif de croissance organique supérieure aux attentes. La dernière fois qu’il avait (légèrement) déçu était au premier trimestre 2020.
Ce deuxième trimestre 2024 n’a donc pas dérogé à la règle avec une croissance organique de 5,6 %, pour un chiffre d’affaires proche de 3,5 milliards d’euros, là où le consensus des analystes visait une croissance organique de 4,8 % et un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros. Une progression plus forte qu’anticipé qui incite donc l’entreprise à relever ses attentes sur l’année : elle vise désormais une croissance organique de son revenu net - équivalent du chiffre d’affaires - de 5 % à 6 % par rapport à 2023, et non plus de 4 % à 5 %.
"Ce qui est particulièrement remarquable à nos yeux, c’est que le bas de fourchette de 5 % était auparavant considérée comme ‘à portée de main, au cas où la situation macroéconomique s’améliorerait’", remarquent les analystes de Bank of America. "Or, au cours des trois derniers mois, nous pensons que le contexte macroéconomique s’est en réalité détérioré. Le relèvement des prévisions pourrait donc être motivé par une très forte série de gains de nouveaux budgets et de parts de marché depuis le début de l’année", ajoutent-ils.
Ces gains de parts de marché semblent tout particulièrement concerner le secteur média, et ce sur toutes les zones géographiques. En Amérique du Nord, le Média affiche une croissance à deux chiffres pour la troisième année consécutive. En Europe, le Média et la Création sont en croissance à deux chiffres sur le trimestre, tandis qu’en Asie-Pacifique, la croissance organique de 10,5 % enregistrée en Chine au deuxième trimestre (après 6,7 % au premier) est directement liée à des gains de new business en Média.
"Nous avons une stratégie go-to-market gagnante, qui nous a placé en tête des classements de new business sur les cinq dernières années", a souligné jeudi Arthur Sadoun. "Nous avons pris le leadership de la personnalisation à grande échelle, comme le démontre la croissance à deux chiffres ce trimestre de notre offre conjuguant Data et Media, pour la troisième année d’affilée", a-t-il ajouté.
Il faut rappeler que Publicis s’est diversifié très tôt dans la transformation numérique (avec le rachat de Sapient en 2015) et l’analyse de données (avec celui d’Epsilon en 2019), un mouvement stratégique précurseur qui n’a pas fini de porter ses fruits et permet au groupe de remporter des contrats à un rythme bien supérieur à celui de ses concurrents. "Publicis poursuit ses gains de parts de marché et affiche une croissance de ses activités supérieure de 400 points de base à la moyenne du secteur", a ainsi indiqué Arthur Sadoun.
En termes de rentabilité, la marge opérationnelle du groupe s’est établie à 1,16 milliard d’euros, en hausse de 6,1 % sur un an, soit un taux de marge opérationnelle de 17,3 %, stable par rapport aux périodes correspondantes de 2022 et de 2023, et Publicis a confirmé sa prévision pour 2024 d’un taux de marge opérationnelle de 18 % incluant une charge opérationnelle de 100 millions d’euros dédiés à l’IA.
Mais une bonne surprise n’est pas exclure. Les analystes de TP ICAP Midcap tablent pour leur part sur une marge opérationnelle de 18,1 % au titre de 2024 compte tenu de la croissance attendue et "de la surexposition du groupe aux Etats-Unis qui margent mieux que le reste des géographies", et considérant que les investissements dans l’IA seront compensés par des économies internes.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

