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Havas utilisera son retour en Bourse comme un levier de croissance / Une flexibilité financière renforcée
"Une opportunité fantastique pour toutes les parties prenantes, pour les employés, pour les clients, pour les consommateurs, pour les partenaires, mais aussi pour les actionnaires". Les perspectives entourant la prochaine cotation en Bourse de Havas réjouissent son président-directeur général Yannick Bolloré, qui s’exprimait mardi lors d’un Capital Markets Day dédié au groupe publicitaire, à Londres. Une deuxième journée investisseurs dédiée à la deuxième plus grande entité appelée à être cotée dans le cadre de la scission à venir de Vivendi, au lendemain de l’événement du même type organisé par Canal+.
Objectif : donner aux investisseurs des raisons d’acheter l’action Havas, dont la cotation devrait débuter le 16 décembre prochain, sur Euronext Amsterdam, sous réserve bien sûr que les actionnaires Vivendi valident bien la scission lors de l'assemblée générale du 9 décembre.
Entre Havas et la Bourse, où le groupe publicitaire s’apprête à revenir l’histoire n’est cependant pas nouvelle. L’agence en était sortie en 2017, au moment de son rachat par Vivendi, déjà contrôlé par Vincent Bolloré. Un retrait du marché qui a pu la desservir sur certains plans. Son retour à la cotation "accélérera clairement les opportunités de croissance", n’a pas manqué de souligner mardi Yannick Bolloré devant les analystes. Cela redonnera en particulier au groupe une flexibilité financière en lui donnant la possibilité de lever du capital via l’émission d’actions, pour faire de la croissance externe.
Visibilité internationale
Autre atout, cela devrait aussi favoriser l’alignement des intérêts des équipes dirigeantes sur ceux des actionnaires, étant donné que le groupe pourra à nouveau les rémunérer sous forme d'actions. Également, "cela nous redonnera une certaine visibilité internationale, car c’est une chose que nous n'avions pas anticipée lorsque nous avons été retirés de la cote en 2017, nous avons perdu un peu de cette visibilité qui peut être importante dans les activités B2B", a poursuivi le patron d’Havas.
En matière de croissance externe, le groupe a déjà été très actif au cours de ces dernières années, avec pas moins de 23 acquisitions réalisées depuis début 2022, sept au Royaume-Uni, quatre en Australie, deux en Inde, le reste au Canada, en Inde ou en Chine. Il en a même réalisé une cinquantaine depuis 2017, soit une moyenne de six acquisitions par an, qui ont contribué en moyenne à 1,5% de croissance organique supplémentaire par an, soit l’équivalent d’un chiffre d’affaires additionnel de 40 millions d’euros.
En la matière, Havas souhaite donc accélérer quelque peu le rythme, visant une contribution annuelle moyenne des acquisitions au chiffre d’affaires net comprise entre 40 et 50 millions d’euros, "à moyen terme". Le groupe suivra pour cela même stratégie qu’il applique depuis un peu plus d’une dizaine d’années maintenant, qui s’articule autour de trois piliers.
Le premier est géographique. L’agence s’attache à renforcer les zones du monde dans lesquelles elle estime qu’il n’est justement pas assez forte, qu’il s’agisse de pays clés, comme le Royaume-Uni, ou de pays plus secondaires dans lesquels elle s’estime trop petite. Deuxième point, Havas cherche à aussi progressivement à compléter les activités censées devenir le moteur de sa croissance future, comme son réseau CX (dédié à l’expérience client), les relations publiques, ou l'événementiel. "Nous avons investi dans tous les types d'expertise au cours des dernières années", a rappelé François Laroze, le directeur financier d’Havas.
Des acquisitions culturellement compatibles
Le troisième pilier de la stratégie, "peut-être le plus important, est l'adéquation culturelle. Parmi les centaines de cibles que nous examinons année après année, nous nous concentrons vraiment sur celles qui s’alignent parfaitement avec la stratégie d'Havas. Nous évitons d’investir dans des agences qui se comporteraient en entités séparées au sein de notre organisation", a souligné ce dernier.
Le mode d’action est par ailleurs toujours le même. Havas choisit des partenaires, des agences qui sont à l'aise avec son système d'acquisition par tranche. "La plupart du temps, nous acquérons une participation majoritaire de 50 à 60 %. Ensuite, nous procédons à des rachats progressifs sur une période de trois à sept ans, ce qui permet au fondateur de sécuriser sa position et de bénéficier d'une plus grande rémunération si l'agence se porte bien", a précisé François Laroze.
En attendant, le publicitaire a indiqué s'attendre à une stabilité ou à une baisse pouvant aller jusqu'à 1% de son chiffre d'affaires net cette année, par rapport à 2023, avant un rebond de plus de 2% prévu en 2025. Sachant qu’en 2023, Havas a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 2,9 milliards d'euros, dont 2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires net.
En matière de rentabilité, Havas prévoit une marge opérationnelle ajustée comprise entre 14% et 15% au plus tard en 2028, alors que le groupe anticipe un résultat opérationnel ajusté de plus de 330 millions d'euros cette année et une marge opérationnelle ajustée représentant 12,5% à 13,5% de son chiffre d'affaires net en 2025.
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