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STMicroelectronics repousse ses ambitions à 2030 et cible 2027 / Les difficultés de l'entreprise sont cycliques et non structurelles

Confronté à des vents contraires sur l’automobile et l’industrie, STMicroelectronics ajuste sa trajectoire. Lors de la journée investisseurs qu’il organisait mercredi, le groupe a indiqué s’attendre à une année 2025 de transition, repoussant à 2030 ses ambitions financières initiales tout en se fixant de nouveaux objectifs intermédiaires pour 2027-2028, soutenus par une réorganisation industrielle et des investissements dans des technologies de pointe comme le carbure de silicium.
Jean-Marc Chéry, le directeur général de STMicroelectronics, lors du Capital Markets Day du groupe du 20 novembre 2024
Jean-Marc Chéry, le directeur général de STMicroelectronics, lors du Capital Markets Day du groupe du 20 novembre 2024

Les prévisions communiquées mercredi par STMicroelectronics à l’occasion de sa journée investisseurs ont donné l’occasion de recycler la théorie du verre à moitié plein ou à moitié vide. Il faut dire que le report à 2030 de ses objectifs financiers initialement prévus pour l'horizon 2025-2027 n’a pas surpris grand monde après les deux avertissements successifs pour 2024 déjà lancés par le fabricant franco-italien de semiconducteurs à l’occasion de la publication de ses résultats des deuxième et troisième trimestres.

Le fait est que le groupe dirigé par Jean-Marc Chéry n’est pas directement positionné sur le segment le plus porteur de l'intelligence artificielle (IA), qui concerne principalement les unités de traitement intensif comme les GPU (processeurs graphiques) ou les accélérateurs IA dédiés tels que ceux produits par Nvidia, AMD ou encore les puces spécialisées d'Intel. Dans ce domaine, le groupe joue davantage le rôle de facilitateur d'applications IA spécifiques, comme l'IA embarquée et l'automobile intelligente, que celui d’un acteur clé de l'infrastructure IA globale.

 

Des cycles extrêmes de marchés

 

A côté de cela, STMicroelectronics fait face depuis de longs mois à des vents contraires sur ses deux principaux marchés clés : l’automobile et l’industrie, ce qui continue de peser sur ses perspectives. D’un côté, les constructeurs automobiles, qui avaient constitué des niveaux de stocks élevés après la crise des semi-conducteurs de 2020-2022, ont logiquement réduit leurs commandes de composants, mais l’atonie persistante des immatriculations retarde la reprise. De l’autre, les secteurs industriels (robotique, automatisation, équipements connectés) sont affectés par un ralentissement économique global, en particulier en Chine et en Europe.

"Dans des cycles de marché aussi extrêmes, nos points faibles et nos possibilités d'amélioration ne sont pas suffisamment compensés par nos points forts stratégiques", a reconnu Jean-Marc Chéry devant les investisseurs. Au cours des trois derniers trimestres de 2024, la demande du marché s'est ainsi considérablement écartée des attentes de l’entreprise dont les résultats ont souffert. "Les baisses de volume ne nous ont pas permis de déployer pleinement les capacités que nous avons mises en place, ce qui a entraîné d'importants coûts de saturation", a-t-il poursuivi.

Le groupe franco-italien n’est pas démuni pour autant. Il peut s’appuyer sur la réorganisation de sa production décidée au tout début 2024. Celle-ci lui a permis d’adapter ses capacités de fabrication pour répondre à la demande croissante sur des segments clés, tout en améliorant son efficacité opérationnelle. Et ce, tout en accélérant sa feuille de route en matière de technologie innovante et de portefeuille de produits. Il continue d'investir dans le carbure de silicium (SiC) et le nitrure de gallium (GaN), des matériaux essentiels pour l'électrification des véhicules, les infrastructures industrielles et les énergies renouvelables, tout en renforçant ses infrastructures de production en Europe, notamment en Italie et en France.

C’est ainsi qu’a été décidée, notamment, la construction en Sicile de la première usine du groupe de carbure de silicium (SiC) de 200 mm à grand volume. Celle-ci doit bénéficier d’un programme d'investissement pluriannuel de 5 milliards d'euros, dont 2 milliards d'euros de soutien fourni par l'État italien dans le cadre du Chips Act européen.

 

L'accélération arrivera en 2026

 

En attendant, il s’agit de faire le dos rond. Après une forte baisse du chiffre d'affaires en 2024, principalement due à la faiblesse du marché industriel, STMicroelectronics s’attend à ce que son niveau d’activité du premier trimestre 2025 se situe bien en deçà de la saisonnalité habituelle.

"Nous prévoyons une année de transition pour 2025, à la fois en termes de chiffre d'affaires et de marge d'exploitation, et toujours affectée par une visibilité à court terme et d'importantes charges liées aux capacités non inutilisées", a indiqué Jean-Marc Chéry. L’accélération est prévue ensuite, en 2026 et 2027. Ensuite, les marchés desservis par le groupe devraient revenir à un rythme de croissance de 5% d’ici 2027-2028. "Nous nous attendons à générer une croissance deux fois plus rapide", a ajouté le dirigeant, et ce grâce à un portefeuille de produits performant, tant dans le domaine des composants analogiques, ou de puissance, que des microcontrôleurs. De quoi atteindre un chiffre d'affaires autour de 18 milliards de dollars à cet horizon.

En parallèle, l’entreprise va profiter du remodelage de son implantation industrielle et du redimensionnement de sa base de coûts pour faire progresser sa rentabilité. Ces initiatives doivent lui permettre de "terminer 2027 avec des économies à trois chiffres en millions de dollars par rapport à notre base de coûts actuelle", a indiqué le directeur général, avec pour objectifs une marge brute comprise entre 44% et 46% et une marge d'exploitation comprise entre 22% et 24% en 2027-2028.

 

Une chaîne de valeur dédiée au marché chinois

 

Les effets de cette réorganisation se poursuivront logiquement au-delà. "Nous avons optimisé nos 14 sites existants, en augmentant significativement nos capacités de production, notamment sur le silicium de 300 mm et le carbure de silicium de 200 mm. Par ailleurs, nous avons établi une chaîne de valeur dédiée au marché chinois, afin de renforcer notre compétitivité. Ces initiatives, combinées à notre portefeuille de technologies hautement innovantes, devraient nous permettre d'atteindre une marge d'exploitation supérieure à 30 % d'ici 2030", a également expliqué Jean-Marc Chéry.

Des annonces accueillies très calmement par les investisseurs, quand bien même les objectifs ont été décalés de plusieurs années. L’action STMicroelectronics a terminé la séance de mercredi en baisse limitée de 1%, à 23 euros. En réitérant ses objectifs financiers, STMicroelectronics a semble-t-il confirmé mercredi une thèse, défendue par le courtier Stifel, selon laquelle "la faiblesse actuelle de la société est cyclique et non structurelle".

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