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Bpifrance opte pour la Deep Tech
Ce matin, la Banque Publique d’Investissement (Bpifrance) a annoncé le lancement du Fonds National d’Amorçage 2 (FNA2), qui vise les entreprises des secteurs technologiques. La stratégie de Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, est claire : "Dans les cinq ans qui viennent, nous voulons être capables d’accompagner 2.000 Deep Tech." Et le cœur du sujet est culturel, la France ne parvenant pas à établir suffisamment de ponts entre la recherche académique et le statut d’entrepreneur.
Contrairement à Israël, la Californie où Boston, les écoles d’ingénieurs, les écoles de commerce et l’académie sont chacune à l’extrémité d’un triangle, à l’intérieur duquel il serait temps d’établir des liaisons. Jacques Lewiner, physicien et inventeur français mais aussi professeur et directeur scientifique honoraire de l’ESPCI Paris est longuement revenu sur son expérience. "L’important pour une start-up est la complémentarité des compétences." Lorsqu’une de ses étudiantes doctorantes lui a signalé qu’elle "ne vendrait pas son cerveau au grand capital", Jacques Lewiner lui a rétorqué : "Que vous fassiez de la recherche - et qu’elle soit bonne ou mauvaise d’ailleurs - vous serez rémunérée en conséquence toute votre vie. Si vous permettez, grâce à votre recherche, des développements économiques et donc la création d’emplois, alors ce sera une façon de rendre à la communauté, le salaire qu’elle vous a versé pendant des dizaines années".
Car la France ne manque pas de chercheurs académiques, et de qualité mais difficile d’extraire les physiciens de leurs laboratoires. D’après le ministère de l’Enseignement, de la Recherche et de l’Innovation, 14.500 doctorats sont délivrés en moyenne par an. En juillet cette année, la France a figuré au 4ème rang mondial dans le système européen de brevets avec 6,5% des demandes mondiales enregistrées. Enfin, elle est au 7ème rang mondial pour les publications scientifiques, en produisant 3,2% des publications scientifiques mondiales. Tout l’enjeu consiste donc à inciter ces nombreux chercheurs à travailler aux côtés d’entrepreneurs qualifiés pour faire de la France un compétiteur de taille, notamment dans le domaine de la Deep Tech.
Bpifrance a en tout cas décidé de parier sur ce virage stratégique en apportant de nouveaux capitaux à ces start-up à très forte valeur ajoutée technologique, issues du monde de la recherche. À cet égard, le premier fonds avait été créé en juillet 2011 à hauteur de 400 millions d’euros et augmenté en cours de route à 600 millions. Le FNA a permis depuis sa création et jusqu’à aujourd’hui de lever 1,4 milliard d’euros, un montant bien supérieur aux attentes initiales. Parmi les start-up qui ont bénéficié du projet, Nexdot, un exemple de Deep Tech à l’échelle nanométrique. Son créateur Benoit Dubertret a décidé de sortir de son labo : "Scientifique de formation, et après quinze années passées au CNRS et la publication de centaines d’articles scientifiques, j’ai décidé de quitter ma blouse blanche". La start-up, qui a levé plus de 3,5 millions d’euros en 2016, "est à l’origine de la découverte des Quantum Plates, nano cristaux fluorescents à deux dimensions". Sans entrer dans le détail, Nexdot permet de fabriquer des couleurs pour écrans et la projection d’images.
À la vue de ce succès, Bpifrance a décidé de lancer le FNA 2, à hauteur de 500 millions d’euros et qui "pourra être augmenté sans problèmes, si l’initiative rencontre le même succès que le premier FNA". Contrairement à la première version du FNA, la banque a décidé de consacrer potentiellement et au maximum un tiers du montant à des initiatives en dehors du sol français. Le projet durera 4 ans avec l'objectif de financer 20 à 25 projets.
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