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STMicroelectronics à la recherche du point bas dans l’automobile et l’industrie / L'IA embarquée reste un levier faible à ce stade

En s'associant à Qualcomm pour développer des solutions IoT enrichies par l'IA, STMicroelectronics tente de renforcer sa position dans le secteur de l'intelligence artificielle embarquée. La fin d'année s'annonce néanmoins difficile pour le groupe franco-italien, confronté à une demande en berne dans l'industrie et l'automobile, un nouvel avertissement sur ses objectifs 2024 n’étant pas à exclure. Et ce, alors que l’action STMicroelectronics affiche déjà la plus mauvaise performance du CAC 40 depuis le début de l'année.
Jean-Marc Chéry, le directeur général de  STMicroelectronics (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Jean-Marc Chéry, le directeur général de STMicroelectronics (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

La collaboration annoncée mardi par STMicroelectronics avec le fabricant américain de puces mobiles Qualcomm vient rappeler que le champion européen des semiconducteurs (à égalité avec l’allemand Infineon) n’est pas totalement absent du marché de l’intelligence artificielle (IA).

Dans ce domaine ô combien porteur de l'IA, le fabricant franco-italien investit en effet dans des solutions embarquées, dites Edge. C’est ainsi qu’il avait ainsi annoncé fin 2023 le lancement de sa "ST Edge AI Suite", soit une collection d’outils logiciels conçus pour faciliter le développement et le déploiement d’applications d’intelligence artificielle embarquée.

En l’occurrence, la coopération avec Qualcomm qui vient d'être révélée porte sur la prochaine génération de solutions connectées à l'internet des objets (IoT) à usage industriel et grand public et enrichies par l’IA embarquée.

Car si l'essor de l’IA s’opère surtout au travers du cloud computing à partir de gigantesques datacenters qui investissent massivement dans les puces IA, pour la plupart fabriquées par NVidia, l’idée avec l’Edge computing est d’exécuter les algorithmes d’IA sur les appareils, en périphérie du réseau sur une large gamme d’objets : smartphones et appareils personnels connectés, maisons intelligentes et systèmes de contrôle des bâtiments, machines industrielles, voitures connectées, etc. Soit des appareils que les produits de STMicroelectronics équipent souvent déjà.

 

Connectivité sans fil

 

Précisément, le partenariat avec Qualcomm vise à intégrer les technologies de connectivité sans fil de pointe basées sur l’IA du groupe américain avec l’écosystème de microcontrôleurs (MCU) leaders de STMicroelectronics sur le marché. En effet, "la connectivité sans fil est essentielle à la diffusion rapide de l’intelligence artificielle embarquée dans un nombre sans cesse croissant de cas d’utilisation dans les applications d’entreprise, industrielles et personnelles", a expliqué Rémi El-Ouazzane, qui dirige la division Microcontrôleurs, Circuits intégrés numériques et Produits RF (MDRF) de STMicroelectronics.

Pour l’instant cependant, ce type d’application ne joue encore qu’à la marge sur les ventes du groupe, qui, en tant que fabricant de puces dites "analogiques et à signaux mixtes" subit la mauvaise santé de ses marchés principaux de l’industrie, et surtout de l’automobile (41% de son chiffre d’affaires en 2023). L’affaiblissement de la demande automobile et l’absence de reprise dans l’industrie l’ont ainsi déjà conduit à lancer deux avertissements sur résultats en 2024, le premier en avril, le second fin juillet.

Si le groupe toujours dirigé par Jean-Marc Chéry (reconduit à son poste lors de l'assemblée générale de mai dernier) visait initialement pour 2024 un chiffre d'affaires de 15,9 milliards à 16,9 milliards de dollars avec une marge brute "entre un minimum supérieur à 40% et un maximum de l'ordre de 46%", il vise désormais des ventes comprises entre 13,2 milliards à 13,7 milliards de dollars et une marge brute de l'ordre de 40%. Et, de l’avis de plusieurs analystes, un nouvel avertissement n’est pas à exclure.

 

Prochain Capital Markets Day

 

Les dernières prévisions données par le groupe impliquent en effet que le point bas ait été atteint au deuxième trimestre, suivi par une reprise modérée au troisième trimestre. Mais cette reprise "apparaît désormais moins soutenue au vu de la détérioration des données de la demande finale de l'automobile au cours des dernières semaines", observe ainsi le cabinet Stifel.

Devant l’absence de reprise dans l’industrie et l’automobile, les analystes d’Oddo BHF s’attendent pour leur part à ce que le groupe soit amené, lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre prévue le 24 octobre prochain, à ramener sa prévision de chiffre d’affaires dans le bas de la fourchette révisée en juillet. Ce qui risquerait d’accroître davantage la pression sur son cours de Bourse, qui chute de 42% depuis le début de l’année, soit la plus mauvaise performance du CAC 40. Une contre-performance qui vient d’ailleurs de conduire plusieurs cabinets d’avocats américains à lancer une class action pour "déclarations fausses et/ou trompeuses".

Autre rendez-vous important attendu avant la fin de l’année, le Capital Markets Day du 20 novembre prochain, à l’occasion duquel l'entreprise dirigée par Jean-Marc Chéry devrait se fixer de nouvelles ambitions à long terme. Sachant que la communauté financière ne croit plus depuis un bon moment déjà aux objectifs précédemment annoncés pour la période 2025 à 2027 d’un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars et d’une marge brute de 50%.

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