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Macro-économie / Taux / Fonds monétaire international

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Fonds monétaire international

France : le FMI perçoit des propositions intéressantes pour l’ajustement budgétaire / Il n’est toutefois pas complètement satisfait

A l’occasion de la publication du rapport semestriel de l’institution de Washington sur les finances publiques, son directeur des affaires budgétaires, Vitor Gaspar, a évoqué en quelques mots le cas français lors d’une conférence de presse. S’il juge que l’exécutif hexagonal a dévoilé des idées allant dans la bonne direction, il a indiqué attendre plus de clarté.
Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires du Fonds monétaire international - BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires du Fonds monétaire international - BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Les contours du redressement budgétaire amorcé par la France laissent le Fonds monétaire international (FMI) un peu sur sa faim. Alors que l’institution de Washington dévoilait cette semaine son nouveau rapport sur les finances publiques (Fiscal Monitor), elle est revenue, par le biais de son directeur des affaires budgétaires, Vitor Gaspar, sur la situation française en la matière.

"La France fait partie des pays dont la dette a considérablement augmenté par rapport au niveau pré-pandémie", a tenu à rappeler l’ancien ministre des Finances du Portugal, lors d’une conférence de presse. Fin 2019, le taux d’endettement public s’établissait à 98,9 % du Produit intérieur brut (PIB) et devrait atteindre, d’après le gouvernement, 112,9 % fin 2024. "A date, nos prévisions indiquent que ce ratio va augmenter de 2 points par an au cours des temps à venir ", a indiqué Vitor Gaspar. Pour que commence à reculer son taux d’endettement prévu fin 2024, la France doit parvenir à placer son déficit public nominal en dessous de 3,3 % du PIB (en supposant une croissance économique nominale de 3 %) quand il devrait atteindre 6,1 % cette année.

Ainsi, "nous recommandons dans le cas de la France non seulement un ajustement budgétaire, mais un ajustement budgétaire front-loadé [concentré au début de la période d’ajustement, ndlr] pour permettre à la France de maîtriser sa dette publique de manière crédible et dans le cadre de l’Union européenne", a déclaré Vitor Gaspar.

C’est le choix fait par le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier. L’effort structurel primaire, c’est-à-dire la contribution des décisions de l’exécutif à la réduction du déficit public nominal (le solde structurel primaire neutralise les effets de la conjoncture et de la dynamique des charges d’intérêts), devrait atteindre 1,6 point de PIB potentiel (environ 50 milliards d'euros) en 2025, porté à 62,5 % par des mesures nouvelles en prélèvements obligatoires et à 37,5 % par des efforts en dépense.

À compter de 2026 et jusqu’en 2029 (retour du déficit nominal sous 3 % du PIB), cet effort sera divisé par plus de deux, s’affichant en moyenne à 0,75 point de PIB par an, d’après ce qu’on peut lire dans le plan structurel et budgétaire à moyen terme (PSMT).

Dans une note du Conseil d’analyse économique (CAE) publiée cet été, trois de ses membres, Xavier Ragot, Thomas Philippon et Adrien Auclert, recommandaient de concentrer les efforts au début de la période d’ajustement. "Comme l’effort de consolidation a un effet permanent sur le déficit public, plus l’effort est fait tôt, plus son impact sur la dette est important", souligne l’étude de l’institution placée auprès de Matignon.

"Nous pensons que le gouvernement français a présenté des idées, des propositions, qui vont dans la bonne direction", a reconnu Vitor Gaspar. Reste que, "nous attendons plus de clarté de la part des mesures effectivement mises en œuvre", a-t-il précisé.

Une remarque qui rejoint la critique faite par le Haut conseil des finances publiques (HCFP). Ne serait-ce que dans le cadre de l’exercice 2025, l’instance jugeait que la cible d’évolution des dépenses publiques prévue apparaissait "particulièrement ambitieuse" et supposait, pour être atteinte, "la mise en place rapide des mesures d’économies annoncées, alors que leurs modalités sont à ce jour peu définies".

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