Macro-économie / Taux / TotalEnergies / énergies / énergie
Macro-économie / Taux
TotalEnergies / énergies / énergie
Le rôle crucial du Sud Global pour sortir des énergies fossiles / TotalEnergies expose des scénarios à l’horizon 2050
Une bataille de gagnée mais pas la guerre. La présentation du TotalEnergies Energy Outlook 2024 a été l’occasion de voir Aurélien Hamelle, directeur général Strategy & Sustainability, se réjouir de constater que la croissance du PIB mondial est désormais décorrélée de celle des émissions de gaz à effet de serre. La présentation à la presse a même vu évoquer un nouveau paradigme, celui d’une "demande d’électricité [qui] augmente aussi vite que le PIB". Un constat positif qui s’accompagne d’un autre moins réjouissant arguant que la demande de charbon "croît presque aussi vite que les énergies renouvelables, bénéficiant d’un avantage de coût".
L’urgence se ressent aussi à travers les différents scénarios esquissés, celui s’appuyant sur les tendances actuelles voit tant l’Inde que le Sud Global se développer sans se décarboner ce qui est préjudiciable d’un point de vue climatique. Un scénario loin de celui intitulé "Rupture", où ces deux zones géographiques bénéficieraient de la coopération mondiale, puisqu’à cette condition on verrait alors une croissance de la demande d’énergie qui serait "satisfaite par des énergies à faible teneur en carbone et des gains d’efficacité ".
Electrifier encore et toujours
Ce scénario de réussite de la transition énergétique base son succès sur un facteur essentiel : la montée en puissance de l’électrification bas carbone. Les équipes du géant français chiffrent son impact dans la réduction des pertes dans le système énergétique "de 60 % aujourd’hui à environ 40 % dans Rupture".
La projection vers ce monde, où la coopération internationale serait plus forte, permettrait de passer au sein de la demande mondiale d’énergie primaire d’une part de 74 % de fossiles en 2030 à uniquement 41 % en 2050. Bien mieux que l’hypothèse où le Sud Global et l’Inde ne bénéficient pas d’aides, étant donné que la consommation ne serait limitée qu’à hauteur de 56 % du total.
Inertie
Les équipes de TotalEnergies soulignaient également à la presse un fait saillant des systèmes énergétiques ; pour y impulser du changement il faut du temps long. Prenant notamment l’exemple des centrales à charbon, où même si leur construction était stoppée dès aujourd’hui, il y en aurait pourtant toujours au moins un tiers en service en 2050. La durée de vie moyenne de telles installations étant de 40 ans.
Il n’en reste pas moins qu’il est plébiscité d’opérer le remplacement du charbon "par des énergies renouvelables et bas carbone et du gaz flexible dans la production d’électricité - dans tous les pays". Le temps n’est pas le seul écueil qui menace la transition énergétique et le TotalEnergies Energy Outlook 2024 considère que l’investissement total dans les systèmes énergétiques pourrait être trois fois plus important. Il est cependant fait état de postes de dépenses pouvant concurrencer ces besoins avec pêle-mêle les questions de défenses ou d’une population vieillissante.
Ce sont pourtant loin d’être les seuls défis listés par Aurélien Hamelle, ce dernier évoquant une part non négligeable de la production éolienne notamment qui a dû être écrêtée ces dernières années et ce en raison d’une "capacité insuffisante du réseau". La question de l’acceptabilité sociale des infrastructures apparaît aussi avec un effondrement des installations de lignes à hautes tensions aux États-Unis notamment.
La patience est également de mise concernant le pic de la demande de pétrole, actuellement attendu pour dans un peu plus de dix ans. Un sommet qui pourrait s’accompagner d’un long plateau en termes de consommation avec une baisse très graduelle.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

