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Ces grandes tendances qui profitent à la fintech RockFi / Un modèle hybride de gestion privée de patrimoine qui attire des pointures du secteur

Un segment d’épargnants encore mal ciblé, des transferts d’actifs qui devraient s’accélérer, une envie des banquiers privés de se concentrer sur le conseil et une plateforme technologique pour faciliter le tout : cette fintech fondée en 2023 surfe sur des courants opportuns à la réinvention de la gestion privée de patrimoine, modèle d’affaires bien ficelé à la clé. Après une première levée de fonds lui ayant permis de s’attirer les faveurs de spécialistes de la finance et d’investisseurs bien connus dans la French Tech, la start-up reste concentrée sur sa stratégie et ses objectifs de moyen terme.
Pierre Marin, co-fondateur et CEO de RockFi (DR)
Pierre Marin, co-fondateur et CEO de RockFi (DR)

Les fintechs françaises semblaient avoir traversé un trou d’air l’année dernière. Pourtant, à en croire plusieurs signaux, les start-ups innovant dans le secteur de la finance ont peut-être dépassé le plus dur. Ce contexte un peu morose sur le plan des financements n’aura d’ailleurs pas empêché de nouvelles d’entre elles d’émerger. C’est le cas de RockFi, une jeune entreprise fondée en 2023 par Pierre Marin, entrepreneur notamment passé par McKinsey, Maxime Durand, l’un des premiers ingénieurs de Qonto et Marie Bedu, une ancienne de chez Beanstock, spécialiste des opérations financières.

Positionnée sur la gestion privée de patrimoine, la fintech a vite tapé dans l’œil de pointures dans l’univers de la finance ou de la French Tech. Sa première levée de fonds de 3 millions d’euros en avril dernier a été menée par Varsity, le fonds de Didier Valet, ancien numéro deux de Société Générale ayant notamment misé sur les licornes Qonto ou Pennylane, qui siège aussi à son conseil de surveillance. Des business angels bien connus dans l’écosystème, comme Antoine Freysz, l’un des premiers investisseurs de Doctolib, s’y sont également joints. Ce dernier occupe lui aussi une place au board de la fintech. Il y a quelques mois, la start-up immatriculée au registre de l’ORIAS a de plus contracté un million d’euros de dette auprès de Bpifrance.

 

Double fenêtre de tir

 

"La traction auprès des investisseurs a été forte : la période valorise les modèles pérennes et prometteurs. Nos revenus sont récurrents, notre marché profond, et aucune start-up n’a encore fait de réelle percée en gestion privée. Pourtant les "pains points", tant client que banquier, ou gestionnaires, sont réels et systémiques", explique le co-fondateur et président-directeur général de la fintech, Pierre Marin, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare. Le concept de RockFi est en effet né d’un constat simple. D’un côté, de plus en plus de banquiers privés et de conseillers de gestion en patrimoine souhaitent prendre leur indépendance pour se concentrer sur des activités de conseil, moins sur des tâches administratives pouvant se révéler chronophages. De l’autre, les particuliers qui ont entre 100 000 et 5 millions d’euros d’épargne font face à des problématiques propres au montant de leur patrimoine : ils ont assez de fonds pour vouloir avoir accès à des placements intéressants et diversifiés, mais pas assez pour bénéficier des meilleurs conseils.

"C’est un marché profond, estimé à 5 000 milliards d’euros en France et qui concerne 16 millions de ménages", poursuit Pierre Marin. Et d’ajouter : "Nous bénéficions de deux tendances majeures. D’une part celle du plus grand transfert intergénérationnel d’actifs de l’histoire. Les générations de "baby-boomers" préparent leurs héritages, procèdent à des donations. Ces transferts représentent à l’échelle mondiale 84 000 milliards d’euros sur les 20 prochaines années. Or les nouvelles générations n’ont ni les mêmes attentes, ni le même rapport à la gestion privée que leurs parents. D’autre part, l’essor du marché des conseillers de gestion de patrimoine indépendants (CGPIs) et de l’indépendance comme valeur : les CGPIs représentent 3 % du marché, mais tout indique une croissance et résilience forte de leur marché. À titre de comparaison, les CGPIs, c’est 35 % du marché au Royaume-Uni. Bref, c’est le moment parfait pour innover dans la gestion de patrimoine", relève Pierre Marin. Une proposition bénéficiant donc d’une double fenêtre de tir, tant en matière de recrutements que du vivier de clients.

 

Du choix

 

Dans le détail, la plateforme de RockFi est accessible au travers d’un forfait annuel de 2 000 euros par an, ce qui constitue sa source de revenus. "C’est là où la tech entre en scène", souligne Pierre Marin. Grâce à un outil technologique, RockFi extrait les données nécessaires à la création d’un compte permettant ainsi de faciliter l’inscription. S’ensuivent par la suite plusieurs rendez-vous avec les banquiers et conseillers recrutés par RockFi, sur un modèle de franchisés. À l’aide de leurs conseils, les clients peuvent ensuite répartir leur épargne dans des produits proposés par les partenaires de la fintech : ETF, dette privée, assurance-vie chez (entre autres) BlackRock, Eurazeo, Generali, Lazard Frères Gestion ou encore Edmond de Rothschild. RockFi n’est en revanche pas dépositaire des fonds. Ils sont détenus par ses partenaires.

Et toujours à l’aide de ses outils technologiques, les clients peuvent avoir une vision à 360 degrés de leur portefeuille : performance globale, répartition par classe d’actifs, liquidités… d’autres fonctionnalités devraient aussi venir s’y ajouter rapidement. Les outils technologiques de la start-up se développent en tout cas en suivant trois axes stratégiques : ceux d’allocation d’actifs (par exemple en fonction du profil de risque du client), d’ingénierie patrimoniale et de reporting du portefeuille.

 

Des sujets différents

 

L’entreprise fonctionne aujourd’hui grâce à un modèle hybride, associant un réseau de conseillers et une proposition de plateforme technologique, inspiré des entreprises que Pierre Marin avait pu fonder auparavant, dans des secteurs bien différents. Les conseillers de son réseau sont à la fois disponibles en visioconférence ou bien de visu, avec un accent mis sur l’ancrage local. De quoi avoir accès à un service complet pour gérer son patrimoine.

"Selon les villes, les enjeux ne sont pas les mêmes. À Bordeaux, on observe par exemple plus particulièrement des sujets de cash-out pour des anciens dirigeants ou encore de l’investissement dans les domaines viticoles, des enjeux particuliers qui nécessitent une approche sur mesure”, estime Pierre Marin. Si l’entreprise ne communique aujourd’hui pas sur son nombre de clients ou bien sur le montant de ses actifs sous gestion, l’objectif pour la fin de l’année 2026 est affiché : avoir passé la barre d’1 milliard d’euros d’actifs sous gestion à cet horizon, tout en ayant atteint le seuil de rentabilité. Pour l’heure, la fintech emploie environ 40 salariés et ses banquiers et conseillers, certifiés par l’Autorité des marchés financiers, sont de leur côté une vingtaine. "J’aime dire que la tech simplifie et que le conseiller… conseille. Tout l’esprit de RockFi est de répondre à un enjeu : dégager du temps aux banquiers privés pour qu’ils puissent se dédier au conseil client, permettre à leurs clients d’accéder à un meilleur conseil, réellement indépendant et sur mesure", résume Pierre Marin.

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