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Sanofi / Opella

Sanofi cède le Doliprane au fonds américain Clayton Dubilier & Rice / Plus de 15 milliards d'euros pour la moitié du capital d'Opella

Sanofi a tranché. Son activité de santé de grand public, Opella, ne sera pas introduite en Bourse mais cédée pour moitié au fonds américain Clayton Dubilier & Rice. Le désinvestissement pour un montant de plus de 15 milliards d’euros dans ce portefeuille de marques incluant notamment le célèbre (et stratégique) Doliprane, ne portera pas atteinte l’empreinte industrielle française d’Opella, assure le groupe.
Illustration, Doliprane, Sanofi - Hans Lucas via AFP
Illustration, Doliprane, Sanofi - Hans Lucas via AFP

Le conseil d'administration de Sanofi l'a décidé jeudi soir. Le Doliprane n’entrera pas en Bourse. Et l’avenir de l’antidouleur léger en vente libre le plus consommé en France, dont la molécule ancienne (le paracétamol, découvert en 1886) s’est vue érigée en un enjeu de souveraineté nationale à la suite de la pandémie, s’écrira finalement sous pavillon américain.

C’est en effet avec la société de capital-investissement américaine Clayton Dubilier & Rice (CD & R) que Sanofi a décidé d’entrer en négociations exclusives pour lui céder la moitié du capital d’Opella, son activité de santé grande consommation. Outre le Doliprane, celle-ci comprend un vaste portefeuille de plus de 100 marques de produits en vente libre comme l’antihistaminique Allegra, le complément alimentaire destiné à favoriser l’endormissement Novanuit, la crème antidouleur Icy Hot ou le laxatif Dulcolax.

Exit donc, le fonds de capital investissement français PAI Partners, allié pour l’occasion au fonds souverain d’Abou Dabi, Adia, et au fonds de pension canadien British Columbia, avec lequel Clayton Dubilier & Rice restait seul en lice depuis le désistement, au cours de cet été, du fonds d’investissement Advent.

Il est vrai qu’après avoir levé 26 milliards de dollars en 2023 (23,4 milliards d’euros) CD & R disposait d’une puissance financière bien supérieure à celle du fonds d’investissement tricolore, contraint de s’adosser à des partenaires. Si aucun montant n’a été officiellement annoncé, l’offre de CD & R dépasserait les 15 milliards d’euros.

Le choix d’un candidat américain puissant, à même de développer activement l’entreprise aux Etats-Unis, revêt une certaine logique sachant que les États-Unis représentent le marché principal d’Opella, où Sanofi a généré 24 % de ses 5,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, loin devant la France (10 %).

La convulsion politique actuelle dans l'Hexagone et la faiblesse de l’exécutif étaient également susceptibles de minimiser les pressions en cas de solution non franco-française.

 

L'ancrage français confirmé

 

Pragmatiques, Antoine Armand, le nouveau ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Barnier, et Marc Ferracci, ministre délégué chargé de l’industrie, ont "pris acte" de cette décision. Ils voient en CD & R "un fonds d’investissement sérieux qui présente des perspectives positives pour le développement global d’Opella", tout en rappelant "les engagements économiques exigés de la part de Sanofi et du futur repreneur CD & R". Soit, en particulier "garantir le maintien du siège et des centres de décisions sur le territoire national, et préserver l’empreinte industrielle française d’Opella".

Des points que Sanofi a d’emblée désamorcés. Indifféremment de la nationalité du repreneur, le projet avec CD & R "ne change absolument rien à l’ancrage d’Opella en France, ni sur l’emploi, ni sur l’avenir de ses sites français de Lisieux et de Compiègne", a assuré le groupe dirigé par Paul Hudson.

Il serait dommage en effet de ne pas capitaliser sur les importants investissements réalisés en France par Sanofi sur la dernière décennie, précisément dans l’outil industriel du Doliprane : 50 millions d’euros investis sur le site de Lisieux, auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros supplémentaires pour augmenter de 40 % la capacité de production du produit. Et qui se justifient par l'importance de ce médicament, qui bien que n'étant vendu qu'en France, représente la deuxième marque (en termes de revenus) d’Opella.

Pour Sanofi, l’indépendance d’Opella, dont le projet avait été révélé en octobre 2023, s’inscrit dans sa stratégie – rappelée avec force par Frédéric Oudéa, le président du groupe, lors de la dernière assemblée générale du groupe - de se concentrer sur les médicaments et les vaccins innovants. Et la scission à venir n’entrainera aucune perturbation dans l’organisation de l’entreprise. "Opella fonctionne déjà aujourd’hui comme une entité autonome au sein de Sanofi, avec des ressources dédiées pour la R & D, la production, le digital, et avec sa propre feuille de route en matière de développement durable", a indiqué Sanofi.

 

 

 

 

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