Dirigeants, gouvernance
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Grosse casse sociale à venir chez Vencorex France /
A cause de l’irresponsabilité de son actionnaire thaïlandais
Le 17 octobre pourrait être la journée de tous les dangers pour l’emploi dans la région grenobloise. Le Tribunal de commerce de Grenoble a fixé à ce jeudi la date limite de dépôt des offres pour la reprise de la société Vencorex France placée en redressement judiciaire depuis le 10 septembre. Or selon les informations de WanSquare, à 48 heures de la date fatidique il ne pourrait y avoir aucune offre sérieuse de reprise totale ou partielle bénéficiant d’une certaine crédibilité. Ce qui constitue un risque de casse sociale pour ce territoire avec environ 500 emplois directement menacés sur le site de l’entreprise au Pont-de-Claix. Sans compter les 340 salariés de l’usine Arkema de Jarrie qui est dépendante du sel fournit par Vencorex afin d’élaborer le carburant de la fusée Ariane. Et si l’on rajoute tous les emplois induits par l’activité de Vencorex, la casse sociale pourrait frapper 5 000 salariés selon les élus de cette région.
Tout cela ressemble à un grand gâchis. Car il y a encore un mois il était largement question de deux repreneurs potentiels solides. D’une part Arkema, acteur majeur des matériaux de spécialités avec une base industrielle solide en France où travaillent près de 7 300 personnes. D’autre part le groupe Salins du Midi qui est l’un des principaux saliniers européens. Or il semble bien que tous les deux – après avoir regardé le dossier – ont été contraints de jeter l’éponge. D’abord à cause des conditions imposées par le propriétaire de Vencorex France, le groupe thaïlandais PTTGC. Ensuite à cause de la prise en charge des très lourds passifs environnementaux. Enfin à cause de l’imbrication juridique et financière de Vencorex avec une autre filiale française de ce groupe, la société Choralp qui est en bonne santé.
Alors que les pouvoirs publics et le gouvernement de Michel Barnier sont totalement mobilisés par le dossier du Doliprane, médicament vedette du portefeuille d’Opella, dont la fabrication nécessite 230 emplois à Lisieux, le dossier Vencorex - avec ses 5 000 emplois directs et indirects concernés - pourrait bien se retrouver d’ici 48 heures sur le devant de l’actualité et sur le bureau du Premier ministre. Il serait donc urgent de faire pression sur le groupe PTTGC qui a bénéficié de généreux subsides publics, il y a quelques années, pour venir s’installer à côté de Grenoble et qui se refuse à assumer ses responsabilités, préférant mettre ce fleuron en redressement judiciaire avec une période d’observation réduite de manière à pouvoir liquider les actifs dès le 31 décembre prochain en cas d’absence de repreneur.
À l’incurie du plus grand groupe thaïlandais et ses 86 milliards de chiffre d’affaires, qui refuse d’assumer ses responsabilités d’actionnaire, s’ajoute la période particulièrement dense sur le plan politique qui a empêché de faire émerger une solution de reprise alternative. Or il existe une solution : faire pression sur PTTGC pour qu’il assume ses responsabilités en donnant le temps de mettre au point une solution industrielle solide et de bâtir un véritable plan de transformation.
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