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Defacto prend ses quartiers chez les banques traditionnelles / La fintech facilitant l'accès au financement des PME franchit une nouvelle étape de collaboration
Un peu d’aide pour accélérer l’accès au financement est toujours bienvenue chez les PME. Car le constat est sans appel : un quart d’entre elles déposant le bilan le fait en raison d’un manque de financement de leurs fonds de roulement, explique la fintech Defacto ce mardi. Fondée par Jordane Giuly, Marc-Henri Gires et Morgan O’hana en 2021, dans l’idée de proposer une solution à ce problème en développant une infrastructure de crédit qui permet d’en octroyer rapidement et à court terme (entre deux jours et quatre mois) aux PME, la start-up entend aller plus loin. Ce qui passe notamment par la collaboration avec les banques et autres institutions financières, chez qui les solutions de Defacto pourront désormais être facilement déployées.
L’entreprise lance en effet aujourd’hui la première plateforme de "Lending as a Service", agréée "société de financement" par l’ACPR. Prénommée "Core", cette interface de programmation d’application (API) repose sur le concept d’expérience de prêt que propose habituellement Defacto aux PME. Elles sont au nombre de 10 000 à avoir été financées par la fintech depuis 2021, pour plus de 600 millions d’euros. Soutenue par Citi et Viola Credit, Defacto a par ailleurs clôturé un fonds de titrisation de 167 millions d’euros l’été dernier, en vue d’amplifier sa force de frappe annuelle à 1 milliard d’euros en matière de prêts.
Dans le détail, alors qu’un processus de demande de prêt peut prendre plusieurs semaines - de deux à quatre selon les estimations de la Banque centrale européenne -, l’approche de Defacto permet de collecter et d’analyser les données financières des PME en temps réel. Cela réduit le délai de décision d’octroi d’un crédit à 27 secondes. De quoi permettre à ces entreprises de financer le paiement de leurs fournisseurs ou d’encaisser plus vite leurs créances clients.
Des marges de manœuvre
Et grâce à l’intelligence artificielle, la fintech est aussi en mesure d’améliorer l’évaluation des risques sur un grand nombre de données et de proposer des produits de financement personnalisés. Autant de marges de manœuvre qui devraient se révéler utiles, alors que le marché sur lequel évolue Defacto semble prometteur : les besoins de fonds de roulement liés aux transactions B2B s’élèvent à 700 milliards d’euros, rien que dans l’Hexagone.
Avec ce lancement, la fintech vise donc à permettre aux banques et autres institutions financières d’offrir cette même expérience de prêt à leurs clients PME, grâce à une solution technologique personnalisable en marque blanche. Si les noms des établissements intéressés n’ont pas encore été communiqués, Defacto est en discussion avec trois types d’entre eux : des factors, des banques de détail et quelques établissements de crédit régionaux. L’intérêt pour eux ? Une amélioration de la satisfaction des clients existants, l’acquisition de clients hors du groupe depuis les outils financiers B2B, la création de nouveaux produits de financement de court terme et la réduction de leurs coûts d’exploitation, permettant ainsi d’améliorer leur coefficient d’exploitation et de servir les PME avec de moindres besoins que leur point d’équilibre précédent, explique l’entreprise. "Nous nous préparons à soutenir les institutions financières depuis le premier jour. Au préalable, nous voulions être en mesure d’accéder à des données financières et transactionnelles en temps réel, affiner notre algorithme de scoring et être agréé par l‘ACPR", assure Jordane Giuly, président et co-fondateur de Defacto
Car tout le défi pour les banques reste de trouver un équilibre entre les frais opérationnels et la satisfaction de leurs clients, sur un segment perçu comme plus risqué. D’où l’intérêt de s’associer aux nouveaux acteurs. "Les banques consacrent des ressources à l’innovation, mais manquent souvent de flexibilité pour améliorer leur expérience utilisateur. Les fintechs, quant à elles, prospèrent en répondant à des enjeux spécifiques avec une attention particulière à l’expérience utilisateur. La fusion de l’agilité des fintechs et des ressources des banques crée un attelage pour une innovation à grande échelle", corrobore d’ailleurs Socheat Chhay, responsable du Corporate Ventures à Sopra Steria et ancien responsable de la transformation numérique et de l’Open Finance à Bpifrance, à l’occasion de cette annonce. Présente sur cinq marchés et avec cette plateforme dédiée aux institutions financières, Defacto vient ainsi ajouter une nouvelle corde à son arc de solutions, déjà composé d’un prêt direct en libre-service pour les PME et d’une API de prêt intégrée pour les fintechs et marketplaces.
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